Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


Vous êtes invités à échanger vos commentaires.


Alors bonne lecture !

Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

dimanche 29 novembre 2009

La dernière scène

Délire d'un party de filles... vous pouvez vous amuser à démêler le vrai du faux !

Ce jour-là, elle s’était parée de ses plus beaux atours. Ce pantalon gris stylisé, assorti d’un chandail noir pailleté de rouge, lui donnait un look plus glamour qu’à son habitude. Était-ce le besoin de reconnaissance ou simplement l’envie d’agrémenter encore plus à fond cette journée ? Elle qui, d’ordinaire, arborait un style sportif en revêtant un jeans rehaussé d’un top bon chic bon genre style Marie Claire, fit sensation. Elle avait l’air plus jeune, plus mince, plus rayonnant, plus tout. Comme quoi maquiller la réalité, même légèrement, pouvait apporter des changements inespérés dans le comportement de ses proches et par conséquent, dans son estime d’elle-même.


Depuis sa tendre enfance, elle s’efforçait de paraître ce qu’elle n’était pas en réalité. Née dans un milieu pauvre, vulgaire, sans mots, sans passion autres que l’histoire des Plouffe et la lutte de la WWF, elle avait sans relâche tenté d’effacer la muflerie de son enfance pour se fondre dans des milieux de culture et de savoir. Ne plus disparaître dans cette masse populeuse sans envergure et sans destin et appartenir à cette autre classe, celle des gagnants. Elle avait déjà fait plusieurs tentatives mais sans succès. Elle avait côtoyé des fonctionnaires, des banquiers, des huissiers mais un côté d’elle ressortait constamment malheureux de ces milieux de snobs et de faux-semblants, qui pourtant de loin, possédaient toute la classe dont elle rêvait.

Elle ne s’avouait cependant pas vaincue pour autant. Tout en tentant de ne plus appartenir à son passé, elle ne pouvait le fuir. Celui-ci s’était imprégné en elle comme une trace d’encre laide et indélébile. Ces matins d’adolescence hivernale, où elle se réveillait dans cette maison trop froide, réchauffée par cette fournaise semblant sortir tout droit de l’enfer, lui faisaient horreur. Elle avait refusé des liens précieux d’amitiés à force de les exclure de son intimité, pour soustraire à leur vue ces pénibles images de fournaise au bois, de logement trop petit pour cette grande famille, d’arbres de Noël dégarnis. Elle avait vécu toute sa vie en recluse pour ne pas faire face à des jugements sur ses comportements de ménage, de lessive ou autre aspect de l’entretien de sa maison; comportements hérités par des journées composées de fainéantise devant Top Modèle et les Feux de l’Amour. Elle avait caché longtemps sa réalité. Trop longtemps même.

Elle se devait de sortir de sa coquille et de son mutisme. Elle avait ce jour-là, décidé d’effacer à jamais ce passé douteux afin d’entrer dans un monde sociable et prospère. Elle leur prouverait à tous et à toutes qu’elle n’était pas qu’une erreur dans leur vie, une poussière sur leur copie. Elle avait donc décidé d’organiser un souper avec ses amies proches pour se pratiquer avant d’attaquer un entourage plus large et plus sophistiqué, un banquet du siècle. Elle leur prouverait à tous et à toutes qu’elle savait recevoir dans un endroit bien tenu avec toutes les manières appartenant à la classe supérieure.

Sur sa liste, elle y retrouvait des invitées de marque. Leur nombre limité ne portait aucunement ombrage à la valeur anticipée de ce souper.


Tout d’abord, la grande, l’ultime, la prestigieuse, Stefwinnie l’Ourson. Stefwinnie était un être unique, apprécié d’une quantité insurmontable de personnalités. Elle évoluait dans son milieu avec une grâce désinvolte enviée de tous. Elle se fondait dans les hautes sphères sociales pouvant discuter à son aise, avec tous, de tout et de rien. Elle avait réussi tout ce qu’elle avait entrepris jusqu’à la mise au monde de filles parfaites qui buvaient de l’eau comme collation. Qui peut se targuer d’effectuer en ce bas monde tel tour de magie? Exemple parfait du calme, du contrôle sur soi et de la bonne humeur, on la confondrait facilement avec un câlinours !

