Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Alors bonne lecture !

Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

samedi 29 août 2009

Portrait d’une insomniaque au travail

Sans arrêt et sans relâche depuis une semaine, je cherche l’inspiration. En fait, je cherche également le temps pour trouver l’inspiration. Mais voilà, ça ne pouvait pas durer. Depuis deux semaines, j’ai recommencé à travailler. Alors que pendant mes vacances, des phrases, des paragraphes et même des textes entiers se dessinaient dans mon imaginaire, présentement, exténuée de mes journées de travail, épuisée de mes nuits sans sommeil, il ne me vient que des bribes de mots à l’esprit. Ils remontent à la surface sans faire de sens, sans explications. Pas de en quoi faire un texte ! Il faut dire que mon travail m’amène à jongler constamment avec des mots. Des mots qui ont du sens dans mon domaine, le travail social. Des mots qui ne vous intéresseraient pas vraiment, je le crois bien. Alors écrire, implique que je m’arrête, que je me repose et que d’autres mots surgissent de mon esprit.

Il faut dire que j’aime bien publier ce blogue depuis le début de l’été. Lorsque je me suis lancée, j’avais un peu peur que la tâche ne devienne trop harassante. Finalement, non ! Je savoure l’exercice de transposer en mots des étincelles jaillissant de mon monde intérieur. J’apprécie être relue par mon amie journaliste et échanger sur la clarté, sur les manques, sur les platitudes parfois même, de mes écrits. Et j’aime aussi voir que je reçois un certain nombre de visiteurs virtuels. Je me dis que si je ne suis lue que par une seule personne chaque semaine, et bien l’exercice en vaut le coup. Alors, pour rendre ce texte intéressant, de quoi pourrais-je bien vous entretenir ?

Tout d’abord, pour faire suite aux deux dernières semaines, voici des nouvelles de ma consommation de Pepsi. Pepsi ? Vous avez dit Pepsi ? Mais c’est quoi ça ? Et oui, vous avez deviné. J’ai réussi. Bon, j’en ai bien bu une ou deux bouteilles depuis deux semaines, mais plus question d’absorption quotidienne. Le goût m’est bien venu à la bouche à quelques reprises alors que nous avions à traverser des journées chaudes comme l’enfer, mais dans ces moments, je ne succombe pas à la tentation. J'ai décidé d'en boire très peu. Je ne picole pas en ayant à satisfaire un manque quelconque. Juste pour le plaisir. Voilà ! Et je suis bien contente du résultat.

Si vous vous souvenez bien, j’avais également une liste de restrictions ou de bonnes habitudes à prendre. En voilà un petit résumé.

Je cuisine ! Vous trouvez que cette nouvelle est bien futile ? C’est certain, je ne mérite tout de même pas des applaudissements sans fin de votre part se terminant dans un crescendo d’Alléluia! Mais bon, je n’avais pas cuisiné depuis un an. J’avais découvert un nouveau plaisir, celui de soulever un coin de couvercle d’un menu congelé, de le mettre 5 minutes au micro-ondes et de m’asseoir gaiement devant le téléviseur tout en dégustant… bon, c’est jamais si bon que ça pour parler de dégustation, disons plutôt que je mange. Et je dirais même plus, ce n’était pas vraiment le plaisir de manger… je soignais plutôt ma faim. C’est ça, depuis un an, je me suis transformée en infirmière de ma faim. Pour les brûlures d’estomac, un cataplasme de fromage sans forme et filiforme recouvrant une lasagne à la sauce tomate déficiente et bourrée d’eau ! Voilà et même "soigner" est finalement un bien grand mot. Je pense que je ne faisais qu’éteindre ma faim finalement. Je prenais une poignée de quelque chose et je l’enfonçais bien creux dans mon système digestif pour pouvoir penser à autre chose.

Mais le plaisir n’était pas dans une quelconque valse des papilles gustatives mais plutôt dans le fait qu’une personne m’avait fait mon repas. Quel bonheur ! j’arrivais le soir et une personne bienveillante m’avait préparé un repas… bon tout petit, souvent spongieux, parfois desséché à la cuisson en plus d’être cher et avec un taux de sodium à faire vibrer votre cœur… Enfin, je gagnais ainsi du temps libre en soirée mais pour faire quoi ? Bien, la plupart du temps, pas grand chose, écouter la télévision…

Écouter moins la télévision. Voilà également une autre de mes résolutions et particulièrement, le Canal Séries Plus. Depuis que je m’y suis accroché les yeux, je n’écoute même plus les nouvelles. Mais cette résolution-là est la plus difficile. Le soir, je suis fatiguée. Particulièrement après avoir terminé une longue journée de travail précédée d’une nuit sans sommeil comme je vous le mentionnais en début de texte. Ah ! ces maudites insomnies ! Je les déteste ! La nuit, il me vient constamment des pensées imbéciles et je prends toujours toutes sortes de résolutions inutiles du genre : " Demain, je ne vais pas aller prendre une bière. Je vais me reposer. La bière, c’est pas bon pour le sommeil. C'est terminé, je regrette d'avoir pris une bière ce soir. " ou encore " C’est fini le café. Je me mets à la tisane. " ou la classique " Demain, j’irai voir un médecin et me ferai prescrire des somnifères! ". Et au bout du compte, le lendemain, je ne fais absolument rien. Je me lève, je prends mon excellent café espresso au lait au chocolat (vous devriez essayer!), je vais à mon " 5 à 7 " comme prévu et je me dis que je vais attendre un peu avant d’aller voir le médecin. De toute façon, mon médecin ne fait jamais rien d’autre que de me donner ses judicieux conseils :

" Pas de café ni d’exercices physiques le soir, faites de la relaxation et bla et bla et bla… "  

Ben oui, ben oui, laissez-moi donc tranquille avec vos solutions miracles. Depuis la nuit des temps que je ne dors pas, vous pensez que je n’ai rien essayé ? Jusqu’à quand vais-je devoir prendre des maudits bains chauds ennuyants avec des maudites chandelles qui sentent le patchouli ? ¨ Ca me stresse de m’asseoir dans l’eau pour regarder les murs pendant une heure !

L’autre jour, j’entendais une journaliste à la radio prodiguer encore et encore ces merveilleux conseils. Tous les insomniaques vous le diront. C’est toujours la même rengaine. Pas de télévision ni d’ordinateur dans votre chambre. Votre chambre ne sert qu’à dormir et à faire l’amour. Hélas ! la mienne ne sert vraiment pas à grand-chose ces temps-ci ! Et cette journaliste d’ajouter un conseil que je n’avais jamais entendu auparavant : " Ne parlez pas de vos insomnies. En parler, c’est un peu comme les encourager. N’en tenez pas compte. Ignorez-les! " Honnêtement, je ne sais trop quoi répondre à cela sinon que de passer à un autre sujet.

Je parlais donc de mes émissions de télé. J’ai pris la résolution de fermer la télé et de lire. Mais lire, m’endort. Alors je sais que dans dix pages, je ne me relaxerai plus, je vais dormir. Je ne pourrai même pas profiter du plaisir de lire mon histoire. Mais vous vous dites, bien, me semble que tu as trouvé la solution au problème dont tu ne peux plus vraiment parler ? Oui et non. Mais comme je ne peux plus vraiment en parler, je vais continuer à écouter mes émissions, d’accord ?
 
