Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Alors bonne lecture !

Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

samedi 31 juillet 2010

Corvée familiale annuelle

Surpassant leur immense déception de ne pouvoir se faire payer par matante des vacances à Wildwood pour l’une et un voyage en train jusqu’à Vancouver pour l’autre, Petite nièce et Neveu acceptèrent à contrecœur, aidées par leur maman qui voulait avoir quelques jours de vacances bien à elle, toute seule – on se demande bien pourquoi !- de venir passer une grosse semaine au chalet.

« Mais voyons, mes amours, ce n’est pas la quantité qui compte, c’est la qualité. La qualité des relations humaines. Savoir que vous avez une matante qui vous aime et qui veut passer du temps avec vous – avec le mince espoir qu’une fois devenue sénile, vous en preniez soin de votre matante chérie ! »

« On peut tu manger des beignes ? C’est plate icitte ! »

« Oui, un beigne. Pas plus. »

« Mais notre mère, elle, elle nous en laisse toujours manger comme on veut des beignes. Une fois j’en ai mangé six à moi tout seul ! » vociféra neveu de 13 ans, pesant près de 10 000 livres et semblant avoir le même problème hormonal que sa maman.

Bon Dieu qu’ils sont mal élevés ! Je te jure que moi je ferais mieux si j’avais des enfants. Je les obligerais à bien manger, ils se coucheraient de bonne heure, pas de négociation, ils verraient c’est quoi mener une vie normale si c’était moi leur mère.

« Ben ici, on est avec matante et on respecte les règles de matante. C’est tout. C’est comme ça ». Je le sais, pas vraiment fort comme règle et surtout pas non plus appuyée sur des principes clairs, solides, sur une argumentation dont j’aurais pu être fière… Qu’est-ce que je suis supposée dire ? Vous êtes entrain de devenir des gros goinfres parce que vous avez personne pour vous élever comme du monde ?

« C’est plate, qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui matante ? »

« Vous avez le choix. Ou on va au zoo ou on va faire une marche de quatre heures dans la montagne à se faire piquer par des maringouins en espérant ne pas rencontrer d’ours. Lequel ça vous tente de faire mes amours ? »

En route pour le zoo ! Vous n’en doutiez pas j’espère… Nous avons donc vu des cerfs couchés dans leurs excréments se faire manger la face par des mouches, des loups cachés dans un minuscule enclos qui semblaient en avoir marre de la gang de gros cons qui les appelaient constamment, un lynx qui rugissait comme Chat quand il est en position d’attaque, enfin, des heures de plaisir et un zoo quoi, un zoo comme il en existe plusieurs. Ensuite, pique nique et retour au formidable chalet avec l’espoir de revoir le castor et son bébé, et oui, j’ai bien dit son bébé, celui même que j’ai vu l’autre matin lorsqu’ils étaient entrain de faire ce qui m’a semblé être leur toilette. Wow ! Magique !

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? C’est tu comme la seule activité qu’on va faire aujourd’hui, le zoo ? »

« Viarge, c’est ma seule activité de l’année. Qu’est-ce que vous voulez de plus ? »

« Ben on peux-tu manger des beignes d’abord ? »

C’est pas des enfants, ça, c’est des oiseaux mouches… Vous savez, trois coups d’ailes, un coup de nectar, 2 coups d’ailes, encore un (gros) peu de nectar…

« Prenez un beigne et plantez-vous des heures devant la télé pour que je puisse récupérer un peu. »

« On mange quoi pour souper ? »

« Dites-moi pas que vous avez faim déjà, vous venez juste de manger un beigne, ça fait comme 2 secondes ! »

« C’est pas notre faute, on est en pleine crise de croissance ! »

C’est ça, et votre crise de croissance va sûrement provoquer ma crise de crédit après toute une semaine à ce rythme !

Deuxième journée. Après une nuit d’insomnie à écouter bouger Neveux sans cesse dans leur sommeil - ce qui n’a certainement rien à voir avec le sucre qu’ils ingurgitent dans une journée, mais non, ce sont des enfants, ils ont tellement d’énergie qu’ils continuent de visiter le zoo même en dormant - nous voilà en route vers la plage.

« Qu’est-ce qu’on fait ici matante ? »

« Ben, baignez-vous ! Y’a un lac, ça vous inspire pas un ti-peu ? »

« On vas-tu rester longtemps ? »

Pas de réponse. Tiens, nouvelle stratégie. Mêmes questions à répétition, plus de réponse à répétition. Il n’y a plus de service au numéro que vous avez composé. De toute façon, y’a même pas de téléphone.

« Matante, j’ai mal au ventre, j’ai la diarrhée ! »

Bon, génial. Je sais pas pourquoi, mais on dirait que je commence à avoir hâte de retourner travailler moi-là.

« Y’é tu mou ton caca ? » (Je peux pas croire que je suis entrain de parler de caca, pas dans mes vacances. Je parle jamais de ça moi. Mais quel genre de vacances on peut bien passer quand on est obligé de parler de caca ? Ça fait jamais partie de mes plans de vacances moi, vous savez le caca, le vomi...)

« Non. Mais j’ai mal… » dit Petite nièce avant de se mettre formidablement à pleurer.

« Veux-tu un beigne ? » que je lui demande, paniquée.

« Nooonnnn. Gnnnannnn ! »

« Ayoye, ça doit faire mal en maudit. Hum… mais ah !... ok je comprends. Ça ferait-tu moins mal si tu pouvais retourner chez ta mère ? »

« Vvvvvouuuuui. Gnnnnaaannnn ! Je veux m’en aller……. »

« OK d’abord » répondis-je calmement, tentant de ne pas laisser entrevoir mon émoi en hurlant ma joie et mon soulagement incommensurable.

« Ben, honnêtement, 36 heures c’est pas des belles vacances ça, hein ? On n’est pas obligés d’en avoir trop, hein?, des vacances, sinon, on finit par pas aimer ça ».

“Trop c’est comme pas assez’’ aurait dit une ancienne collègue à moi.

Et là, juste au moment d’écrire ces lignes, je veux faire acte de contrition pour mes pensées impures sur l’incapacité maternelle. Non ! Jamais je ne pourrais faire mieux ! Et maintenant, je sais à quoi ça sert la fête des mères. C’est une journée où il est permis de faire autre chose que de mettre ses doigts dans le caca !

mercredi 28 juillet 2010

Et cette chaleur !