Autre invitée, Martha Tremblay. Martha était l’exemple idéal du savoir-vivre et du savoir-faire. Mère de deux magnifiques garçons, femme à tout faire, ne démontrant jamais sa fatigue, prenant soin sans relâche et sans découragement de sa trâlée; les nourrissant amoureusement, les conduisant, toujours souriante, affectueusement, sans jamais un seul ronchonnement, à leurs activités du week-end. S’étant transformée en maîtresse à pensée pour l’occasion, pas un détail de cette soirée de rêve n’avait été oublié. La disposition des couverts, l’assortiment des couleurs, l’importance du centre de table devant se fondre dans le faste de la présentation, la propreté des lieux et de l’hôtesse. Il était pratiquement impossible de ne pas réussir une soirée si l’on appliquait à la lettre les conseils de cette merveilleuse organisatrice.

La troisième convive se nommait Chantal Rhéaume. Grande sportive, elle excellait au hockey. Son corps d’athlète lui donnait une prestance peu commune enviée par qui l’approchait. Cette force de la nature s'imposait comme autorité à qui croisait sa route.

La quatrième visiteuse, mais non la moindre, se prénommait Atomas. Toujours en contrôle de ses émotions, vibrant pourtant en son sein d’une ardeur peu commune, elle savait hypnotiser ses comparses avec sa bonne humeur éblouissante. Aucun endroit de sa personnalité n’eut pu être atteint par le sarcasme de sa progéniture cromagnonne. Elle était un roc sur qui toute personne pouvait se reposer.

Ce soir-là, à leur arrivée, ses invitées furent éblouies par la somptuosité de cette table dressée à une perfection atteignant celle des déesses. Elles discutèrent de choses et d’autres; certaines les touchant intimement et d’autres beaucoup moins. Le repas se déroulait d’une façon qui était certainement inoubliable; on en reparlerait encore longtemps par la suite, c’était évident. Aucun mot ne peut décrire la richesse des plats qui furent servis ce soir-là. Des entrées de cantaloup, fromage de chèvre et prosciutto, servies dans des plats datant de la préhistoire, aiguisèrent leurs fines papilles. Y faisant suite, l’hôtesse avait visé haut en servant son fabuleux plat de mécaroni. Tout était divin, à l’égal de ces nymphes de la discussion.


Cette soirée se déroulait parfaitement et surtout, dignement, et ce, jusqu’à l’inénarrable apparition de cette odieuse, de cette outrancière chose! Un traumatisme longtemps enfoui dans son cœur et sa mémoire fit une apparition aussi soudaine que brutale dans son cerveau. En cette nuit lointaine, elle avait surpris son père, un délinquant notoire, un être d’une vulgarité sans égal, affalé sur le sofa, se délecter d’ineffables films pour adultes. Il faisait des allées et venues de sa main droite en y tenant ce qui avait toute l’apparence d’un crayon vert, aux yeux de cette enfant trop jeune pour comprendre ce qui s’étalait devant son regard. Elle ne savait pourquoi, mais ce crayon vert l’avait hautement dégoûté à cette époque. Était-ce l’air suspect de son père ? Ou encore sa mine à la fois coupable et satisfaite ? Elle n’en savait rien. Ce fut pourtant le jour où, malgré son très jeune âge, elle comprit que l’expression « Avoir de la mine dans le crayon » avait un rapport quelconque avec ces plaisirs charnels coupables. Mais elle savait par contre qu’elle avait tout fait pour faire taire à jamais ce souvenir honteux et dégoûtant qui ressurgissait pourtant sans crier gare ce soir-là, à la vue de ce crayon vert sur cette table, avec toute la force d’un souvenir craignant sa propre mort. La vue de ce crayon, conjuguée au vin amollissant ses défenses naturelles et psychologiques, résultat en une formidable perte de contrôle. Sa conscience réalisait que son état de déséquilibre soudain risquait d’anéantir ses efforts pour que cette soirée soit absolument parfaite cependant que son état émotif s’écroulait sans qu’elle n’y pût rien faire.

Alors, dans un geste aussi fracassant que violent, sans égard pour la qualité de ses convives, elle s’empara de ce crayon vert et avec l’ardeur du désespoir, le frotta allègrement, dans un mouvement indécent, mais oh! combien plaisant, entre ses seins brûlants. Une richesse de caresses jamais atteinte jusqu’alors. Un geste indéfinissable, à la fois obscène et savoureux, nourrissant en elle ce désir tout à fait incontrôlable.