Cette semaine, c’est la nouvelle saison de Séries plus qui débute. Warrick est mort ! Je viens d’apprendre la mauvaise nouvelle. Je ne le savais pas encore ! Si vous ne savez pas qui c’est, Warrick, pas la peine de vous l’expliquer. Mais je ne le prends pas qu’il soit mort. Les producteurs font disparaître des personnages importants et continuent la série comme si de rien n’était. Je trouve ça presque aussi difficile à prendre dans la vie qu’à la télé ! Mais ce n’est rien comme nouvelle, si vous écoutez la série en français, au Québec, ne lisez pas les lignes qui suivent ! En fouinant sur internet, j’ai appris que Gil Grissom quittait l’émission. Mais c’est le personnage numéro un ! Mon ancien patron me disait souvent : " Les cimetières sont pleins de personnes irremplaçables ". Oui, mais pas Gil Grissom ! Il est le pivot de l’équipe, la mayonnaise qui tient la salade, et ils vont continuer leurs enquêtes sans lui ? "Tiens, on fait une lasagne… plus de pâtes, pas grave, on en mettra pas. On va manger la lasagne sans les pâtes! " Mais c’est justement, ça ne sera plus une lasagne sans Gil Grissom !!! C’est déjà difficile de cuisiner, si on doit en plus préparer des recettes sans les ingrédients, moi je me remets aux congelés. S’ils ne changent pas d’idées, j’ouvrirai mon livre, je vous le promets. Bon, ok, vous êtes un peu perdus, je pense que moi aussi. Je me suis emportée.

Enfin, pour terminer cette page de ma vie, hier, j’ai du prendre une autre résolution. Je suis allée à la pharmacie et j’ai pris ma tension. J’avais un doute. Cet énervement constant qui ne se calme jamais, je veux bien croire que c’est ma personnalité névrotique mais là, j’avais un petit doute. Et oui, je faisais un peu de haute tension. Je crois que c’est le résultat de l’ingestion de plats congelés pendant un an. Alors je dois me mettre à mieux manger mais surtout, il me semble, à couper le sel. J’en conviens, mon problème n’est probablement pas très grave. Mais doit-on attendre qu’il le soit pour apprendre à vivre ? Je me souviens d’une personne qui fumait par le trou de sa gorge suite à une laryngectomie… et je refuse d’être cette personne. Donc, avant d’hypothéquer mon cœur et mes artères, je change maintenant.

Voilà, ce ne sont pas les nouvelles du siècle que vous venez de lire en ce samedi sombre. Ce ne sont pas non plus les nouvelles de la semaine. Mais des nouvelles de moi, tout simplement. À bientôt !
 
 
 

samedi 22 août 2009

Cher journal, suite et … fin ? Rien de moins certain.

Mercredi, 12 août, 10h45

Ah ! Encore cette malheureuse envie de Pepsi. Ma bouche se transforme en puits asséché par mes émotions caniculaires et cette boisson s’impose alors à mon subconscient. Il s’agit là d’une simple équation mathématique : soif + stress = Pepsi. Il semble que pour m’en sortir je devrais adopter une autre habitude, mais laquelle ? Je bois de l’eau, du jus, des smoothies, hélas, rien n’y fait. Peut-être dois-je travailler sur le stress plus que sur la soif pour changer l’équation ? Alors comment ? Quand je serai grande, je serai zen… Je me promène dans les corridors de mon appartement à la recherche de mon point d’équilibre. Je me convaincs que je suis la plus calme du monde, après le Dalaï-Lama. J’ouvre alors le frigo et me sers 3 tranches de salami épicé. Ah! ce que c’est bon ! Et comme la dépendance est inversement proportionnelle au bon sens, après avoir rassasié mon manque, je lis l’étiquette. " Madame, je suis au regret de vous annoncer que vous venez d’ingurgiter 30% de votre ration quotidienne de gras et autant en ce qui concerne votre sodium. Et ne parlons pas du sucre, péché capital de gourmandise accompli ! Je vous condamne à trois " Je vous salue Marie " accompagnées de 2 litres d’eau par jour. "

Après cet exercice épuisant de compensation, je me retrouve devant la télé. On y joue l’émission " Mayday ". Je donnerais tout mon Pepsi pour ne pas manquer cette émission où l’on y reproduit différentes catastrophes aériennes. C’est extrêmement bien fait et c’est captivant. Cependant, le goût de voyager vous passe assez vite après quelques épisodes. Permettez-moi alors d’ajouter " Mayday" à ma liste d’émissions "à écouter" de la semaine dernière. Toutefois, ce matin-là, j’aime à penser que j’avais l’esprit vif malgré la privation de la bouteille. En comparant les survivants, qui racontent leurs histoires, et les comédiens, qui jouent la scène, je remarque que les comédiens sont toujours beaucoup plus jeunes et plus beaux que les personnes ayant vécu les traumatismes… Pour ma part, je trouve que c’est de la fausse représentation. Pense-t-on ajouter à l’ampleur de la catastrophe en nous faisant croire que l’avion était rempli de belles personnes ?

Aujourd’hui, mercredi, j’ai changé de stratégie. De mon avant-dernière bouteille, j’en ai bu que la moitié au dîner. Je boirai le reste ce soir. Je déguste lentement mais sûrement. Rien ne sert de boire rapidement, il suffit de décapsuler à temps et déguster sûrement. Étonnamment, en après-midi, aucun mécanisme d’envie de boire ne se développe chez moi. Peut-être est-ce l’assurance dû au fait qu’il me reste une demi-bouteille dans le frigo. Cela fait l’effet d’une prescription d’Ativan ; nul besoin d’en prendre du moment que je sais que j’en possède, le calme frappe à ma porte !

Après-midi passé chez ma coiffeuse. Je ne sais pas pourquoi, cet après-midi-là, tous les clients sont laids. La coiffeuse représente alors l’ultime espoir de retrouver la beauté. Alors, on en ressort avec de beaux cheveux, mais hélas, toujours laid ! Et moi, en regardant ce visage dans ce miroir, j’eus une révélation: je faisais partie des leurs. J’étais laide. J’avais une grosse repousse de cheveux gris s’harmonisant avec une crinière de sous-cheveux cassés et drus… J’avais l’air d’une déprimée en vacances de soins beauté. Mais qu’est-ce que je raconte? Je suis une déprimée en vacances de soins beauté ! Je tente alors de me changer les idées. Une grosse femme (laide) se promène de long en large en parlant à son cellulaire. Elle fait figure de femme importante qui, hormis sa corpulence, brasse de grosses affaires. Et sa situation n’a pas l’air très rose. J’imagine facilement sa conversation : " Ça n’arrive qu’à moi ce genre de mésaventures… Remplace l’avocat par un pied de céleri, je ferai de la soupe. On mangera de la soupe et c’est tout, c’est mon dernier mot! " Et soudainement, je la vis. D’un geste inattendu, elle étendit son bras accompagné du mouvement stupéfiant de son gras de bras jusqu’à sa voluptueuse bouteille de … et oui, de Pepsi. La sal… ce qu’elle est laide…

Mercredi, 17h00, je me sers l’autre moitié de la bouteille. Étonnamment, un souvenir d’enfance refait surface. Lorsque j’étais jeune, j’adorais les boissons gazeuses, mais il m’était impossible d’en boire plus d’une demi-cannette. Bon, je sais. Ce n’est pas un souvenir de mère aux cheveux blonds et père riche m’emmenant passer un séjour de rêve voir Mickey à Dysney World… Enfin, je ne pouvais boire plus d’une demi-cannette parce que mon ventre gonflait trop. Il faut croire qu’avec l’âge, j’ai pu y ranger de plus en plus de souvenirs, de boissons gazeuses et autres articles divers.