Assise calmement dans ma véranda (ben non, c'est pas ta véranda, c'est la véranda que t'as louée avec le chalet, mais bon, c'est quand même preuve que je me sens chez moi ici), donc, dans la véranda, je regarde mon portable. Je lis, me relis, me délis même. C’est ça. J’en suis rendue à me relire jusqu’au délire ! C’est moche, inintéressant ! Incapable de prendre du recul. Mais du recul pourquoi ? Tu as écris deux lignes il y a deux minutes !

Et pourquoi donc écrire ? Parce que ça me fait du bien ? Espérer écrire un vrai roman ? Devenir quelqu’un ? Espérer faire quelque chose de bon dans ma vie ? Tout est confus aujourd’hui. Je me demande combien de personnes se sont cassées les dents sur un projet de roman. Et toi, tu seras quoi là-dedans ?

Enfin, allez, on s’y remet, suffit les réflexions inutiles. Ah ! Mais qu’est-ce que je vois là ? Des geais bleus plongent dans l’étang ! C’est possible ça ? Ils ont trop chaud eux aussi ou quoi ? Mais ce que c’est beau, et encore un autre ! Et un autre ! Euh… à moins que ce soit toujours le même. Difficile à dire, ils sont pas mal tous bleus. D’accord, d’accord, je m’y remets. Mais quelle chaleur quand même.

Les quelques bribes d’idées qui surgissent de mon cerveau semblent fondre comme neige au soleil avant même que d’atteindre mon écran. Mou le cerveau, floues les idées, mêlées les pensées. Bon, pourquoi forcer, je vais prendre une pause, une toute petite pause de cinq minutes ne peut quand même pas me faire du tort. Après, je reprends mon texte. Après, je serai efficace, j’en suis certaine.

Hum, un bon pepsi ! Quelle chaleur ! Oh ! ce que ça descend bien. Surtout aujourd’hui. Vous l’ai-je dit ? Il fait tellement chaud. J'ai encore soif. Une bouteille d'eau. Mais ce que la bière a l'air bonne... Ouin, une bière, un pepsi, pas vraiment sage. C'est les vacances, arrête de t'en faire. Et regarde la bouteille de bière fraîche qui ruisselle de partout. Ça y est, c'est décidé, je me sors trois bières. Une pour boire et les deux autres pour me mettre dessous les bras. Je boirai de l'eau plus tard. Il est jamais trop tard pour boire de l'eau. 

Que c’est cute que ces oiseaux qui plongent ! Je les adore ! Tiens, mon livre. Je vais en lire quelque pages pour me remettre dans le coup. Lire me donne des ailes. Quelques pages et hop ! Mes mots se transforment en phrases jusqu’à ce que les phrases deviennent à leur tour une histoire. De la lecture à l’écriture comme une chenille devient papillon. Il est fou cet auteur. Si drôle. Ce que j’aimerais écrire comme ça. Mais peut-être un jour. À force d’écrire. À force d’inventer, de penser, de de…

Allez on y retourne. Mais, qu’est-ce que je vois là ? Bonjour Chat. Boujourrr le ti-minou… oui, oui, le ti-minou, il a l’air de bien dourmir le ti-minou… oh oui, ce qu’il a l’air bien le ti-minou, non, non, bouge pas mon minou, tout doux, laisse-moi te flatter un tout ti-peu pendant que je passe par là, pas longtemps, non, c’est ça, on se calme, ron ron ron, oui c’est ça, ron ron ron… Mais oh ! il veut jouer à la baballe maintenant ? Ah, tiens, oh ce qu’il est gentil le ti-minou, capable d’attraper la baballe. Mais c’est quand même maman qui court la tite baballe partout, hein le ti-minou ? Pis c'est pas comme si il faisait pas chaud, hein ? On fait pas comme un ti-chien hein ? Juste un ti-saut et après on fait plus rien…

Tiens, déjà fini la bière. C’est certain par cette chaleur. Une petite bière dure jamais longtemps. Faut pas oublier de bien s’hydrater et le pepsi, la bière tout ça c’est pas fameux, allez maintenant verse-toi un verre d’eau. Mais elle y met du temps l’eau du robinet pour devenir froide. C’est vrai qu’à cette chaleur… même la rivière est chaude.

Et pourquoi je ne fais jamais de glaçons donc ? Pourquoi cette lâcheté devant le fait de mettre un peu d'eau dans des carrés pour en faire des glaçons ? C’est pas la mer à boire me semble. Ah ! La mer, ce que ça serait bon de vivre près de la mer. Pourquoi être née au Québec ? Mais aujourd’hui, par cette chaleur, ça ferait tellement de bien d’ajouter des glaçons à cette eau trop chaude. Bon, merde alors, je boirai chaud ou plutôt tiède.

Ou est-ce que j’en étais déjà ? Ah oui, j’écrivais. Ça y est, je le sens. Je suis prête maintenant. Je sens qu’une idée vient. Elle est là. Oui, oui, oui ! Je viens, je viens. Il y a une idée tellement fantastique qui s’en vient que tous les lecteurs en auront sûrement un orgasme intellectuel. Quelle joie que d’écrire. Voilà, voilà…

Ah bon, regardez, le castor, il est revenu. Ce qu’elle travaille fort cette bête. Et quelle chaleur alors ! Il doit être bien dans l'eau le castor...

samedi 24 juillet 2010

Chroniques de l'ours lettré : La belle Angélique

La belle Angélique : Nadine Grelet

Esti que j'ai trouvé ça plate !

En tout cas, seul intérêt, au Salon du Livre l'auteure m'a affirmé que toute l'information contenue dans son livre était authentiquement authentique. Je me sens un peu coupable de pas avoir aimé ça, vous savez, une fois qu'on a parlé à l'auteure, on aimerait ben ça aimé ça, et lui dire qu'on a aimé ça. Mais bon, pas moi. Je m'excuse.

jeudi 22 juillet 2010

Chronique de l'ours lettré : Vacances anglaises

Vacances anglaises : Joseph Connolly

Avant, j'avais une règle en matière de lecture : si je m'ennuyais encore au bout de 50 pages, je jetais le livre par dessus bord. Mais je me suis aperçue que finalement, je lisais plus rien. Parce qu'il faut dire que beaucoup de livres finissent par nous accrocher après plusieurs pages. C'est le sort qu'aurait connu Vacances anglaises, de Joseph Connolly, si je n'avais changé mes perspectives de lecture.