Une fois ce désir assouvi, malgré sa honte face à ce manque total de contrôle, le reste de la soirée se déroula à peu près normalement eu égard à ce contexte troublant. Il lui paru que ses invitées ne s’étaient point offusquées de sa conduite puisqu’elles continuèrent à partager son mécaroni ainsi que le reste du repas. À moins que leur contrôle ne soit le résultat de leur éducation sans tache. Enfin, outre son humiliation et son auto-dépréciation, elle ne subit pas de conséquences à ce moment de folie passagère qui révélait, une fois de plus, son manque de classe. Pourtant, subsistait un doute dans son esprit. Pour la majorité de ses invitées, elle pouvait leur faire croire avoir été victimed’une hallucination collective en raison de leur état mental alcoolisé. Cependant, elle craignait par dessus tout Atomas, qui avait gardé un parfait contrôle en elle de par son abstinence de vin. La raison et les émotions claires, celle-ci pouvait à tout moment surgir et la faire chanter, menaçant de révéler au grand jour ce dont elle avait été témoin ce soir-là. Une angoisse terrible subsistait en son esprit devant cette menace perpétuelle. Ainsi, se dit-elle, la prochaine fois, il lui faudrait être plus rusée. La prochaine fois, Atomas trinquerait !

mercredi 25 novembre 2009

Chronique du n'importe quoi et du n'importe quand

La semaine dernière j'ai commencé à écouter, en rafales, Dexter. Une histoire de meurtrier en série qui travaille pour la police et qui tue d'autres meurtriers en série. J'ai été envoûté dès la première émission. Ce qui est peu dire; un tel niveau d'engouement étant très rare dans mon esprit et ma vie de femme cynique. Le sujet et surtout son traitement est d'une grande originalité. L'auteur nous explique à travers les gestes d'un meurtrier, comment s'est développée la personnalité de Dexter. Alors, j'écoute les épisodes comme je mange les frites de chez Mc Donald. Une après l'autre, goulûment, jusqu'à ce qu'il ne subsiste plus rien. Mais jusqu'à maintenant le côté sombre de cette émission ne m'avait pas atteinte. Les corps démembrés dont les morceaux sont mieux empaquetés que le boeuf de chez mon boucher se rapprochent plus de la caricature que de la réalité et n'atteignent ni ne dérangent ma psyché... enfin je le croyais... jusqu'à cette nuit où je me suis réveillée en peur en pensant au meurtrier traqué lors de la première saison... Ahhh!!! Le plus horrible dans cette affaire c'est que personne autour de moi n'écoute cette série. C'est comme un livre épatant qui t'enflamme au plus haut point, mais tu es là, à t'énerver toute seule parce que personne ne l'a lu, personne n'est vraiment intéressé à ce que tu racontes... Alors, y'a tu quelqu'un sur cette planète qui écoute Dexter pour que je puisse en parler et que j'évite de m'éventrer moi-même dans ma cuisine histoire de pu "tripper" toute seule ? OK un peu excessif, je sais. Mais bon, j'ouvre alors ce petit bout de billet meurtrier pour que vous veniez me parler de cette émission à la fois troublante et intéressante...

samedi 21 novembre 2009

Aujourd'hui, rien

" Mieux vaut apprendre à vivre calmement dans l'imperfection ;
  Que de supporter le stress de la perfection. "

Signé T.S.


Aujourd'hui, c'est décidé. Aujourd'hui, c'est le grand jour. Le jour J. Le Jour où je décrète solennellement cette journée,

"Journée internationale du congé férié des blogueurs et blogueuses"

Alors c'est ainsi que je vous annonce cette grande nouvelle.... en ce jour inoubliable, je le sens, je le sais, je sors les pieds de mon salon. Ainsi, avec beaucoup de soins, d'attentes et d'anxiété joyeuse, je retirerai mes pantoufles et les remplacerai par de réelles chaussures. Je changerai ce pyjama soyeux contre cet ensemble gris-marron qui sied si bien à cette journée d'automne. En cette journée, qui deviendra mémorable, je le sais, je le sens, je sors voir du monde. Beaucoup de monde. Probablement trop de monde même. Mais qu'à cela ne tienne, j'ai promis de vivre cette journée qui sera palpitante je le sais, je le sens.