Le soir, je me changeai les idées en allant voir le film : " Les grandes chaleurs " en compagnie de mon amie journaliste. L’histoire d’une travailleuse sociale qui tombe littéralement en amour avec un ex-client carencé, mais oh! combien beau. Un film léger, drôle par moment, mais avec quelques défaillances, surtout du point de vue du scénario. Alors, journaliste et moi avons entrepris de réécrire le scénario à la sortie du film :

" L’ex-client est obnubilé depuis longtemps par la travailleuse sociale qui l’a toujours traité en être humain et non en voleur toxicomane. Il s’organise alors pour la rencontrer régulièrement simulant souvent le hasard. Celle-ci trouve d’abord ses manigances drôles, mais pas vraiment sérieuses. Cependant, au fil du temps, le jeune homme pose des gestes d’une douceur et d’une affection qu’elle n’a jamais rencontrée et celle-ci doit de plus en plus résister à son attirance.
Éthique ou morale (?) obligent! On ne saute pas dans les bras d’un jeune de 30 ans de moins que nous, ayant été notre protégé et étant sorti du système depuis seulement un an… et encore moins, lorsqu’on s’aperçoit qu’il est encore fragile émotivement! On se calme les hormones!
Enfin, lorsque la travailleuse sociale apprend que sa propre sœur la trompait avec son mari, qui vient de décéder, elle pète les plombs et couche avec ce jeune qui se retrouve au mauvais (ou bon ?) moment au mauvais (ou bon?) endroit."

Voilà. Avis aux producteurs hollywoodiens. Si vous voulez refaire le film, nous sommes prêtes à vendre notre scénario. COPYRIGHT! On est une star ou on ne l’est pas ! Tout est dans la tête. Et moi, j’ai quand même au moins six visiteurs par semaine sur ce blogue.

Je suis ressortie du film avec l’envie d’embrasser un homme, mais homme pas là, alors vide et vide = Pepsi ! Ma vie est tout de même pas très compliquée, vous devez bien l’avouer. De retour chez moi, pas d’homme, pas de Pepsi, je m’installe confortablement devant la télé, j’enlève mes souliers et soudainement une certaine exhalaison monte et me révèle comme un éclair dans une tempête : "Pepsi, pas Pepsi, homme pas homme, faut quand même se laver les pieds de temps en temps!".

Jeudi, le 13 août 2009

Première journée de travail. Les vacances furent trop courtes. Neuf semaines ! Je sais, ça vous semble beaucoup. Mais plus les vacances sont longues, plus on a le temps de déprimer. Et on prend les quatre premières semaines pour se reposer de notre année de travail. Et ensuite, on part trois semaines en vacances et il ne nous reste plus que deux semaines pour se convaincre que l’on doit revenir au boulot. Alors vous voyez, vous qui n’avez que deux semaines, combien vous êtes chanceux. Votre vie est beaucoup plus simple. Pas le temps de vous casser la tête parce que vous n’avez pas vraiment le temps de décrocher et de vous reposer. Vous habitez un pays en guerre ayant un faible taux de dépression et vous n’avez juste pas le temps ni le loisir de vous faire du souci. Vous devriez vraiment réaliser et remercier le ciel de voir à quel point vous êtes béni des Dieux. Profitez bien de vos deux semaines !

Alors première journée de travail, quatre rencontres. Je n’ai pas vraiment le temps de respirer, pas le temps de boire, ni de manger, ni même le temps de penser à respirer, boire ou manger. Voilà. Pour avoir eu de trop longues vacances, nous recevons notre punition. Le reste de l’année, vous allez travailler jusqu’à ce que mort de fatigue s’ensuive. Nul besoin de cravache pour vous faire avancer. Seulement des rangées de mots interminables qui tournent en rond pendant des journées entières.
Enfin, de retour à la maison, je me sers ma dernière bouteille. Avalée d’un seul trait. Pas de plaisir. Rien. C’est fini. Plus de pepsi. Je ferme la télé. Je lis. Je m’endors. Triste vie.

Vendredi, le 14 août 2009

Lorsque nous écrivons un journal, sommes-nous vraiment obligés de raconter chacune de nos journées ? Parce que vous savez, certaines d’entre elles n’ont vraiment rien à révéler. Elles se déroulent mornes et grises, telles des journées sans soleil, sans histoire. Cela vous intéresse-t-il vraiment de savoir que j’ai lavé mon four, que j’ai fait le ménage de la garde-robe de ma chambre, que j’ai lavé mon plancher et qu’il ne me reste que mon lavage que je planifie faire dimanche ? Êtes-vous vraiment intéressés de savoir que j’ai tué le reste du temps en allant acheter des crayons et du papier chez Zellers ? Bon, peut-être cette histoire du quotidien pourrait-elle vous rassurer à savoir qu’une personnalité telle que moi a une vie aussi insignifiante et que la vôtre vous semble tout de même plus intéressante ? À la bonne heure ! Si ma vie terne peut aider à remonter votre moral, j’aurai le sentiment de jouer mon rôle de travailleuse sociale jusque dans l’inintérêt de ma propre existence. Tant mieux, mais je passerai quand même l’histoire de ce vendredi sans importance et sans Pepsi.

Samedi, le 15 août 2009

Belle journée en perspective, soleil rayonnant, chaleur vibrante, cœur joyeux. Aujourd’hui, moi, travailleuse sociale et neveu allons à la montagne. Oups, fâcheux contretemps, batterie d’auto à plat. Travailleuse sociale a encore laissé ses lumières allumées. Parce que lumières ne sonnent pas. GRRR! Travailleuse sociale n’a pas (encore) les moyens de se payer une auto neuve avec sonnerie de lumières intégrée. " Mais tout ceci n’est qu’un léger contretemps " se dit-elle en passant futilement la main dans ses cheveux si magnifiquement bien coiffés et volant allègrement vers le téléphone.
Appel passé à mère de neveu pour venir porter neveu et "booster ma batterie de char". Mais mère de neveu a peur des câbles de recharge. Mais oui, câbles de recharge peuvent probablement exploser et souffler la Ville de Montréal de tous ses habitants ! Mère de neveu ne veut pas être responsable d’un tel carnage. Je tente alors de rassurer mère de neveu que tout va bien, que travailleuse sociale est très habile avec câbles de recharge. Elle a même grandi avec câble autour du cou. Mais sitôt argument répondu, océan d'arguments déferlent en vagues sur travailleuse sociale ! Mauvaise nuit, fatigue extrême, mal à la tête, douche à prendre, vie tellement difficile, peur de conduire en ville (Voyons tab… tu viens de faire 1200 km Montréal, Tadoussac, Montréal, pis t’as peur de faire 60 km à Montréal ?) et finalement, mère de neveu, avoue, journée pour aller à la plage. Travailleuse sociale, en beau fusil, oublie toujours que mère de neveu, croit descendre d’une longue lignée de couronnes royales. Alors, neveu, 12 ans, jette l'ancre et remet au lendemain promenade en montagne pour permettre à altesse royale de rayonner sur sa propre journée.