J'ai lu ce livre tout d'abord, de petits bouts en petits bouts. Comme quand vous prenez votre douche avec des ti-morceaux de savon. Vous savez ! Vous voulez pas gaspiller. Vous prenez un ti-bout de savon, vous l'échappez dans le fond du bain, mais vous vous penchez et vous continuez ainsi jusqu'à ce que finalement vous soyez bien content d'être propre. Ben c'est ça. J'ai eu du mal à accrocher, à cause du style d'écriture. J'en lisais un peu, je m'ennuyais, je le laissais, je recommençais... Bref, beaucoup de détails, surtout sur ce que pensent les personnages. En plus, avec les traductions, on est certain de perdre de la saveur. Mais une fois que j'ai accroché, j'ai vraiment aimé. J'ai trouvé ça très drôle. Tellement, que maintenant, je me suis lancée dans la suite de ce livre avec "N'oublie pas mes petits souliers".

(prochaine et dernière critique : samedi le 22 juillet)

mercredi 21 juillet 2010

Chroniques de l'ours lettré : Évangéline et Gabriel

Évangéline et Gabriel

Cours d'histoire de secondaire trois. Je me souviens de la fois où les indiens avaient coupé la main d'un prêtre qui voulait les évangéliser. Je me souviens aussi de la déportation des Acadiens en 1755. Des dates et des événements. Mais à l'époque, je pensais pas que ces dates et ces événements avaient été vécus par du vrai monde ! Enfin, je connais des dates et des événements, mais pour l'avouer, il y a bien des histoires que je ne connais pas. Et même celle d'Évangéline... Je le sais, c'est honteux de ma part, malgré toute l'information qu'on a eue. C'est comme habiter à côté du stade olympique depuis 25 ans et de jamais avoir été le visiter. Qu'est-ce que tu veux, il va pas s'en aller, y'a du temps pour ça... Fait qu'on fait rien et on connait pas, tsé.

J'aime les livres d'histoires. J'ai adoré les Rois maudits que je relis aux cinq ans. J'écoute aussi les dvd de la série télévisée des années 70... faut quand même être faite fort, c'est du théâtre télévisé, c'est pas tout le monde qui peut endurer ça. J'adore ! Mais trop souvent, je dois dire, je tombe sur un livre dont l'héroine est une greluche, d'une beauté à faire flétrir les roses de jalousie, qui froufroute des jupons, n'espérant qu'une chose, se les faire relever. Faut dire que pendant longtemps les bobettes (slips pour les Français ! et pour les Anglais aussi me semble) n'existaient pas, ce qui était tout à fait pratique pour l'héroine en question.

Mais dans ce livre, c'est pas comme ça. Bon c'est pas Jeanne D'Arc qui lève les armes contre ces maudits Anglais, mais c'est bien écrit et l'histoire d'amour n'est pas quétaine du tout. De plus, c'est raconté avec beaucoup d'humanité ce qui nous fait découvrir l'ampleur du drame vécu par les Acadiens. Jusqu'aux ti-minous qu'on doit abandonner sans savoir ce qui va leur arriver... Je veux dire, si vous êtes du genre insensible à la misère humaine, là, vous allez vous faire avoir par les ti-minous...

Une bonne lecture d'été...

(prochaine critique : jeudi le 22 juillet)

lundi 19 juillet 2010

Chroniques de l'ours lettré : La reine des lectrices

La reine des lectrices : Alan Bennett

La reine Élizabeth ll abandonne peu à peu ses obligations pour se perdre dans les plaisirs de la lecture. Bon, si vous me demandez si cette histoire est vraie, je vous répondrai que vous devriez écouter davantage les nouvelles...

Est-ce que j'ai aimé ? Et bien oui et non. J'explique.

En lisant ce livre, j'avais l'impression d'avoir été convié à un repas où tout le monde se connaît et tout le monde se comprend avec peu de mots... sauf moi... En effet, il y a plein de références à des auteurs anglais que je ne connais pas et à tout moment je me demandais : Est-ce que je manque quelque chose là ? Mais cette fable (pour ceux qui sont pas branchés nouvelles, une FABLE !) est aussi dévouée au plaisir de la lecture et recèle des réflexions agréables à lire pour les amoureux des livres. C'est certain que je n'aurais pas enduré ça pendant 500 pages, mais ça se lit dans une petite soirée.

(prochaine critique : mercredi, le 21 juillet... l'été est donc ben avancé, ça a pas d'allure, ça passe trop vite !)

samedi 17 juillet 2010

Chroniques de l'ours lettré : Enfant 44

Petite semaine d'intermède à Montréal puisque mon chalet avait déjà été loué pour cette courte période. Il m'a donc fallu tout remballé, mettre Chat dans la cage, essuyé caca de Chat (par deux fois!) horrifié par la maudite cage, avant de reprendre le tout en sens inverse, une semaine plus tard, pour retourner au chalet. Ouin, pas fort mon affaire. Mais bon, on assume.

Je vous offre donc, pour la prochaine semaine, des petites chroniques de lecture d'été en attendant la suite de mes histoires de chalet. J'espère que vous apprécierez.

ENFANT 44 : TOM ROB SMITH

Il en faut du talent pour que je m'intéresse à une histoire se déroulant dans la Russie communiste de Staline ! Peut-être est-ce du aux trop nombreuses histoires de méchants russes qui attaquaient ces courageux et gentils américains, histoires ayant baigné que dis-je! noyé mon enfance. Ici, l'avantage c'est qu'il n'y a pas d'américains, même pas l'auteur qui, en fait, est Anglais ! Donc, pas de blonds aux yeux bleux qui s'élancent d'outre mer pour venir secourir un pauvre peuple martyrisé et opprimé. En plus, l'auteur est jeune (wow, et déjà plein de talent) et il est bien beau, ce qui n'ajoute rien à l'histoire mais, ma foi, ne lui enlève rien non plus !