Il y a peu de temps, je me suis promis de vivre et c'est aujourd'hui la première journée du reste de ma vie. Je m'arracherai donc à ce confort douillet pour me plonger dans des aventures rocambolesques, toutes aussi captivantes les unes que les autres. C'est ainsi que sur mon lit de mort, je le jure, je pourrai vous raconter des événements autres que les banales histoires d'amour du Dre Grey ou de celles désespérées de ces beautés. D'avoir bien vécu, je ne pourrai plus rien regretter lorsque sonnera l'horloge de ma dernière heure.

Alors, aujourd'hui, n'attendez rien de moi.

Je ne vous raconterai pas ma culpabilité de ne pas avoir tenté de vous divertir ;

Je ne vous raconterai pas cette histoire d'un parent venu engueuler le prof de son gars pour une note trop basse d'un travail réalisé par... le parent ;

Aujourd'hui, je ne vous entretiendrai pas sur l'histoire naissante de mes pulsions meurtrières devant cette publicité parlant de constipation... (quelle horreur!) ;

Aujourd'hui, je ne vous parlerai pas de Jérémy et de son pire Noël (mais suivez mon blogue, peut-être aurais-je bientôt l'occasion de vous écrire cette fable ) ;

Aujourd'hui, je ne vous mentionnerai pas cette série télé que j'écoute en rafales tellement je la trouve passionnante bien qu'effrayante (mais suivez tout de même ma prochaine " chronique du n'importe quoi et du n'importe quand " ) .

Alors, je vous en prie, aujourd'hui, n'attendez rien de moi. Je vais vivre la vraie vie avec du vrai monde dans des histoires sûrement vraies !...

Ça y est, je le sens, ça s'en vient, je vais vous le confier, je n'en peux plus, je dois vous le dire....




Aujourd'hui, je vais au Salon du livre... Alors, oubliez moi, (mais pour aujourd'hui seulement...).

mercredi 18 novembre 2009

Chronique du n'importe quoi et du n'importe quand...

Aujourd'hui, ça m'a pris. Pas le temps d'écrire un texte magnifiquement structuré comme à mon habitude. ;o)   Des éclairs se propulsant dans mon cerveau à la vitesse de la lumière et faisant de l'ombre à mon côté sombre. Juste besoin de les partager pour retrouver mon cynisme habituel. Juste ce qu'il faut pour ma nouvelle chronique du n'importe quoi et du n'importe quand.

  • Ce matin, elle était là, l'arme à la main. Me tournant le dos, me narguant. Devrais-je être effrayée? Dégoûtée ? Devrais-je l'ignorer ? Faire semblant que la situation ne m'atteignait pas ? Pourtant, elle était bien visible avec cet outil infâme à la main. Frottant, effaçant tout ce qui pouvait bien rester de suspect. Les traces du mal étaient presque éteintes. Scutant ses gestes, d'un air écoeuré je la regardais. Prise en flagrant délit sans qu'elle ne s'en doute, que pouvais-je bien faire ? Les preuves s'effaçaient à la vitesse de l'éclair. Bientôt, il ne subsisterait plus rien. Je devais agir vite, très vite. La surprendre, me saisir de l'arme et la retourner contre elle ? Lui faire connaître ma colère contre cette situation odieuse ? Ou accepter, vivre avec cette perspective déprimante et me taire à tout jamais. Je laissai faire. Elle partît. La situation se reproduirait assurément, prochainement. Demain, elle réapparaitraît, certainement, effaçant cette chienne de neige dans son pare brise, le grattoir à la main. Et là, je lui règlerais son compte.

dimanche 15 novembre 2009

Sans tambour ni trompettes !!!!

LA LA LA LA !!!!

Ce dimanche à 20h34, vous êtes la 1000 ième personne à visiter ce blogue.

Vous avez droit à un livre en trois tomes sur une histoire du moyen âge, que je vous nomme pas parce que je l'ai eu en cadeau mais je l'ai trouvé ben platte !!! Qui sait, peut-être l'apprécierez vous !

Alors, vous-là, la 1000ième personne, veuillez réclamer votre cadeau en m'écrivant à :

travailleusesociale@hotmail.com

Félicitations !!!

Mettons vous avez dix minutes pour m'écrire.



p.s ben non, j'ai rien de mieux à faire... :o) Je prépare mon cours pour demain...