Rage de travailleuse sociale. Désir intense de couper les ponts avec Altesse royale si ce n’était de neveux et nièce. Fantasme de boire pepsi jusqu’à destruction d’estomac et de conscience. Fantasme de tentative d’assassinat d’Altesse royale à coups de bouteilles de Pepsi. Fantasme inapproprié et honte de fantasme. Alors décision de coup d’État d’Altesse royale. L’été prochain, amènerai neveu en lieu de vacances où nulle Altesse royale n’a jamais mis les pieds. Simple travailleuse sociale ferai démonstration de richesse et plaisirs supérieurs à Altesse royale. Travailleuse sociale comprend toujours dans ces moments pourquoi pas vouloir famille et bien consciente de difficultés à surmonter pour atteindre nirvana bouddhiste. Surmontera difficulté autre journée. Pour l’instant d’la m… ! Et aujourd’hui, samedi, travailleuse sociale fait lavage du dimanche avec symptômes de rage.

Dimanche, 16 août 2009

Travailleuse sociale, à peine calmée, passe prendre neveu chez Altesse royale et se rend à la montagne. Aussitôt rendue à la montagne, pédale d’embrayage meurt. Travailleuse sociale réussit à stationner auto et décide de grimper la montagne avec espoir de résurrection de pédale d’embrayage à la fin de journée. Mais travailleuse sociale ben nounoune en mécanique, se ramasse en fin de journée à appeler son garagiste et chercher du liquide de frein auprès des Montréalais venus monter Mont Saint-Hilaire. Échec total de recherche et garagiste doit remorquer. Richesse de travailleuse sociale vient de fondre et stratégie de coup d’État reporté. Travailleuse sociale et neveu reviennent à la maison crottés, affamés et décident d’aller se gaver chez McDonald pour récompenser neveu bien patient tout l’après-midi. Mais hamburger et frites sans Pepsi? Avec lait ? Avec jus ? Beurk ! Égal à machine à coudre sans fil. Travailleuse sociale se résigne à accompagner repas d’un Pepsi. McDonald pas servir Pepsi, juste Coke. Alors, ça ne compte pas.

Après avoir rassasié neveu de calories non calculées et surtout incalculables, travailleuse sociale, le coeur plein d'espoir de renouveler l'expérience de plein air avec magnifique neveu, réclame son verdict pour sa première journée en montagne :

" Matante, j’ai beaucoup aimé monter la montagne. Mais la prochaine fois, est-ce que ça pourrait être moins à pic ? "

Bonne semaine !

samedi 15 août 2009

Cher journal, aujourd’hui j’arrête la bouteille !

Mardi, le 11 août 2009


Aujourd’hui, ça y est, c’est décidé : j’arrête la bouteille. Les vacances semblaient être le temps parfait pour en terminer avec cette addiction. Elles se terminent dans deux jours alors c’est maintenant ou jamais. Un deux trois go, je me lance ! J’arrête ! Et je le fais publiquement afin que mon geste devienne un engagement formel devant vous tous et toutes réunies en ce blogue pour me lire et m’adorer. Aujourd’hui, je choisis l’abstinence. C’en est fini de la torture de mon corps qui ingère chaque jour ce délicieux liquide destructeur. C’en est fini du réconfort absorbé au fil des gouttes, du vide qui se creuse à chaque instant. Et oui, terminé le Pepsi ! J’adhère au mouvement des pepsinomanes anonymes ! Ça n’existe pas? Et bien qu’à cela ne tienne. Je le crée sur le champ. Ça y est, je deviens, sur l’heure, une travailleuse sociale pepsinomane anonyme. Qui m’aime me suive ! À ceux et celles qui veulent adhérer à mon mouvement, nous nous soutiendrons pour le meilleur et pour le pire dans l’arrêt de cet esclavage.


Ayant désormais créé ce nouveau mouvement, j’ose ici vous proposer quelques règles strictes à suivre. Prières interdites car nous ne sommes menés par aucune puissance supérieure. Le parrainage est à proscrire; ainsi personne ne vous appellera au beau milieu de la nuit pour constater si vous buvez réellement du jus ou si au contraire, vous avez rechuté. Surtout ne me dites pas que vous m’aimez telle que je suis. De plus, aucune étape ne sera imposée à quiconque. Notre nouvelle grande famille vous acceptera peu importe le niveau de Pepsi ingéré mais nul n’aura à abandonner sa propre famille pour venir rejoindre notre grande famille du mouvement P.A. puisque nos rencontres auront lieu sur mon blogue. Ce sera tellement anonyme que personne ne rencontrera jamais personne et que personne ne dira jamais à personne comment boire ou ne pas boire. Et tant qu’à faire, ce sera tellement anonyme qu’il est interdit de parler de ce mouvement à qui que ce soit. Ainsi, personne ne viendra vous dire " C’est supposé être anonyme mais tu sais un tel fait partie du mouvement P.A. " !


Aujourd’hui, j’ai fait le décompte, il me reste trois bouteilles de 355 ml. Un énorme dilemme émotif s’impose à moi. Je les jette ou je les garde ? Je dois prendre une décision rationnelle difficile.
 
Pour voir le fond des bouteilles :
1. Et bien, ça vaut de l’argent et je déteste le gaspillage.
2. Prendre le temps de dire adieu à la bouteille en savourant pour une dernière fois, trois fois de suite, son onctueux mélange rempli de bulles de bonheur.


Contre  :
Euh…


Je les boirai donc. Une bouteille par jour pendant les trois jours qui viennent.


Aujourd’hui, mardi, à 14h25, j’ai bu. Quel plaisir pour le palais ! Quel bonheur de sentir ce feu d’artifice éclater gaiement dans tout mon être. Quelle joie d’éloigner momentanément tout souci du quotidien par cette savoureuse expérience.

Des heures passent. Je m’occupe et n’y pense pas jusqu’à ce que mon sentiment de vide intérieur apparaisse. À ce moment, je prendrais bien une autre bouteille. Mais je n’oublie pas mon engagement envers moi-même. Je cherche ce qui pourrait combler ce vide. Mon choix s’arrête sur une assiette de fruits… accompagnée de chocolat. Je sais, je sais. Je cherche la caféine et le chocolat a aussi cette fonction. Mais diantre, dit elle en se grattant les aisselles ! je ne peux pas tout arrêter la même journée. Effectivement, il faut être attentive aux substitutions. Je m’engage ici à ne pas remplacer une dépendance par une autre. Je m’engage ici à ne pas remplacer dépendance par une autre. Bla bla bla… j’ai compris. Impatiente, moi ? Mais voyons donc. En plus de la beauté et de la bonté, je suis la patience et le positivisme incarnés. Tous mes amis vous le diront. Mais bon, malheureusement, ce mouvement étant anonyme, vous n’aurez pas le loisir de vérifier. Tant pis.