J'ai entendu parler de ce livre lors de la sortie du deuxième roman de l'auteur, Tom Rob Smith, intitulé Kolyma. Mais comme à ma petite bibliothèque de quartier il est impossible de mettre la main sur une nouveauté avant au moins cinq ans, je me suis rabattue sur ce premier livre, surtout que les critiques étaient bonnes.

Et bien, je n'ai pas été déçue.  J'ai beaucoup aimé ce roman policier qui nous fait découvrir, à travers une intrigue bien ficelée, cette triste époque. Nous évoluons alors en même temps que le personnage principal de l'histoire, qui d'abord défend cette société corps et âme jusqu'à ce que, des événements noirs élèvent, peu à peu, sa conscience ...

J'ai hâte dans cinq ans pour le deuxième livre !

(la prochaine critique paraîtra lundi, le 19 juillet )

mercredi 14 juillet 2010

Pas peignée, pas maquillée, peux-tu sortir pareil (eilleeee... la la la)

(oui oui, on est encore dans mes histoires de vacances...)

Ce matin-là, je m’en fus au village dans un état, ma foi, qui aurait été jugé honteux par ma propre mère si elle avait encore été de ce monde.

- Mais, arranges-toi un peu ! aurait-elle commencé, lentement, calmement, méthodiquement à la manière d’un athlète s’élançant pour le saut en longueur et qui, peu à peu, finit par atteindre une vigueur et une force peu commune. Vas pas me faire honte devant tout le village, aurait-elle continué. Coup donc, me semble que je t’ai déjà enseigné c’est quoi du maquillage et à quoi ça sert un peigne… et ton chandail, tu as vu ton allure ? Une grosse tache de gras qui met tout de suite en évidence ton ventre qui, et bien qui … est quand même assez visible comme ça, pas besoin d’en rajouter ma pauvre fille.

Et comme à l’habitude, je l’aurais laissé dire, la misérable, puisqu’à une certaine époque elle n’avait que ça à faire, maudire avec amertume. Et aujourd’hui encore, quand j’y pense, je suis vraiment très très contente de ne pas être quelqu’un d’amer… je vous jure, je suis vraiment très, mais très contente.

Alors je m’en fus, dans cet état, au petit village, me disant que de toute façon, j’étais en vacances et qu’il était bien improbable, que dis-je, impossible que je puisse rencontrer une personne de ma connaissance et encore moins, une personne intéressante. Je sais, je sais, maudit snobisme de ville, me direz-vous, et à cela, je vous rétorquerai, mais non, je viens de la campagne mais je mets beaucoup d’efforts pour l’oublier. Et détrompez-vous, aucun lien avec une quelconque amertume de ma part. Vraiment aucun lien, je vous jure, je suis pas quelqu’un d’amer, vraiment pas.

C’était, vous l’aurez peut-être deviné par les dialogues que mon esprit entretenait avec lui-même, une journée où l’ennui semblait poindre son nez à la face même de mes vacances. Alors, ce soudain besoin de faire quelques commissions pour tenter de traverser les prochaines heures en faisant autre chose que de me demander ce que je faisais, là, toute seule comme une conne, au milieu de nulle part, vint à n’en pas douter, à point nommé. Et j’aurais l’air de ce que j’aurais l’air, je m’en foutais royalement.

Alors que pour traverser, je regardais en direction des quatre côtés d’un coin de rue afin m’assurer qu’aucun gros pick-up jaune tirant un quatre roues et un bateau à moteur ne venait vers moi, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre mon nom.

Oubliant mes cheveux en broussaille, ma face couleur de lait et ma grosse tache de gras sur mon ventre difforme, je me retournai dans un élan d’enthousiasme, enthousiasme, ma foi, que nul n’aurait pu croire, si je ne vous l’avais expressément mentionné ici, dans ce billet. J’avais en effet cru reconnaître, une vieille connaissance du Collège, ce sacré Fernando avec qui j’avais, moi et à peu près toutes les filles du Collège et par la suite, s’ensuivraient une horde de jeunes filles toutes issues de Montréal et de 16 régions du Québec, nous avions donc connu des nuits, disons, plus qu’affectueuses. Voilà, vous direz-vous, ce qui expliquait mon enthousiasme. Sans nul doute. C’était comme si mon cerveau avait depuis longtemps enregistré cette voix et était désormais préprogrammé pour éjecter une dose d’endorphines dès que j’entendais ce type de tonalité.

« Eh Fernando, vieille branche, que fais-tu ici ? »

« Hello !!! Travaillouse socialé. Ché souis enchanté dé té voir ici. »

Vous l’ai-je mentionné, Fernando, un italo-espagnol dont la famille avait un jour émigré en Russie communiste avant de s’expatrier à regrets au Canada, les Etats-Unis leur ayant refusé l’accès à cause d’une ridicule histoire familiale de mafia (pfff !), avait de ces accents à faire tourner les têtes mais aussi à vous garder les yeux rivés sur sa bouche sensuelle, tellement esti qu’on comprenait rien ! Alors pour les bienfaits de cette histoire, je vous épargnerai cette torture.

Bon, donc à la question, qu’est-ce que tu fais ici vieille branche, Fernando répondit.

« Allo !!! Travailleuse sociale. Je suis enchanté de te voir ici. Je suis venu pour affaires avant de quitter, avec ma femme et mes 5 enfants, pour le Guatemala, en vacances pour 3 semaines. Nous repartirons par la suite pour l’Australie pour un nouveau travail plus payant, parce que tu sais, avec seulement 300 000 $ par année, on tire le diable par la queue, comme vous dites ici, au Québec. (Non, au Québec, on dit pas ça, on le vit, on a les deux pieds dedans, c’est tout, mais on le dit pas.) Et toi, que fais-tu de bon ? »

Moi qui allait lui annoncer que j’avais trouvé un pot de beurre d’amandes pour 4,99$ au lieu de 10,99 $, une vraie aubaine quoi !, je me retins, telle une désespérée sur le bord de la falaise, afin d’éviter la catastrophe.

