Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Alors bonne lecture !

Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

samedi 26 mars 2011

Encore trois jours plus tard ...

Cricri Duquesne, humiliée par la réaction sauvage du sauvage technicien de labo, informaticien et ancien garagiste, Coucou Charbonneau, resta prostrée 3 jours sur son divan à successivement pleurer, ruminer, enrager et manger ses émotions. Au troisième jour, elle se déplia. Trois jours de congé de maladie alors qu'elle travaillait dans ce nouveau bureau de détectives humains lui semblait tout de même suffisant. En deux semaines de travail (en temps ouvrable), elle avait fait une enquête sur la question du lundi " Pis qu'essé que t'as fait en fin de semaine ? ", (total : 5 jours ou si vous préférez, 10 moitié de lundis), avait attendu trois jours les résultats du labo (total  : 3 jours) et avait pris un congé de maladie (total : 3 jours). C'était à peine croyable, mais même dans la police, elle travaillait davantage.

Cependant qu'elle se préparait à aller au travail en maquillant ses yeux gonflés d'avoir trop pleuré et ses lèvres gercées d'avoir trop parlé à elle-même, elle se ressassait ses éternelles questions. Pourquoi avait-elle laissé ce crétin lui parler comme ça ? Pourquoi n'avait-elle pas réagit ? Et pourquoi dans ces moments, je ne trouve jamais de réponse appropriée ? J'aurais du lui répondre que j'étais un être humain et que je méritais le respect. J'aurais bien du lui dire que je n'accepterais jamais de me faire parler de cette façon fusse-t-il le génie de la lampe, le gros cave à tête enflée...

C'était toujours le même problème, la réponse lui venait toujours trop tard. Mais cette fois-ci, elle allait entrer au bureau la tête haute, fière d'être ce qu'elle est et pas comme le gros porc sal. Voilà, elle allait le saler ce gros porc !!!  Elle s'y voyait déjà. Elle s'en irait directement dans son bureau pour lui dire ses quatre vérités. Il allait voir de quel bois elle se chaufferait... Il aurait tellement honte de sa réaction qu'il lui mendirait des excuses à genou, le salopard. Et là, elle aurait sa revanche, il aurait beau se confondre en excuses, elle lui ferait sa grosse face de mépris et elle se vengerait en ne lui répondant pas. Ce qui signifiait bien sûr que jamais, elle ne lui pardonnerait.

Ce matin-là, si on compte bien, 5 jours d'enquête, 3 jours d'attente des résultats du labo, 3 jours de maladie, ce qui fait 11 jours de temps ouvrable après le début de ce nouveau travail, en excluant les fins de semaine, sur une période de disons à peu près deux mois,  nous étions donc un mardi. On la vit entrer dans l'immeuble. Rien ne semblait différer de ses journées habituelles, pourtant, quelqu'un d'avisé aurait remarqué ses légers rictus camouflant d'immenses efforts pour cacher le fait qu'elle avait des gaz. Elle voulait par dessus tout se contenir se détestant de ne pas pouvoir simplement régler ses comptes sans être envahie par tant de stress et d'anxiété. Elle se dirigea vers le bureau de Charbonneau et voici ce qui se passa.

- " Bonjour chère collègue ! J'espère que rien de grave ne vous est arrivé et de tout coeur, je souhaite que vous alliez mieux. Si ce n'est pas le cas, j'ai la solution idéale qui entraînera j'en suis certain, un mieux-être de votre personne. Les résultats du labo sont probants. J'ai découvert un fait incroyable concernant votre enquête sur les meurtriers en série qui posent la question du lundi matin " Pis qu'essé que t'as fait en fin de semaine ? " enchaîna Coucou, un brin trop énergique, trop enthousiaste et sans lui laisser le temps de placer la moindre syllabe. Situation étrange puiqu'on se demande bien à quoi il enchaînait ses paroles puisque les mots du début n'étaient attaché à rien.

Cricri, une fois de plus décontenancée, perdît la parole. Finalement... elle trouvait que le timing de régler ses comptes était largement dépassé et n'osant surtout s'avouer qu'elle était tout de même un peu soulagée de ne rien faire (encore une fois), ne sut que dire. 

Coucou profita de ce silence.

- " Il y a effectivement un lien entre les victimes de la question du lundi matin. Pourquoi, toutes les victimes de façon indistincte, répondent-elle à la question ? Pourquoi croyez-vous que personne n'oppose la moindre résistance en aucune situation ? "

Cricri haussa les épaules; les seuls mots qu'elle pouvait prononcer furent des mots de non-verbal...

- " Parce que la question est insignifiante. Comment opposer une résistance dans une situation où il n'y a aucune agression ? La réponse à votre enquête n'est donc pas dans la question mais dans la réponse !!! Pas mal comme résultat n'est-ce pas ? "  

- " Coucou, s'entendit-elle prononcer. Vous êtes un génie ! (Merde ! Merde ! Merde !  Qu'est-ce que je suis entrain de dire là ? s'entendit-elle penser.)