17h00 sonne. Je soupe. Faudrait que je pense à bien manger. Travailleuse sociale pepsinomane mangeusemalbouffomane anonyme. Et je ne termine pas mon repas avec un Pepsi. Rien. Je dois vivre avec mon sentiment d’insatisfaction occasionné par ce sevrage sauvage. Je sens que la vie va être longue dans les prochaines heures. Aujourd’hui, la bouteille ne me consolera pas. Je ferai face à ce vide et un jour, quelque chose de positif prendra place dans ma vie. Que faire, que faire ? Écoute donc la télé ! Tiens, une autre dépendance. Je prends alors un engagement supplémentaire. Faut que je réduise le nombre d’heures devant les émissions de Séries Plus. Ça me bouffe trop de temps ! Travailleuse sociale pepsinomane mangeusemalbouffomane Sériesplusomane anonyme ? Je me ferai un horaire des émissions que je préfère et ensuite, terminé. Je la ferme et comblerai ce vide par quelque chose de constructif.


Je me restreindrai aux émissions suivantes :



- Les experts, Miami, avec le très songé Horatio Caine ;
- Les autres experts, avec l’admirateur d’asticots, Gil Grissom ;
- Bones, avec le si beau policier qui malheureusement porte un slip si peu sexy ! ;
- L. A. Enquêtes prioritaires avec la charmante névrosée Brenda Lee Johnson ( je ne sais pas pourquoi mais c’est celle que je préfère ! ) ;
- 55e nord ( c’est anglais, donc c’est bon!, pas de raison de s’en passer ) ;
- La loi et l’ordre, crimes sexuels, avec le duo "Lois and Clark".



Voilà, c’est tout. Je me restreindrai à cette liste. Bon, peut-être, parfois, j’écouterai " Sans laisser de traces " et " Victimes du passé ", mais vraiment pas régulièrement. Je le promets. Mais il y a aussi " Dossiers classés " qui est pas mal en son genre… Bon, je m’engage à ne pas m’intéresser à de nouvelles émissions.



Je m’engage aussi à ne pas "télévégéter" devant des émissions que je n’aime pas. Je n’écouterai plus :



- Bella et ses ex ( un être d’une grande beauté à qui aucun ex ne résiste et qui, sans être du tout névrosée, change constamment sa vie selon l’homme qu’elle rencontre ! ) ;
- Joséphine, Ange gardien (sans commentaires, je l’écoute juste pour la détester, si elle était une vraie personne je crois que je me lèverais la nuit pour l’haïr );
- Sydney Fox, l’Aventurière (l’espèce de beauté Maya championne de karaté qui possède toujours un médaillon, avec des hiéroglyphes en relief, qui une fois placé dans l’emplacement correspondant, ouvre la porte de la grotte au trésor ! ).


Mon incertitude :

- Miss Météo ( je trouve ça bon, mais le personnage m’énerve, enlevez-lui la caféine s.v.p.... à moins qu’elle ne carbure au Pepsi !) .


Ces réflexions profondes me donnent soif soudainement. Je me sers un verre d’eau. Hum, un peu fade, non? Pourquoi donc santé ne rime-t-il pas avec aliment gaieté ? Vide, vide, vide intérieur. Des litres d’eau ne réussiront pas à combler la soif creusée par l’absence de la bouteille. Je tourne en rond. " Faut que je nettoie le four ! Quelle vie passionnante ! Je crois que je devrais avertir mes amies que je pourrai être hargneuse dans les prochains jours ! Ben c’est ça, c’est ça. Laissez-moi donc toute seule avec ma lutte, bande d’infidèles amies qui ne peuvent supporter de côtoyer la souffrance! Mais qu’est-ce qui fait ce bruit démoniaque? Ah, c’est le tic tac de mon horloge. Je l’avais jamais entendu celui-là. Pourquoi aujourd’hui? Bon, demain, le four ! ".

Annonces télé : " Respectez votre cuir chevelu, aimez vos cheveux ! " Ouf ! ça m’aide à passer le temps ce type de réflexion intense… " Spongy, dans le salon! ", " Bounty, sur le plancher! ", annonce de colorant pour cheveux… Justement, demain c’est urgence teinture. Je me vois déjà sortir du salon de coiffure avec ce visage et ce sourire radieux, secouant ma magnifique chevelure dans l’espoir que ce moment soit le plus intéressant de toute mon existence! Faut que j’arrête les annonces. Travailleuse sociale pepsinomane mangeusemalbouffomane Sériesplusomane annonçomane anonyme.

Ça fait trois longues heures que je n’ai pas touché à la bouteille, quelle victoire ! Un sentiment de fierté intense s’empare soudainement de moi. J’ai remporté une victoire, mais je n’ai pas gagné la guerre! Demain, je serai la meilleure ! " Franchement, la meilleure de quoi ? Tu ne mérites pas une médaille parce que tu arrêtes de boire du Pepsi ! Maudite " nounoune ". En plus, il me semble que tu n’en bois pas tant que ça. Et le fait d’en boire ne va pas nécessairement te conduire au cancer. Et le fait de ne plus en boire ne veut pas obligatoirement dire que tu n’auras pas le cancer. Alors pourquoi tant d’efforts, voulez-vous bien me le dire ? ". Ange et démon se livrent une bataille sans merci au plus profond de mon âme. 

Faudrait que j’arrête l’ordinateur aussi. Travailleuse sociale pepsinomane mangeusemalbouffomane Sériesplusomane annonçomane ordinomane anonyme. Bon, plus de Scrabble en ligne. Ça m’oblige à venir m’asseoir trop fréquemment sur cette chaise. À coups de disparitions de mes dépendances, ma vie aura peut-être un sens ? Vide, vide, boire, boire…


" D'accord, maintenant mets ton cerveau de côté et arrête de penser ! Tente d’associer plaisir et souffrance, comme lorsque tu fais ton jogging. Ouin, ça fait longtemps que je ne l’ai pas fait celui-là. Faudrait bien que je reprenne le jogging. Au moins, quand je cours, j’aime ça boire de l’eau. "

Bon, si je ne compense pas, je vais virer folle. Je décide de manger. Il faudrait aussi que je recommence à cuisiner. Terminé, le congelé ! Bonjour légumes frais ! Bon, je choisis une barre de granolas organiques de Nature Path’s. 











La barre granolas organique de Nature Path’s
Choix santé numéro un de travailleuse sociale !


Je retrouve enfin l’apaisement et finis par m’endormir.


Mercredi, le 12 août 2009

Ma nuit fût mouvementée. Membres lourds et tremblements de sevrage ! Je me sers un énorme café expresso avec du lait au chocolat.


À suivre...



samedi 8 août 2009

Le dernier voyage, suite et fin

Destination Nouveau Brunswick !
Mon plan était simple. Je me rendais près de Mont Joli pour réaliser le dernier souhait de ma mère et je reprenais la route par la Vallée de la Matapédia pour aller me reposer sur les fabuleuses plages du Nouveau Brunswick, je le répète, (à 900 km, aller seulement !) . J’avais empilé tout ce qu’il fallait pour faire du camping dans le coffre de mon auto et me rendre dans le parc du Bic pour y camper quelques jours avant de reprendre la route pour ma destination finale. Je devais partir une semaine, peut-être un peu plus. Rappelons qu’à l’automne, j’occuperais un nouvel emploi qui me demanderait de prendre la route et je voulais conjurer le sort de la conduite automobile afin de ne pas avoir à subir ce stress en plus de celui d’occuper un nouveau travail. Je comptais sur les quelques 2000 kilomètres que je m’apprêtais à faire pour calmer enfin cette anxiété.