Bien sûr, puisque cette rencontre impromptue m’invitait à étaler, comme ça, sur un trottoir d’un petit village, en plein cœur de l’été, l’étendue de mes richesses à l’infini, j’aurais pu longuement parler de mon automobile, une 98, avec ses magnifiques trous garnissant les portières ! Ou encore de cet investissement si rentable qu’avait été mon frigidaire acquis par ma grand-mère qui l’avait par la suite vendu à ma tante avant d’atterrir dans ma somptueuse cuisine de mon 4 ½. Mais je n’en fis rien. J’aurais également pu lui raconter cette fois où j’ai acquis mon premier électroménager neuf, une magnifique laveuse, alors que ma poitrine à peine naissante, en était encore à ses premiers balbutiements, à 40 ans. Mais, encore une fois, je me retins.

Je préférai bafouiller du mieux que je pus, une réponse sans verbes ni articles espérant du fond du cœur n’avoir pas à étaler mon infortune.

«… épicerie … euh, yogourt nature… ? »

« Ah ! Tu possèdes une épicerie, et bien, c’est beaucoup de travail ça, encore beau que tu puisses parfois prendre des vacances. Mais j’imagine que tu dois avoir toute une armée de travailleurs à ton actif… Tu sais à notre âge, les fruits de notre labeur commencent tout de même à se voir. »

Je lui répondis d’un simple sourire ne sachant trop comment me dépêtrer de cette conversation embarrassante. Et ne rien dire, ne pas répondre, est-ce forcément mentir ? De plus, je me déculpabilisais en me disant qu’avec toutes les pintes de lait que j’avais acheté dans ma vie, j’aurais certainement pu, en acheter, une épicerie.

« Et tu fais quoi ici, dans ce petit village, t’es quand même pas venue juste pour passer des vacances dans ce trou à rat ? »

« Ben non, qu’est-ce que tu vas t’imaginer ? » me remis-je alors à parler avec des phrases pleines en reprenant un peu courage. Je euh, et bien, je euh,… je fais une recherche et je suis venue rencontrer un spécialiste en la matière. »

« Tu fais une recherche ? Que c’est intéressant ! Et sur quoi ? »


Avez-vous remarqué comment les personnes à qui vous ne voulez rien dire ou si vous préférez, tout taire, vous pose toujours les mauvaises questions ? Épuisée d’avoir à me défendre contre le vide de cette discussion, j’en perdis toute contenance.

« Et bien, je fais une recherche sur les Italo-espagnols ayant émigré en Russie avant de venir faire fortune au Canada. Sur leur comportement, tu sais, combien ils en foutent plein la gueule au plus paumé d’entre nous et qu’à la fin d’une conversation, on a juste envie de leur cracher dessus, histoire de leur retourner le mépris duquel… auquel… ils ont pour les autres… en tout cas, là je suis perdue, mais je me comprends. Fait que, ça te tentes-tu ? Hein ? Gros crisse de cave, ça te tentes-tu de faire partie de ma recherche ? »

« Dou calme, dou calme (c’est ça reprend-le ton accent, maudit innocent !) tou peux pas faire oune recherche dans cet état, tou seras pas assez objective. Tou sais moi, dans ma vie, j’en ai vécu des choses difficilé et particulièrement, lors d’un séjour au Maroc alors que j’étais vénou pour faire frouctifier mes affaires qui ne rapportaient qu’un maigre million dé dollars par année... (et bla et bla et bla …) »

Je ne comprenais pas comment, ce jour-là, un simple pot de beurre d’amandes avait pu me mener à cette pénible et interminable rencontre. Mais je compris que quoi que je dise, quoi que je fasse, il continuerait d’étaler sa réussite. Parce que comme vous le voyez dans cette histoire, peu importe les insultes, qu’il s’agisse d’étalement de richesse ou simplement de beurre d’amandes, certains savent s’y prendre et il y aura toujours des ti-morceaux qui vous resteront pris en travers de la gorge.

Qu’est-ce que je vous disais déjà ? Ah oui, ben contente de pas être amère, ben oui, ben contente… C’est ça, à plousss esti, à plousss !

samedi 10 juillet 2010

Mes vacances où donc ? oui, à la campagne...

Nous, commerçants, nous commerçons

Je débutai ma journée en me rendant dans un commerce pour animaux, enfin, ce qui me semblait être un commerce pour animaux puisqu’une pancarte s’affichait comme telle. Le premier choc en campagne, c’est que mis à part la fameuse pancarte, on a toujours l’impression d’entrer dans une maison privée. Suis-je à la bonne place ? Est-ce la bonne porte ? Je pris donc mon courage à deux mains, tournai la poignée et me retrouvai dans un endroit vide. Comme il n’y avait personne, j’en conclus que c’était vraisemblablement un commerce. En effet, si une vieille mémé s’était bercée près de la fenêtre, ma conclusion aurait été toute autre, mais là, c’était d’une évidence même. J’attendis qu’une personne daigne se pointer pour me servir. Et j’attendis, et j’attendis, ce qui prouvait bien que c’était un commerce, n’est-ce pas ? Après deux interminables minutes de cette attente, une femme surgit et me demanda gaiement « Est-ce qu’on peut vous aider ? ». Heureuse que j’étais d’avoir enfin quelqu’un qui s’intéresse à mon besoin, je répondis sans aucun délai « Oui, merci, je veux des balles molles pour mon chat. Sont en sorte de mousse. Je joue avec lui le matin et il ne prend que ces balles. » « On en a pas. » me répondit-elle, elle aussi, sans y mettre aucun délai.

Quelle surprise, me dis-je, sur un ton cyniquement intérieur. Car il faut dire que j’avais déjà quelques découvertes à mon actif en ce qui concerne les magasins de la campagne. La première question qu’il faut se poser c’est : Ça vas-tu être ouvert ? et lorsque par un heureux hasard, ça l’est, il faut alors se demander : Ils vont-tu en avoir ?

Et je repartis sans rien acheter pour me diriger, encore une fois, vers le bureau d’information touristique. Cette fois-ci, les lettres F-E-R-M-É étaient toujours inscrites sur la porte, mais on avait ajouté un autre message : « Pour les informations touristiques, rendez-vous à la SAAQ, à la porte d’à côté. » Je faisais face à la meilleure information que j’avais pu recevoir à date de ce bureau. Je me dirigeai donc vers la porte de la SAAQ, qui elle était située près de la bibliothèque et du bureau d’un conseiller financier. Tous ces commerces et services se juxtaposaient gaiement et n’étaient séparés que par de minces cloisons.