Mais ce cri du coeur de sa première découverte en tant que détective humaine fut plus fort que la rancoeur qu'elle éprouvait pour Charbonneau. Sa priorité numéro un en cet instant était d'arrêter le coupable des questions du lundi matin. En ce qui concerne Charbonneau, son moment viendrait. En cela, elle préférait la pensée italienne et haïtienne indiquant que la vie est une boucle et que les situations ne s'éloignent jamais définitivement de nous, mais se présentent constamment à nouveau sur notre chemin. À vrai dire, dans le cas de Cricri, cette philosophie valait mille fois mieux que la pensée nord-américaine linéaire voulant que tout événement avait un début, un déroulement et une fin. Cela voudrait dire qu'elle en laissait bien trop passer... Alors, un jour, elle se vengerait, elle le savait. Mais pour l'instant, elle avait une enquête à boucler. 

À suivre...  

mercredi 23 mars 2011

Trois jours plus tard...

Impatiente, le coeur plein d'espoir et surtout d'impatience d'avoir attendu trois longues journées avant de recevoir le résultat de la Senstrifugeuse, qui rappelons-le, doit lui indiquer s'il existe un lien entre les victimes du meurtrier en série qui pose ses questions du lundi matin (Pis qu'essé que t'as fait en fin de semaine ?) ; Cricri Duquesne se dirige allègrement vers le bureau du technicien du labo, informaticien et ancien garagiste, Coucou Charbonneau.

- " Alors " demande-t-elle avec un enthousiame débordant. "Des résultats sont sortis de mes scènes de crimes ?".

- " Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? " répond Charbonneau.

- " Euh... pardon ? " fit Cricri interloquée... " Vous m'aviez indiqué de revenir dans trois jours pour le résultat de mes tests. Alors s.v.p. j'aimerais connaître ce qu'il en est précisément. " formula-t-elle, hésitante.  

- " VOUS CROYEZ QUE JE SUIS VOTRE BONNICHE ? FOUTEZ-MOI LA PAIX ! AUJOURD'HUI J'AI MON QUOTA DE RÉPONSES DÉJÀ DONNÉES !!!!! " hurle Coucou tout bonnement et semble-t-il à Cricri, gratuitement.

Surprise, décontenancée par tant de colère et d'agressivité, ne comprenant pas ce qui justifie un tel comportement à son égard, Cricri s'en retourne vers son bureau. "Mais qu'est-ce que j'ai dit ? Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ? Pourquoi cela m'arrive-t-il ? "

Tant de questions sans réponses. Traumatisée, elle s'assoit devant son ordinateur. " Surtout, ne rien montrer. Garder la tête hors de l'eau. Me concentrer sur mon ordinateur. Faire naître des mots à la place des larmes. Peu importe s'ils ont un sens, les faire défiler pour ne pas m'éclater, m'anéantir.  Ne pas me désintégrer dans cet endroit, aujourd'hui, si froid, si impersonnel. Concentre-toi. Concentre-toi. Tu es une femme forte. Il ne t'est rien arrivé, rien qu'un crétin qui t'as gueulé dessus pour rien. Mais pourquoi cela m'affecte-t-il autant ? Pourquoi je ne peux réagir comme les autres, sans y accorder d'importance ? Et pourquoi n'ai-je pas trouvé la force de me défendre ? Non, concentre-toi. Arrête de penser. Tes pensées te conduiront trop vite à ton coeur et là, là, la désintégration de ton être... Serre les dents. Regarde l'écran. Place une pierre au lieu de la boule qui creuse ton coeur. " 

Devant de telles réactions de colère et même de violence prétendront certains, Cricri se transformait en un être sans défense aucune. Elle redevenait l'enfant qui faisait tout pour plaire à ce père agressif et jamais satisfait. Réagir à l'agression par la colère, c'était rejeter celui qu'elle avait aimé malgré la violence qu'il lui faisait subir. Se défendre signifiait rejeter l'autre avec la même arme avec laquelle on l'avait agressé pendant des années. Non, rien, devant de tels comportements, elle n'y pouvait rien. Elle n'était qu'une femme handicapée, paralysée et souffrante. Elle ne souhaitait qu'une chose en ce moment, que les heures se déroulent avec l'espoir qu'elles mettraient une distance entre son coeur et cet événement douloureux. Ces interminables heures constituées d'insupportables minutes se déroulant au rythme d'incalculables secondes.

Les heures se succédèrent enfin jusqu'à ce qu'elle puisse finalement quitter ce bureau maudit. Mettre une distance temps entre elle et Charbonneau. Mettre une distance d'espace entre elle et cet événement. Retourner chez soi. Le seul endroit sécure où l'on ne viendrait pas la maltraiter. Ni l'humilier. Se rouler en boules, pleurer, laisser s'épancher la douleur de tant d'années de violence cumulées. Et elle se vautra dans son fauteuil préféré, pleura au son de la voix douce et enveloppante de Bobby Bazzini, espérant que tout cela ne serait bientôt qu'un mauvais rêve. Mais elle savait que le pire viendrait. Elle savait qu'elle retournerait devant cet agresseur, devant camoufler sa douleur, agissant comme s'il ne s'était rien passé alors qu'elle aurait encore longtemps mal à son intégrité non seulement d'avoir été maltraitée mais de concevoir que pour l'autre, il ne s'était en fait rien passé.