Je partis pour cette aventure par un matin ensoleillé. J’avais une courte escale à faire pour déjeuner avec un ami vivant à 40 minutes de Montréal, bien sûre, à vitesse normale. Voilà, je me rendis chez cette ami vivant à près d’une heure et quart de chez moi, à ma vitesse. Je pris l’autoroute 20 pour la première fois de ma vie. Précision, je pris l’autoroute pour la première fois de ma vie et je me rendis à mon déjeuner sans trop de problèmes.

Et je repartis, une heure plus tard, le ventre plein et le cœur rempli d’espoir de lieux paradisiaques à visiter pendant mes vacances. Cette journée-là, je fis une grande découverte. Vraisemblablement, il ne manquait que 2 ailes à mon Hyundai Accent noir 1998 pour s’envoler à chaque coup de vent ou dépassement de camion lourd. Dès que j’atteignais la vitesse (fulgurante) de 90 kilomètres à l’heure, l’autoroute se transformait en piste de décollage et il ne me manquait plus que l’autorisation du contrôleur pour m’envoler vers ma destination finale! Bien entendu, je ne décollai jamais mais mon stress, lui, atteignît des sommets inimaginables. Je grimpais le Machu Picchu de l’anxiété. Je fantasmais constamment sur les possibilités qui se présentaient à moi de me retrouver agonisant dans le fossé et me transformant en curiosité de la journée, de l’autoroute 20… et je faisais tout ce que je pouvais pour éviter la panique. Je conduisais pendant 1 heure et je m’arrêtais, en ayant l’air d’avoir à me restaurer, mais avec la difficile tâche d’avoir à faire atterrir mon stress. Et c’est ainsi, qu’à coups de beignes, de sandwichs desséchés au jambon et de café infect, six heures plus tard, j’arrivai dans la fabuleuse contrée de Lévis qui se trouve normalement à 3 heures de route de Montréal. Une seule fois je m’y étais rendue en six heures par une nuit où une tempête de neige faisait rage. C’est à ce moment que je commençai à douter de ma destination véritable. Je pouvais me compter chanceuse si j’arrivais vivante au cimetière de ma mère.

Je fis donc escale à Lévis ce soir-là. À l’hôtel où je m’étais arrêtée pour passer la nuit, je bus deux verres de vin rouge et me fis donner un massage pour me détendre de cette expérience traumatisante. C’est à ce moment, qu’après 20 minutes de massage, la masseuse me dit cette phrase géniale que je n’oublierai jamais : " Il n’en tient qu’à vous pour que ce massage fonctionne. Il faut vous relaxer ! ". Mais comment n’y avais-je pas pensé toute seule ? Si par malheur deux verres de vin et un massage ne peuvent m’aider à relaxer, qu'est-ce que je suis supposée faire ? Je ne pouvais tout de même pas lui raconter ma vie… " Ça fait un mois que je conduis et je suis partie pour un voyage de 2000 kilomètres. J’en ai fait à peine 250 et voyez dans quel état je me trouve !". Il s’agit du genre d’histoire où vous devez être en pleine possession de vos moyens pour la raconter, sinon, vous avez plutôt l’air d’une déséquilibrée. Alors je me tus. Et je ne relaxai pas.

Je repartis le lendemain matin tôt pour me rendre à ce qui était ma première et ce que je décidai être ma dernière destination, le parc National du Bic.
 
 
Vacances … vous avez dit vacances ?
Il pleuvait cette semaine-là. J’aimerais pouvoir vous dire que les mots qui me viennent à l’esprit pour décrire ces vacances sont " misérables et pathétiques ". Toutefois, les semaines que je viens de passer sont aussi assez réussies dans le genre. " Deux mois de vacances, sans argent, sans projets, jouant l’infirmière au chevet de mon vieux chat malade ! C’est le pied ! " 

Il pleuvait et je n’avais personne à qui parler. Le moment le plus agréable de la journée était le temps du café que je dégustais le matin, devant un bon livre. Par la suite, je cherchais à tuer le temps. Il m’arrivait d’aller faire une promenade dans le bois mais comme le temps n’était pas clément, je me retrouvais bien souvent isolée sur ma route me demandant s’il était possible dans ces contrées lointaines de faire la rencontre d’un ours ou d’un tigre géant ! Je pressais alors le pas en espérant rejoindre le bout du tracée le plus rapidement possible. Que de plaisirs !

Je décidai alors de régler l’enterrement le plus tôt possible. J’appelai le presbytère et le salon funéraire de ce petit village. Lorsque je retourne dans ce coin de pays, il me faut me rappeler que la notion du temps est très différente de celle que je connais à Montréal. Bref, souvent il n’y a pas de réponse ou la réponse appartient " au monsieur qui a du arrêter chez sa belle-sœur pour un dégât d’eau, mais qui devrait arriver bientôt! " et bien évidemment, personne ne pouvait me rappeler dans ma tente de camping. En persistant (qu’avais-je d’autre à faire vraiment, aller danser avec les loups ?), j’arrivai à prendre rendez-vous pour l’enterrement.

Avant de m’y rendre, je devais cependant aller chercher les cendres de ma mère. En voyant l'urne, j'eus un pincement au cœur. Je bouclais la boucle de trois longues années de maladie se terminant fatalement par sa mort. Je réalisai que je ne savais pas quand je reverrais ce magnifique coin de pays, n’ayant plus personne à aller visiter. J’étais orpheline de mère et de région. Je perdais mon point d’ancrage. Je regrettais déjà le calme de ces longues marches près du fleuve; cette vue imprenable sur l'horizon. Je prenais conscience de l’ampleur des deuils qui s’imposaient à moi, soudainement. Et je laissai couler ma peine.

J’avais 50 kilomètres à parcourir entre le lieu de cueillette de l’urne et le cimetière. Je devais trouver un endroit approprié pour le dernier chemin parcouru par ma mère. J'avais pensé l'installer sur le siège passager avant, avec moi, mais je l’imaginais me donnant des conseils interminables sur ma conduite et terrifiée du risque d’accident que l’on encourait lorsque j’étais au volant. " Va plus vite, va moins vite, attention au stop! ". Tout compte fait, je la plaçai soigneusement dans le coffre de ma voiture, entre la vaisselle et la nourriture. Elle aurait l’occasion de se nourrir ou de faire le ménage. Elle y serait dans ce qui se rapproche le plus de son élément. Et moi, j’oubliais un peu le pénible sentiment lié à cette dernière procession.
J’avais averti sa famille de l'enterrement de l'urne, mais personne ne vint. Après tout, pourquoi se déranger une deuxième fois ? Elle était morte 5 mois auparavant, on s’était déplacé pour ses funérailles, alors que faire de la mise en terre d’un tas de cendres ? À quoi bon remuer encore ce passé ? Qu’elle repose en paix veut dire pour plusieurs, fichez-moi la paix. J’étais seule avec elle et cela m’attrista. Plus personne ne se préoccupait d’elle et personne ne m’y accompagnait. Je vivais le même sort que celui de ma mère.