Une femme, assise devant son ordinateur, semblait très concentrée à trouver un problème, qui me semblait, de taille. Je me plaçai dans la file d’attente et me dis que ça ne devrait pas être très long, puisque j’étais toute seule.

- Oh, mauvais piton, s’exclama-t-elle, continuant de se concentrer sur ce qu’elle faisait.
- Oh, encore mauvais piton, continuait-elle en pianotant sur son clavier.
- Voyons, pas encore le bon, non, non, oui ! ça y est ! Enter, il fallait peser sur Enter !

Alors que les minutes qui passaient commençaient à effriter sérieusement ma patience et le simple fait de me retrouver seule, en ligne, m’empêchait de fuir sans me faire remarquer, mon tour vint finalement.

- Au suivant ! Bonjour madame, vous êtes notre deuxième cliente aujourd’hui. 

Ah oui, tiens donc, j’imagine que votre premier s’appelait Enter ! pensais-je laconiquement.

- Madame, je voudrais avoir des informations touristiques du bureau d’à côté. Il est fermé mais il est écrit de venir ici, à la SAAQ. Pouvez-vous m’aider ?

- Oui, revenez dans une heure, ils ouvrent dans une heure.

- Et pourquoi on inscrit de venir ici alors ?

- Pour que vous reveniez dans une heure.

Je revins une heure plus tard. En passant devant la porte de la SAAQ, je vis les mêmes inscriptions : F-E-R-M-É, allez frapper au bureau d’information touristique pour des informations. Lorsque je commis l’exploit d’entrer dans le fameux bureau, quelle ne fut pas ma surprise de revoir la même madame derrière le kiosque.

- Vous travaillez ici aussi ?

- Ben oui, c’est moi qui travaille dans tous les bureaux ici, à la SAAQ, à la bibliothèque, chez les conseillers financiers. Chaque bureau ouvre pendant une heure, successivement, c’est très simple, il faut simplement que vous reteniez les heures d’ouverture du service que vous avez besoin. En quoi puis-je vous aider ?

- En effet, si vous le pouvez, j’aimerais avoir des itinéraires de randonnées pédestres dans le coin.

- Ah boy, vous me prenez de court vous-là, attendez, je vais voir sur internet si je peux trouver quelque chose.

Et elle s’en retourna vers l’ordinateur avec ce qui me semblait être une hanche intermittente tellement il s’écoulait de temps entre chacun de ses pas.

- Ayoye, ils vous ont pas manqué les chirurgiens qui vous ont posé cette hanche ?  dis-je, avec compassion, histoire de faire agréablement la conversation.

- Je me suis pas fait opérer,me répondit-elle de ses yeux outrés.

- Je vous demande absolument pardon, quelle bévue, excusez-moi. Mais c’est que vous avez du en vouloir à votre mère de vous avoir mis au monde, comme ça, avec ce handicap ? Pauvre vous. 

C’est dans ce type de situation qu’on devrait pouvoir dire « La madame était pas contente. » Elle ne répondit pas. Probablement pour contenir sa colère. Ouvrir la moindre brèche devait représenter un certain danger de trop laisser couler sa rage, trop vivement.

Elle revint.

- Écouter, je sais pas ce que vous cherchez, mais moi, personnellement, la plus belle randonnée que j’ai fait, c’était sur le Mont-Royal. C’est donc beau le Mont-Royal ! Cette beauté sauvage au milieu d’une telle frénésie citadine, c’est sans nom, je vous jure. J’ai jamais rien vu de beau comme ça par ici.

- Vous voulez rire de moi ? Je veux pas aller à Montréal, je veux visiter la région. !

- Bon, bien si madame fait la difficile pour probablement voir des ti-oiseaux et des bêtes, voici un autre endroit. Vous faites 50 milles en auto au Nord, prenez votre vélo pour un autre 20 milles sur la même rue, vous allez voir les autos passent pas, ensuite, vous arrivez près d’un chemin de terre, allez-y à pied, vous marchez environ 3 milles jusqu'à une maison jaune, vous tournez à droite, vous allez voir une pancarte : Attention, Chien méchant. C’est le début du sentier. Vous pouvez alors marcher pendant au moins 1 bon demi-mille. »

- Et un mille, ça fait combien en kilomètres ?

- C’est un bureau d’information touristique, madame, pas une école. De toute façon, vous allez devoir m’excuser, on ferme. Faut que j’aille ouvrir la bibliothèque. Bon séjour parmi nous !

Ouin. Ca va être le fun c’t’été ! pensais-je. J’aurais pu aller chercher des informations complémentaires à la bibliothèque, mais un je ne sais quoi me retint.

Et c’est comme ça en campagne. Alors qu’en ville, notre cynisme n’a à peu près jamais d’impact fâcheux sur notre vie, en campagne, il s’agit d’une seule personne, vous vous mettez à dos une seule personne et vous venez d’affecter la qualité d’au moins quatre services qui auraient pu vous être utiles. Quelle poisse ! Et pourquoi donc tous ces gens sourient-ils encore et encore ? C’est certainement qu’une fois qu’ils ont réussi à trouver un magasin ouvert et que le produit ou service voulu existe bel et bien, ils doivent certainement sourire pour être certain qu’une fois traverser tous ces obstacles, et bien, ils vont l’avoir la patente qui leur manquait !

mercredi 7 juillet 2010

La campagne, encore et encore... mon Dieu, c'est ben long des vacances de prof !

Qu’est-ce que le bucolique ?

Le bucolique c’est d’avoir le temps pour s’inquiéter pour les deux castors qui viennent passer des journées entières devant ton chalet, parce que tu les as pas vus depuis quatre jours. Mais que font-ils ? À quoi pensent-ils ? Leur est-il arrivé malheur ? Cet atelier d’ébénisterie n’est-il qu’un loisir alors qu’ils travaillent à plein temps pour une compagnie de bois qui les exploitent ? Voilà, je fais de l’anxiété de castor ! Et voilà ce que c’est, encore, que de s’attacher à quelqu’un qui ne te connaît pas. Suis-je encore dans l’illusion de la relation ? Quand donc apprendrais-je cette leçon de vie que je ne cesse de me répéter, apprends à connaître avant de t’attacher. Et que ferais-je quand ils me reviendront ? Continuerais-je, rassurée de les voir, de les observer sans mot dire ou tenterais-je un simple bonjour au risque de les voir disparaître à nouveau ? Encore une fois, je suis envahie par des questions sans nul autre intérêt que de passer le temps, c’est un peu ça le bucolique.