(...) quelques heures plus tard....  :

"Bon ben coup donc, ça a l'air qui s'est rien passé... aucune réclamation de prix n'a eu lieu. J'en suis vraiment surprise, je pense que je vais pas dormir de la nuit tellement j'en suis troublée... Ne manquez pas la visite du 2000 ième visiteur pour un autre prix de présence aussi inoubliable ! "

samedi 14 novembre 2009

Le baccalauréat à vaisselle

Ce soir-là, elle pleurait pour la 651 ième fois devant le 1250 ième épisode de cette série, Grey's Anatomy. Comme elle appréciait ces intrigues bien ficelées avec ces personnages si intenses dont les émotions déferlent en rafales sur ses moments de loisirs télé! Ces histoires hospitalières la réconfortaient. Trois années de visites ininterrompues entre ces murs bleu poudre; tant de temps passé, qu'elle en avait découvert le réconfort. Pas de masque, pas de jeu de rôle. Entre ces murs, il était permis d'être. Il était également permis de ne plus être. En ressortir dans un sac. De disparaître. Alors cette émission la touchait, lui rappelait sa mère malade, ses espoirs de guérison jusqu'à son acceptation de partir, réalisant soudain que le combat était vain. Malgré la douleur, cette acceptation, ce lâcher prise avait été une grande leçon dans sa vie et la réconfortait encore, dans les moments pénibles. Cette série réchauffait son coeur et ses longues soirées d'hiver.

Alors qu'elle y prenait cet immense plaisir, elle vivait en même temps, des émotions étranges et intenses. Cette voix intérieure qui la rendait mal à l'aise:

"Voyons donc nounoune, c'est platte c'te connerie d'émission gna gna à l'eau de rose. Pourquoi t'es tout le temps pâmée après cette merde élitiste où les docteurs ne couchent qu'avec des docteurs? Et quand c'est avec des infirmières, ça dure jamais, c'était un passe temps ou une erreur. En plus, pendant qu'ils ont les mains bien enfouies dans des intestins qui pissent le sang, ils pleurent constamment sur leur sort, parlant sans relâche de leur nombril qui tourne autour de leur coeur et de leur cul. Branche-toi donc sur la soirée du hockey, tu vas peut-être apprendre quelque chose d'instructif ! "

Et elle répondait alors à cette voix :

- "Ben oui toé, la soirée du hockey. Grosse soirée intellectuelle en perspectives. Pas de chicanes, pas de sang. Ben différent de Grey's."

C'est alors qu'elle eût une révélation. Non, pas une révélation qui lui disait qu'elle parlait toute seule; ça elle le savait. Elle avait vécu 20 ans en parlant à ses chats, maintenant qu'ils étaient partis, elle ne pouvait plus s'arrêter. L'habitude était là, bien ancrée. Elle règlerait le problème le jour où elle placerait un autre chat devant sa bouche. Elle normaliserait à nouveau ce comportement. Non, cette révélation était autrement plus déconcertante et la clouât d'effroi sur son sofa... ce qui ne fît pas grand différence en apparence puisqu'elle y passait déjà pas mal de temps à regarder toutes ces séries qu'elle adorait. Non, pas ça. Elle réalisait qu'elle avait deux cerveaux en elle qui se parlaient. Un cerveau de gars, cynique, à la parole crue, qui la traitait d'insignifiante et un cerveau de fille, mou, qui pouvait pleurer devant tant d'insignifiances.

Ce soir-là, elle réalisa tout son mal être. Ses deux cerveaux vivaient côte à côte, en parallèle, l'un menant sur l'autre, en alternance, selon les situations rencontrées. Parfois même, ses cerveaux dialoguaient et comme à ce moment-là, elle pouvait passer des soirées seules à vivre un dialogue de couple interne. La seule différence c'est que le cerveau de gars ne pouvait pas se dire " Laisse-la faire, écoute pis ferme ta gueule. Tu vas peut-être avoir du bon sexe après." Non, il ne pouvait même pas se réconforter, parce que le cerveau de fille lisait instantanément dans ses pensées et lui répondait  " Je vais avoir mal à la tête, je vais avoir mal à la tête... gna gna".  

Elle n'aimait pas son cerveau de fille. Exposer sa fragilité, sa vulnérabilité, ressentir la joie et la tristesse et la montrer au grand jour, la terrorisait. Il lui semblait que ses faiblesses mettraient sur sa route des abuseurs et profiteurs de toutes sortes qui la rendraient sûrement malheureuse. En revanche, sans savoir pourquoi, elle appréciait son cerveau de gars et ce, autant qu'elle apprécie les hommes. Ce devait avoir un rapport quelconque avec Freud, le sexe et l'envie du pénible.  Enfin, elle utilisait souvent son cerveau de gars pour ne pas chercher à comprendre.