Cependant, le plus grand réconfort vint de celui qui m’accompagna au cimetière. Il était très gentil et comprenait la douleur de cette situation. Il avait des mots paisibles comme cet après midi ensoleillé. Il creusa un minuscule trou avec sa pelle et récita des prières. La situation m’attristait et je pleurais. Je terminais quelque chose d’important pour moi. Je pleurai jusqu’au moment où l’homme gentil se mit à chanter. Nous étions deux au beau milieu d’un grand cimetière et il chantait. Ma peine s’arrêta net devant l’étrangeté de la situation. Elle se mêlait désormais à mon besoin de contenir mon rire. Prenez une messe, enlevez les fidèles, les servants de messe, la sacristie et tant qu’à faire, toute l’église et vous vous retrouvez devant quelqu’un qui chante tout seul dans un champ devant l’éternel. J’ai connu des personnes qui ont été enfermées pour moins que ça! Quel sacrilège de tenir ces propos, me direz-vous! Je tente simplement de décrire la situation, telle que je l’ai vue.

Sur ce, je quittai ce gentil mais néanmoins étrange monsieur et allai à l’épicerie du coin pour acheter mon repas que je me préparerais au terrain de camping. Je préparais ma soupe lorsqu’il se mit à pleuvoir. Alors que je m’empressai de ranger mes effets en courant du coffre de la voiture jusqu’à la table de pique nique, je m’accrochai les pieds dans la corde de la tente et plongeai tête première sur la pelouse! Le pire, c’est que je n’avais personne pour rire de cette situation avec moi. Avec ma belle robe tachée de vert pelouse, je mangeai ma soupe, assise dans le fond de ma tente, sous la pluie. Lorsque j’en parle maintenant, je suis secouée par le rire. Mais à ce moment-là, je n’avais de cesse que le supplice prenne fin.

Le lendemain, je repartis vers Montréal, en me demandant si un jour, je reverrais la tombe de ma mère qui repose dans ce coin de pays splendide, tout près de mon frère. Je pris alors la décision que ce serait aussi le lieu de mon dernier repos, près des membres de ma famille qui m’ont quitté trop vite.

Mais malgré tout, maintenant, si vous vous donnez la peine de regardez attentivement autour de vous, il vous est possible d’apercevoir dans les rues de Montréal une femme qui conduit avec plaisir et fierté, une Hyundai Accent noir 1998 !

FIN !

samedi 1 août 2009

Le dernier voyage (partie 2)

Cerveau lent au volant!
Je possède un permis de conduire depuis 1990. J’ai toujours conduit mais personne ne s’en est jamais aperçu. Je conduisais du côté passager. J’ai toujours mis les freins au bon moment, vérifié les angles morts, les stops, les lumières, les piétons, les bicyclettes, la circulation. Je me trouvais souvent plus douée que le conducteur lui-même. J’étais fière de ma grande habileté au non-volant, mais je gardais cette information bien cachée.


En réalité, après avoir obtenu ce permis, j’ai conduit pour vrai, en tout, deux fois dans les rues de Montréal. Lorsque je dépassais 50 kilomètres à l’heure, la panique s’emparait de moi. J’avais peur de la route qui défilait devant mes yeux. N’ayant pas d’auto moi-même à cette époque, j’abandonnai alors l’idée de conduire. À Montréal et même dans le reste du Québec, je pouvais tout à fait me déplacer où je le voulais en raison, somme toute, d’un très bon système de transport en commun, malgré les critiques dont il fait l’objet.


Pendant sa maladie, lorsque j’allais visiter ma mère à Mont Joli, celle-ci me poussait constamment à prendre les clefs de son auto pour faire le tour du pâté de maisons. Elle me narguait en me disant que c’était facile, qu’elle ne voyait vraiment pas pourquoi je ne me lançais pas. C’était là geste anodin et je ne devais pas m’empêcher de commettre un acte aussi utile simplement parce que ma psyché faisait des siennes. J’étais intimement insultée mais étais tout aussi résolue à n’en rien laisser paraître.


Je réalisais cependant la fragilité de la situation dans laquelle nous nous trouvions. S’il arrivait quelque chose à ma mère, je devais être capable de prendre l’auto pour la conduire à l’hôpital. Je repris alors quelques heures de cours de conduite sur une auto manuelle. Là encore, je me faisais narguer par la bienveillance de ma mère. "Mais voyons, tu dépenses ton argent pour rien!, prends les clefs, prends les clefs"…


J’étais très nerveuse en me retrouvant au volant, mais tout de même, dans les rues quasi désertes de Mont Joli, j’arrivais à faire avancer la chose. D’autant plus que mon instructeur pouvait de son côté, mettre les freins à sa convenance. Je me sentais en sécurité.


Je me souviens de ses conseils :

- " Vous savez, vous pouvez respirer en conduisant! ".
- " Non, non, ce côté, c’est un sens unique".
- " Et ce côté, c’est le mauvais côté, celui de la circulation inverse ma petite madame !".


Lui aussi devait me trouver un peu hurluberlu de prendre des cours alors que j’avais déjà mon permis, mais je lui en sais gré de n’en avoir laissé rien paraître. Certaines personnes savent encore se conduire devant les faiblesses des autres.


Toujours est-il que je pouvais désormais prendre l’auto de ma mère. Et je ne sus jamais pourquoi, mais celle-ci n’accepta qu’une seule fois de se faire conduire par moi et cette seule fois j’entendis :


- " Fais attention, il y a un stop ! "
- " Oui maman,
dis-je sagement. Euh, stop… ça veut dire quoi au juste ? ".


- " Non, normalement il faut que tu laisses passer les piétons avant de tourner. "
- " Je sais, mais je voulais simplement voir ce que ça faisait d’en écraser un ou deux, mais pas tous, promis."


- "Hiiiiip ! "

Traduction libre : cri de détresse provoqué par une terreur justifiée par absolument rien.


Toutes les autres occasions où j’aurais pu conduire, elle trouva des prétextes pour ne pas venir ou pour prendre elle-même le volant. Je lui en voulais de m’avoir poussée à faire tous ces efforts pour finir par les ignorer. Voilà l’humiliation dont certaines mères aimantes sont capables mais je sais que c’était un geste bien involontaire de sa part. Elle était ainsi. C’était simplement son mode de vie. Je n’y pouvais pas grand chose sinon prendre de grandes respirations et mon mal en patience.


Et guide le guidon !
Je rechutai et ne conduisis plus pendant près de 2 ans après cet épisode, jusqu’au moment où je pris possession de l’automobile de ma mère, après son décès. Un ami m’aida alors à remettre, mon automobile et moi-même, en route.


Pendant quatre semaines, je venais chez lui le samedi avec l’intime conviction que je reviendrais en automobile à la maison le soir. Je prenais bel et bien l’auto, je faisais le tour de 3 rues en trouvant le moyen de prendre un sens unique à rebrousse chemin et de là je revenais sagement chez lui en disant, " je reviendrai demain soir quand je serai plus sûre de moi ", ce qui revenait à dire, la semaine suivante.


Et le samedi suivant, je revenais. Deux heures d’autobus pour reprendre le même manège. Je retournais dans les rues environnantes avec toute l’angoisse de cette nouvelle situation.