Le bucolique c’est de pouvoir admirer la marmotte qui flâne sur mon terrain avec ses deux petits et de se dire, qu’ils sont donc mignons ! Je ne m’étais jamais aperçue qu’une marmotte puisse être si jolie, avec son petit museau et son air de regarder nulle part. Mais qu’a-t-elle donc de si différent pour que je sois en si grande pâmoison devant elle, qu’a-t-elle de si différent de la marmotte de ville ? Est-ce le simple fait qu’elle soit plus mince ? Mon obsession du poids prend-elle ici encore une place lorsque je fais face à la gent animale ? Quelle horreur ! Ne me quittera-t-elle donc jamais ? Ou n’est-ce pas plutôt le fait qu’ici, au fond des bois, à brouter toute la journée, elle me semble beaucoup plus en forme et en santé, que celles de Montréal, sur le bord du chemin, écrasées !

Le bucolique n’est-il pas de se faire engueuler par un vieux bonhomme au volant d’un pick-up (et cette expression, pick-up, n’est-elle pas en elle-même, extrêmement bucolique ?) de me faire engueuler, dis-je, parce qu’il est sorti de sa cour sans regarder et que si je ne l’avais vu, si je n’avais freiner à temps, il m’eut été probable de le frapper alors que je roulais à une vitesse folle de 40 km/heure sur cette route à la sortie du village limitée à 50 km/heure ? Vieux taré ! C’est bucolique en esti ça !

Le bucolique c’est d’admirer en pédalant, tout ce qu’il est impossible de voir lorsque nous roulons en auto, telles ces poules avec leurs poussins, ces deux lamas cachés derrière les chevaux, ce gros Saint-Bernard, heureusement trop paresseux pour pourchasser mes roues, cet autre gros chien qui sort sans crier gare de sa cachette avec l’intention ferme de te bouffer sans qu’il ne reste un seul morceau de ta bonne humeur qui avait si bien débuter ta journée. Le bucolique c’est de pouvoir admirer tout ça en suant à grosses gouttes parce que la région est pas mal plus montagneuse qu’il n’y paraissait à prime abord, de suer pendant que les camions te dépassent sans te voir et qu’il ne reste que le gravier (mou et sableux comme de la marde) pour sauver ta peau parce que c’est tout ce qu’il y a sur le bord de la route et que tu finis ta journée avec le cul en feu parce que ta selle, et bien ta selle, n’occupe que le tiers de tes énormes fesses…

Le bucolique n’est-il pas de se retrouver en file indienne derrière Madame Lavallée qui conduit, ma foi, fort prudemment depuis son accident de l’an dernier qui lui a valu cette nouvelle prothèse en vitre en lieu et place de son œil droit. Désormais, Madame Lavallée roule très lentement, ne pouvant voir dans l’angle de son œil mort, roulant à la moitié de la vitesse permise ayant perdu 50% de sa vision. Le bucolique est irrémédiablement, de rouler en file indienne derrière Madame Lavallée et de ne rien penser, de ne pas klaxonner, de ne pas dépasser et de n’avoir même pas l’idée de se lamenter puisque nous avons le temps pour faire tout autrement. Et cette Madame Lavallée à qui l’on permet de continuer à rouler parce qu’un jour lointain, elle fût la seule maîtresse d’école du village, enseignant à ti-Gilles, devenu maintenant médecin et qui, craignant encore de se retrouver chez le directeur, n’aborde jamais, lors des visites médicales, cette possible éventualité de n’avoir plus les capacités de conduire… Bravo Madame Lavallée pour votre courage bien que je ne puisse en dire autant de ti-gilles !

Le bucolique n’est-il pas d’avoir le temps d’écrire tout ça sans se demander l’heure qu’il est, sans se demander ce qui vient après, ce que l’on doit faire pour arriver à temps pour le travail ; l’épicerie, le lavage, le ménage, tout ça peut attendre, mais attendre quoi, je ne pourrais le dire exactement puisqu’il n’y a plus rien à attendre. EN VÉRITÉ, N’EST-CE PAS QUE CELA, ÇA, ET RIEN D’AUTRE QUE ÇA, QUE LE BUCOLIQUE, DITES-MOI ?

samedi 3 juillet 2010

Encore la campagne...

Chapitre quatre (euh, c’est quoi au juste c’t’histoire de chapitre ?)

Un sourire désarmant si charmant

Tout débuta un mercredi. De toute façon, en vacances, je me sens toujours comme un mercredi parce que c’est normalement, la seule journée de la semaine où je me sens en forme. Le lundi, je suis fatiguée de ma fin de semaine et n’ai pu m’endormir tôt en raison du stress de début de semaine, le mardi, je récupère du lundi, le jeudi, le stress de la semaine de travail commence à tomber, entraînant avec lui tout ce qui me reste de mon énergie, et le vendredi, je vous dis pas le vendredi, j’ai tellement hâte à la fin de semaine… Et la fin de semaine me demanderez-vous ? Et bien, je récupère de ma difficile semaine. Alors, le mercredi, comme par enchantement, tout semble s’équilibrer.

Donc, un mercredi, ce devait forcément être un mercredi, vers deux heures, je me dirigeai vers le bureau d’information touristique du moins petit village. Sur la porte, étaient inscrites les lettres suivantes : F-E-R-M-É. Ne sachant trop ce que cela pouvait bien signifier, j’insistai en frappant vigoureusement à la porte. Alors, tel un cauchemar où l’on doit absolument vous ouvrir ET VITE ! parce que vous êtes poursuivie par des zombies, personne ne vint me répondre. Quelle sotte je faisais, comment avais-je pu penser qu’un mercredi après-midi, 14 heures, un bureau, quel qu’il soit, pouvait être ouvert ! S’il y a apparence de services équivalents à ceux de la ville dans les moins petits villages, il est ma fois bien rare de trouver l’heure à laquelle ils sont véritablement disponibles.