Ce cerveau était très dur avec elle. Il la traitait d'insignifiante, de grosse, de vieille, de pas assez belle pour être aimée. Elle était souvent exaspérée par ses vacheries, qui d'un autre côté, lui permettaient de se pousser à bout, de courir jusqu'à épuisement pour se maintenir à son meilleur, de faire tout en son possible pour performer dans la vie comme dans son travail. Elle n'était satisfaite que lorsque les exigences de son cerveau de gars étaient atteintes en même temps qu'elle était souvent écoeurée de s'astreindre à ses exigences.

Avec toute cette mécanique qui évoluait gaiement à l'intérieur de son être, il est facile d'imaginer que lorsqu'elle rencontre l'homme de sa vie de quelques mois, il y a comme toujours une personne en trop. Le dernier qu'elle rencontra avait vraiment fière allure, beau, charmant, attentionné. Elle avait fermement cru avoir trouvé la perle avec qui elle partagerait sa vie. Au lieu de quoi, elle avait failli y rester. Cet homme avait un cerveau de fille, un énorme cerveau de Germaine, désirant tout contrôler jusqu'à la façon dont elle lavait sa maudite vaisselle. Le cerveau de gars en elle avait été profondément affecté de ce rival qui violentait le cerveau de fille d'une façon qu'il n'aurait jamais osé malgré l'étendue de son expérience.

Alors ce rival avait osé. Il  lui avait offert un plat à vaisselle, lui donnant une formation élaborée équivalent à un baccalauréat sur l'art de laver la vaisselle; le bac à vaisselle...

"Premièrement, il faut toujours laver la vaisselle, pas juste une fois par semaine. Pas juste quand il n'en reste plus dans les armoires. Tu comprends ? C'est dégueulasse que tu laisses traîner ta vaisselle comme ça sur le comptoir... Et de plus, ta façon de laver n'est pas hygiénique. Laisser couler l'eau chaude pendant que tu prends ta tite lavette avec du savon, ça ne lave pas convenablement. Il faut mettre le tout dans un bac à vaisselle avec de l'eau bien chaude et faire tremper. Comme ça, plus de bactéries. Et tout est propre!"

Alors que son cerveau de gars ne comprenait pas un mot de ce que Germaine lui enseignait, son cerveau de fille en fût terrorisée. "Non!!!! va pas falloir que je lave ma crisse de vaisselle comme ça, à ta façon, toute ma vie! Après ça sera quoi? Une maîtrise sur le lavage du derrière ?"

Ne pouvant en supporter davantage, elle s'enfuit très loin. Voilà pourquoi aujourd'hui, elle vit encore seule, se satisfaisant de cette relation de couple dans sa tête. Une relation à violence contrôlée, à appellation modérée. Et voilà pourquoi, elle est encore si apeurée de voir arriver un autre osti de bac à vaisselle dans sa vie.

Alors aujourd'hui, elle met une annonce sur ce site espérant ainsi passer à une étape plus positive de sa vie :

" Bac à vaisselle à vendre. Peut aussi être échangé contre objet relatant expérience amoureuse merdique . Aucune offre ne sera refusée. "

Alors, à qui la chance ?

vendredi 6 novembre 2009

Article poche pour blogue inutile

Blague poche : 

Une femme nue, se regarde debout devant la glace. Elle dit à son époux :

" Je me trouve horrible à regarder, grasse et ridée... J'ai besoin d'un compliment ".

Le mari répond :
" Tu as une bonne vue ".