" Le klaxon, ça doit être pour moi. Mais qu’ai-je fait encore? Bon, un stop. M... de conduite manuelle, encore arrêtée ! Oui, oui monsieur, calmez-vous, je repars dès que je réussis à faire repartir cet engin infernal de schnoutte de foutue conduite manuelle, mais pourquoi ça existe dont ces affaires-là !!! "

" Mais pourquoi me dépasse-t-il celui-là? Je pense qu’il me déteste. "

" Tiens, une auto-école, je vais les suivre, personne ne va me crier après si je les suis ".


J’imaginais que chaque personne sur la route me détestait et réagissait en fonction de mes gestes routiers. J’étais l’actrice principale de cette pièce de théâtre roulante et déroutante. Après 20 minutes de ce manège, j’étais complètement épuisée par cette pluie de scénarios qui s’abattait sur moi.


Parfois, mon ami qui était en fait mon ancien amoureux, s’assoyait sur le siège passager. Il avait l’intention bienveillante de m’aider dans mon nouvel apprentissage. Cependant, bien que se vantant d’avoir une patience en or, je semblai la mettre à rude épreuve. Il faut dire que certains possèdent moins d’or que d’autres.


- " D’accord, tu vois les lignes blanches et bien autant que faire se peut, tu dois rouler à l’intérieur", disait mon ami. " Bon, c’est bon, tu y es", continuait-il.


- " Oui mais, pourquoi tu passes par ce chemin, je t’ai dit de tourner à gauche! " finissait-il par maugréer après quelques minutes de patience d’or.
- "Attends, mais je n’en suis qu’aux virages à droite, moi ! lui lançais-je".


- "Tu sais, c’est possible d’aller plus vite, la limite de vitesse est de 50 km à l’heure."


Après un certain temps, j’imaginais arrêter ma batmobile descendue tout droit de l’enfer pour me narguer et ouvrir la portière de façon spectaculaire avec un grand geste d’éclat et replaçant de façon nonchalante mon boa en hurlant :


- " Je te laisse sur ce coin de rue si ne te la fermes pas ! Rien ne change jamais avec toi toujours aussi impatient à mon égard , tu ne m’as jamais fait confiance et tu as toujours essayé de tout gérer… ! Ahhhh! "


Mais hélas, cela signifiait que je devrais retourner chez moi le soir même avec la bête. Je n’avais pas vraiment le choix. Je me contrôlais du mieux que je le pouvais. Une soumission forcée remplaçait alors ma colère stressée. Plus tard, je serai totalement autonome, plus tard, tu ne perds rien pour attendre.


Et puis, un beau samedi, je revins à la maison en auto. Je mis une heure trente pour faire une route qui normalement prend vingt cinq minutes par l'autoroute. Bien entendu, avec toute l’assurance dont je faisais preuve au volant, j’évitai soigneusement les autoroutes… et les grandes artères… et les piétons… Si j’avais pu, j’aurais fait le chemin dans les ruelles de Montréal. Je priais pour connaître bientôt la télédéportation. Je m’égarai à quelques reprises mais je finis par trouver ma route jusqu’à la maison.


Avant de partir, mon ami me rassura en me donnant de précieux conseils :


- "Ne vas pas tout de suite au travail en auto, tu n’es pas prête."

- "Pratique-toi le soir dans les petites rues sans circulation."

- "Ne prend pas tout de suite les ponts, c’est dangereux."


Génial, il me restait les stationnements de centres d’achat à trois heures du matin ! Pour ce qui est des ponts, je les évitai bien évidemment pendant un certain temps. J’imaginais un vent de folie passagère s’emparant des nouveaux conducteurs, qui prenaient les ponts sans avoir suffisamment d’expérience et qui se transformaient en une sorte de Thelma et Louise défiant l’entendement du volant en s’envolant par dessus bord!


Je devais à cette époque, traverser le fleuve (donc prendre un pont !) pour me rendre au travail. Ainsi, avec ces judicieux conseils venant renforcer soigneusement ma grande confiance ( ! ), je laissai l’auto devant ma porte pendant quelques semaines de plus. Ma seule occasion de rouler était de la déplacer de côté de rue, les mercredis et les jeudis, pour le nettoyage de la Ville. Je devais être la seule personne à Montréal à avoir une auto et à se payer le transport en commun par peur de prendre ce satané volant. Je me trouvais totalement ridicule mais j’assumais ma folie.


La lutte
Jusqu’au jour où je décidai d’affronter le géant pont Jacques-Cartier. Je savais qu’il s’agissait d’une lutte à finir, j’étais devenue David contre Goliath mais je n’étais pas certaine de l’issue véritable du combat. J’imaginais la première page du journal de Montréal :


" Une conductrice perd les pédales sur le pont Jacques-Cartier et percute la ligne blanche. Il est difficile à cette heure de comprendre les événements qui ont précédé l’accident, mais la conductrice a vraisemblablement perdu la maîtrise de son bolide en roulant à 20 kilomètres à l’heure et a perdu la vie en étant étouffée par la ligne blanche. Par la suite, l’auto s’est emballée et est tombée dans le fleuve Saint-Laurent en sautant par-dessus bord sans même effleurer l’immense clôture de métal de 6 mètres de haut. Des citoyens inquiets réclament une commission d’enquête du ministre du transport afin d’élucider ce mystère et d’éviter que de futures pertes de vies humaines (aussi importante) ne se répètent."


Un beau samedi matin ensoleillé, je devais me rendre pour 10h00 a. m. aux Îles de Boucherville pour une course à pied de 10 kilomètres à laquelle je participais. Et je choisis cette occasion pour la confrontation. Je pris d’assaut le pont Jacques-Cartier à 7h00 du matin; à l’heure où j’espérais qu’il n’y aurait absolument personne et avec de la chance, il serait peut-être même fermé à toute circulation. Il faut vous dire, pour expliquer encore plus le ridicule de la situation qui se présentait à moi, que je vis dans l’Est de Montréal, à 5 minutes des Iles de Boucherville en prenant par le tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine. Cependant, si j’avais trouvé le quart d’une pinte de courage pour affronter un pont ce matin-là, j’étais encore bien loin de croire que je pouvais l’emporter contre un tunnel sous l’eau! Et je partis à la conquête du fameux pont.


J’aimerais pouvoir vous raconter les péripéties d’une grande histoire de courage et de détermination dans cette lutte mais tout ce que je peux vous dire c’est que je me rendis au pont, je le traversai en 5 minutes et terminai ma route aux Iles de Boucherville avec en main, 3 heures à tuer avant d’aller courir 10 kilomètres. Et oui, c’est tout! J’en étais moi-même étonnée. Qu’avait donc de si mystérieux cette superstructure reliant le reste du monde à Montréal pour qu’on me mette autant en garde? La seule explication logique que je pouvais trouver est la peur panique des hauteurs de mon ami qui me mis en garde si maladivement. Ainsi, ce matin-là, j’avais vaincu ma peur mais aussi celle de mon ami. J’avais surmonté un deux pour un d’anxiété de ponts. Il y avait de quoi célébrer ! Je décidai alors de me rendre au Nouveau Brunswick, situé à 900 kilomètres, de Montréal, pour l’aller seulement, cet été-là, tout en passant par la Gaspésie pour aller enterrer les cendres de ma mère…

Suite et fin, la semaine prochaine
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