Je m’en fus, dépitée, en me disant que je réessaierais le lendemain, un mercredi, afin d’obtenir les précieuses informations touristiques qui pourraient enjoliver mon été dans cette région sauvage. Je m’en retournais vers mon automobile lorsque je le vis soudain, dans toute sa splendeur, qui me souriait.

« Bonjour ! »

Quoi bonjour ? pensais-je. Il me veut quoi celui là ? Il y a un asile dans le coin ? Il s’en est échappé ? Bonjour, bonjour… Un obsédé sexuel qui se fout pas mal de l’âge de sa victime ? Le salaud, s’attaquer de la sorte à une vieille. Mon sang ne fît qu’un tour. Je vais lui montrer de quel bois je me chauffe à cet idiot.

Un signe de dédain sur mes lèvres, le sourire cynique, le nez en l’air, je lui répondis avec mes yeux froids comme mon frigidaire, ayant l’air de dire « Tu veux ma photo ? » et je passai mon chemin très très vite. Je voulais bien me défendre contre son impertinence, mais il était tout de même foutrement bien baraqué cet homme, alors nul besoin de prendre quelle que chance que ce soit de me faire physiquement agresser.

Je m’en retournai au chalet et oubliai cette journée si décevante.

Le lendemain, je revins sur place, mercredi 14 heures. Toujours fermé ce bureau. Mais heureusement, le beau jeune « agresseur au bonjour » au sourire enjôleur ne s’y trouvait plus. Il avait du comprendre la leçon. Je m’en fus donc à l’épicerie pour passer le reste de ma journée lorsqu’un autre magnifique jeune homme, me sourit de plus belle. Cette fois, mon cœur s’emballa. Il y avait si longtemps que de tels biceps, si parfaits, si symétriques, ne m’avaient sourit. J’en étais toute secouée, je n’arrivais soudain plus à réfléchir ni même à me défendre. L’air totalement idiot, je lui retournai son sourire en répondant le plus naturellement du monde à sa question. « Oui, oui, c’est mon auto, je me déplace immédiatement pour que vous puissiez mettre vos provisions dans votre sensuel pick-up noir. »

Wow ! Pour une fois que je faisais face à autre chose qu’un ti-vieux avec un casque de tricycle sur la tête entrain d’acheter des couches au Jean-Coutu ! Cela me remuait grandement en même temps que j’en étais flattée. Je retournai au chalet pour me reposer et mettre mes idées en ordre.

Mais qu’avaient-ils tous ces habitants ? Une épidémie de folie courait-elle sans que j’en sois informée ? Il faut vous avouer que je ne m’intéresse pas beaucoup aux nouvelles depuis le début de ces vacances. Mon sex-appeal était-il remonté à la surface sans que je m’en aperçoive ? Mais ils étaient si jeunes et si beaux et moi j’étais si, j’étais si, enfin, j’étais si moi ! Il m’était tout à fait impossible d’expliquer leur comportement, trop troublée que j’étais à calmer mon émoi. Et comme à l’habitude lorsqu’un événement vient me bousculer, je tentai de refouler ces émotions trop vives au tréfonds de mon âme. « Ils ne recherchent rien d’autre que la nouveauté, y’a pratiquement personne qui vit par ici. Un simple amusement, une banale histoire à raconter à la fin des vacances. Rien de rien. Ou encore pire, ils sont déprimés, totalement désespérés de vivre dans cet endroit si tranquille, sans activités, sans festival d’été…»

Mais malgré mes efforts, rien n’y fît. Je pouvais bien mettre de l’ordre dans mon cerveau, ça ne servait à rien puisque mon corps était sans dessus dessous. Avais-je manqué la chance de ma vie ? Cet homme pouvait-il être l’élu de mon cœur, le compagnon de ma route, l’amant de mes ardeurs ? Si seulement j’avais dit une chose intelligente. Je sais pas moi, habitez-vous dans la région ? Êtes-vous visiteur ou résident permanent ? Venez-vous ici pour affaires ? Bon, il aurait peut-être pu se croire aux douanes, mais au moins, nous aurions pu entamer une conversation et qui sait où cela aurait-il pu nous mener. Je l’ai laissé filer et je m’en voulais. Il me fallait faire quelque chose pour découvrir le sens de ce sourire.

Dussé-je passer le reste de mes jours à l’épicerie, je me jurai que je le retrouverais. Dussé-je le torturer en caressant pendant des heures sa formidable poitrine, je trouverais bien le moyen de lui faire avouer pourquoi, ce mercredi-là, il m’avait si gentiment et si sexuellement sourit. Dussé-je lui faire très mal en gonflant de ma bouche ses parties intimes de plaisir jusqu’à qu’il crie grâce ! Dussé-je entourer sa taille de mes fortes cuisses, lui démontrant alors à quoi ça sert des cuisses qui sont obligées de monter des maudites côtes à vélo pour se rendre au chalet ! Et j’imaginais des nuits entières de délicieuses tortures lorsque je tentai de me résonner.

Bon, calme tes hormones ma vieille. Pour l’instant, y’a personne icitte à part un chat pis toi. Le dernier recensement local avait évalué la population à deux personnes, la propriétaire et son mari, et la population saisonnière grimpait quant à elle, à trois, avec moi. On pouvait également compter deux castors, une marmotte et ses deux petits (sont tellement cutes !), un ours imaginaire, quelques chevaux et deux lamas. Pas de quoi satisfaire des envies de plaisirs sensuels au milieu des bois. Calme-toi, calme-toi, concentre-toi sur les castors, non, pas sur leur grosse queue, mais sur leurs dents, leur travail minutieux…

Mes efforts furent vains, il me fallait entreprendre ma quête pour retrouver cette bête qui provoquait mon rut et découvrir la vérité sur ce sourire. Je repartis donc de plus belle, le surlendemain, mercredi, pour le retrouver.

La première personne que je rencontrai, fut une femme d’un certain âge, qui me dit « bonjour », avec un sourire éclatant. Et je compris. Je faisais face à un défi de taille m’obligeant vraisemblablement à m’adapter à ce nouvel environnement. Et oui, il me faudrait m’habituer au fait qu’ici, et bien ici, les gens se saluent et sourient.
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