(Source : http://www.humourr.com/divers/blague-116.html)


Ce matin, en parcourant les blogues, je suis tombée sur une montée de lait d’un auteur qui s’en prenait aux blogueurs qui n’avaient absolument rien à dire. Par exemple, un blogue où il est possible d'y lire des informations du genre que l’auteur s’est levé le matin à 6h12 et qu’il était un peu déprimé et fatigué. Le déjeuner s’ensuit avec comme intrigue principale que le beurre était ramolli parce que « Oh! Non! », il avait été laissé sur le comptoir toute la nuit. La douche arrive, le téléphone sonne et là tout nu, les yeux pleins de savon, l’auteur répond au téléphone… Nous croyons alors fermement qu’il va se passer quelque chose du type : « Allo, tu dégouttes et moi j’arrive dans deux minutes pour te dégoûter de ta journée. » Ah! Le maniaque du matin s’en vient pour gâcher ta journée et tous tes lendemains… Mais non, on apprend simplement que c’est un faux numéro et qu’il faut retourner dans la douche pour reprendre le travail là où il l’avait laissé…


À ce moment précis, soit on est hypnotisé et incrédule devant autant d’insignifiances, mais on continue notre lecture jusqu’au bout en espérant qu’il finisse par se passer quelque chose. C’est un peu comme jouer à la bourse… on a déjà assez perdu comme ça, mais on continue en priant que ça va finir par payer. Soit on s’arrache à ce blogue complètement déprimé en réalisant que l’on est sur le bord de commencer à penser au suicide parce qu’on s’aperçoit en quelque sorte qu’on est en train de lire le compte-rendu de notre propre vie.

J’ai donc décidé cette semaine de vous offrir un article poche en hommage au courage de cette dénonciation des blogues poches. Je veux ainsi me lever au sommet de la « pochitude ». Dans ce monde virtuel, je désire ardemment, moi aussi, faire l’étendage de ce fumier de paroles inutiles et rendre fertile, cette terre, de mauvaises herbes intellectuelles. « Oups, s’cusez, je deviens quasiment intéressante là. Je me reprends. » Alors, voilà, mon article poche commence ainsi :

Ce matin, le 11 novembre, c’est la journée des morts. C’est prévu qu’il ne se passera rien aujourd’hui. Le mois de novembre est gris et la journée, juste morte. Cette journée du souvenir, c’est un peu comme l’Halloween, mais sans bonbons, sans enfants. Ils sont tous déguisés pareils, des ti-vieux avec des ti-bérets et s’en vont tous prier un soldat sans nom, mort à la guerre, pis que sa famille a jamais su ce qui lui était arrivé, pis qu’on prie pour rendre hommage aux personnes qui se sont battues pour la patrie; cette patrie qui a justement permis qu’on se fasse assassiner collectivement, et ce, en toute légalité. C’est pas poche ça ?

Bon, peut-être pas autant que la famille de 3 zouinzouins qui sont devant moi dans la ligne du métro et qui veulent payer 3 tickets avec une carte de crédit et qui, à défaut de quoi, sortent un « brun » pour payer et qu’ils ont même pas l’air de trouver ça anormal. (Je vous explique, j’ai écrit ce texte dans le métro…)

Donc, pour en revenir à la journée des morts, le 11 novembre, qui n’a finalement aucun rapport avec ma journée vu qu’on est même pas le 11 novembre aujourd’hui, mais on s’en tape franchement, qui a besoin de détails pareils quand il lit un blogue ? En tout cas, cette journée-là, je me suis réveillée à 5 h, comme à l’habitude, et comme à l’habitude, optimiste devant l’Éternel, je suis restée au lit jusqu’à 6 h en espérant que j’allais me rendormir. Mais je me rendors crissement jamais donc, chaque matin, je perds une heure de mon temps. Sauf quand je commence à donner mes cours à 8 h et il faut que je me lève à 5 h, là, j’ai pas le temps de rester une heure de plus au lit.


Lorsque je me lève, je commence ma journée en me grattant allègrement le derrière. Je profite alors de ce moment d’intimité bien personnelle et ma foi, trop rare, pour aller en profondeur puisque le reste de la journée, ça serait un peu gênant et dégueulasse. Je serais difficilement un modèle pour toutes les générations d’étudiants à qui j’enseigne si je m’adonnais à cette activité à longueur de journée. Une fois terminé, ce moment d’extase matinale qui ne dure jamais plus d’une heure à lui seul, je vais déjeuner.


En écrivant ces lignes, je me surprends à me sentir remplie d’un sentiment de joie et de satisfaction rarement ressenti puisque le fait d’écrire sur absolument n’importe quoi me mène à oser aller dans des recoins insoupçonnés de… mon imaginaire. Loin de moi pourtant l’idée de me mettre à vous raconter des histoires de pipi et de caca pendant des lunes. Je vous rassure en vous disant que je ne laisserai pas tomber mes écrits futurs dans des exercices répétés d’autosatisfaction de mes besoins personnels. Mais pour aujourd’hui, ça cadre dans le programme et voilà, c’est ça qui est ça.

Et là, vous vous demandez encore si je me suis lavée les mains avant de me faire à déjeuner ? J’aimerais alors vous dire que je suis peut-être poche, mais, calvaire, je ne suis pas malpropre à ce point. Donc, je disais en vivant ce moment totalement ordinaire d’une fille complètement ordinaire, je disais que je mangeais mon déjeuner tout en surveillant les croquettes de chat laissées sur mon balcon pour le matou itinérant qui rôde dans ma ruelle depuis cet été.

Ce méchant matou, que j’essaie d’apprivoiser, ne vient pas tous les matins. Je le soupçonne d’attendre que je sois partie pour venir profiter de ma bouffe. Je suis aussi en compétition avec mes vieilles voisines qui le nourrissent, elles aussi, mais le laissent dehors. Moi qui suis prête à le prendre chez moi, j’ai affaire à un récalcitrant. Probablement un névrosé avec un trouble de l’attachement. Et puis, il y a la voisine d’à côté qui est venue saboter ma tentative de séduction en lui faisant une chambre à coucher dans un locker désaffecté parce qu’elle ne me trouvait pas assez entreprenante. Elle trouvait que la chaise laissée sur mon balcon avec une couverture ne suffisait pas à le rendre heureux. Il faisait encore trop pitié à son goût. Elle m’a ordonné de le séquestrer du jour au lendemain, et de l’obliger, par la force, à m’aimer. Je me voyais alors transformée en infirmière de chat jouant dans Misery et le martyrisant pour qu’il finisse par m’appartenir. Mais moi, je suis plutôt du type : « Avec du temps et de la patience mon minet, je vais finir par t’avoir »… Du coup, je suis toujours célibataire euh… ça, c’est une autre histoire… mais enfin, conséquence, le matou vient me visiter moins souvent et risque davantage de passer l’hiver dehors. Mais chaque matin, j’ai une décision de taille à prendre. Est-ce que je laisse la bouffe sur le balcon? Si le matou ne vient pas, les oiseaux vont venir saloper mon balcon et là, c’est la vieille d’en bas qui risque de finir par me reprocher mes saloperies. Cette dame n’aime pas les chats et elle n’aime pas non plus la voisine qui aime les chats. Et moi je n’aime pas qu’on me traite de salope. Ayayaye! Le plus souvent, j’achète la paix et je me dis que le chat mangera bien… ce soir.

Je pars pour le travail. En conduisant, ça me pique dans le nez. Pas de Kleenex, les mains sur le volant et la manette d’embrayage, trafic oblige… Alors, avec mon regard de lynx, je fais un tour de reconnaissance à 360 degrés pour m’assurer que personne ne me voit et là, ben je me gratte… Ouaissss !!! Encore une fois, mes extases matinales atteignent un sommet inavoué. Pis oui, chose, je me précipite au prochain Tim Horton, j’accoure dans les toilettes à la vitesse de la lumière pour aller me laver UN DOIGT !!! Si ça peut vous rassurer de penser ça, moi j’en ai rien à cirer. Je suis responsable de ce que j’écris, mais pas de l’imaginaire du lecteur qui a bien du temps à perdre, s’il est encore en train de lire cet article poche.

Bref, je pense que j’ai finalement atteint mon objectif d’article poche. En ce jour du 11 novembre, j’ai rendu hommage aux blogues morts, des auteurs inconnus, et sur lesquels il ne se passe jamais rien.
Maintenant, ôtez vos bérets et commencez à prier en récitant la litanie des choses poches qui vous sont arrivées …

C’est poche quand…

 Tu fais tellement d’insomnie que tu t’entends ronfler;

 Tu te lèves le matin pis que t’as pu de lait, tiens tu te dis que vas manger des toasts, mais finalement t’as  pu de beurre;

 Tu manges au McDo devant un bonhomme qui parle tout seul, mais qui a l’air mieux que toi dans sa peau;

 Tu te fais rejeter par un itinérant toxicomane qui n’a pas de problème de santé mentale;

 Un gars t’invite à ramasser des fraises pour ta première date;

 Tu reçois du savon pis du papier de toilette en cadeau de ton chum qui vient de finir de payer son super condo de luxe 3 étoiles;

C’est poche quand…

À vous de continuer. J’ai fait ma part.




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