À suivre.

dimanche 20 mars 2011

L'enquête sur les lundi matin

Si on se souvient bien, Voracio Crane, l'homme brun du bureau de détectives humains, a donné comme toute première mission à Cricri Duquesne de répondre à une question existentielle, qui l'exaspère au plus haut point :

Pourquoi tous les lundi matins, les gens demandent-ils " Pis qu'esse-que t'as fait en fin de semaine ?" et que peux-t-on leur répondre ? Ce qui exaspérait Voracio c'est qu'en tant qu'homme brun, ses fins de semaine étaient toujours pareilles, constamment égales l'une à l'autre. Toujours le même emploi du temps. Alors que devait-il répondre ? Toujours la même chose ? Esquiver la question ? Toute cette situation lui prenait beaucoup d'énergie mentale et gâchait littéralement son dimanche soir, tellement il anticipait ce moment maudit du lundi. Cette situation qui perdurait depuis des années avait selon lui assez duré. Il lui fallait trancher la question une fois pour toutes. Et qui de mieux que cette détective Cricri pour venir l'aider à répondre à ce questionnement, toujours au nom du grand patron, LA VÉRITÉ !...

Cricri ne fit ni une ni deux et passa immédiatement à l'action. Avec les moyens hautement technologiques de son nouveau bureau, elle ouvrit son ordinateur et élabora un curriculum vitae qui lui permis de se faire engager comme livreuse d'eau chez Baya. Vous savez l'eau qui coule gratuitement dans nos montagnes et qu'on embouteille dans des grosses bouteilles pour les vendre à gros prix et dans lesquelles s'accumulent plein de bactéries parce qu'il y a jamais personne qui veut laver le refroidisseur ? Ben c'est ça qu'elle faisait, elle livrait donc ces bouteilles le lundi matin, le jour des livraisons, avec comme intention ferme de surprendre des discussions à la volée. Voici ce qu'elle surprit comme conversations. 

 Dans une entreprise de comptables :

- " Pis qu'essé que t'as fait en fin de semaine ? "
- " Ben pas grand chose, j'ai fait du ménage, du lavage, j'ai nettoyé mes planchers, écouter la télé, flatter mon chat, taponner sur internet, fait l'épicerie et de la bouffe pour commencer la semaine."
-" Pis toi, qu'esse que t'as faite?"
- " Moi non plus pas grand chose, ça ressemble à toi."
( Ben quoi, y'a des femmes aussi comme comptables...).

Dans une entreprise de vêtements :

- " Et puis, qu'essé que vous avez faite ce week end les filles ? "
- " Ah, et bien moi, tout plein de belles choses, j'ai fait du ménage, du lavage, j'ai nettoyé mes planchers, écouter la télé, flatter mon chat, bizouner sur internet, fait l'épicerie et de la nourriture pour cette semaine.... "
- " Pas mal pareille pour moi " répondit la deuxième vendeuse. Et vous patronne, qu'avez-vous fait ? "
- " Ah, moi aussi ma fin de semaine fût aussi palpitante que la vôtre !"

Au cirque du soleil :

- " Alors Serguei, comment s'est déroulé ta fin de semaine ? "
- " Et bien moi j'ai pratiqué un nouveau mouvement qui consiste à faire un grand écart debout et toucher le plafond avec une jambe alors que l'autre est sur le plancher pendant que je faisais le ménage, le lavage, le nettoyage des planchers écouter la télé, flatter mon chat, aller sur des sites xxx sur internet, faire l'épicerie et cuisiner pour ma semaine. Et toi ? "
- " Ben moi, rien de spécial, j'ai fait le clown."


Dans la tour de Londres, sous le règne d'Henri Vlll :

- " Alors ma reine, que fites-vous cette fin de semaine ? "
- " Je m'ennuyasse pas mal dans le cachot dans lequel vous me mîtes pour me punir de mon adultère. Mais je vous jure que la fin de semaine prochaine je vais m'organiser pour faire des folleries. "
- " Faites des folleries ma mie, mais attention de ne pas perdre la tête ! "
- " Sage conseil Henri, sage conseil. Mais vous le savez, je l'ai perdu le jour où je vous aperçutes sur votre flamboyant cheval, lequel se logeait fièrement entre vos cuisses fermes. "
- " C'est ça, c'est ça. Reluquez mes cuisses tant que vous le voulez, bientôt j'admirerai votre tête sur un plateau de par les crimes que vous avez commis."
- " Mais Henri, jamais ne sera détachée ma tête de mon cou pour la seule et bonne raison que je ne suis pas coupable ! "

Après avoir fait le tour minutieusement de ces quatre scènes de crime et amassé les plus d'éléments possible pour son enquête, la détective humaine Cricri Duquesne s'en retourna à son bureau. Elle étala son matériel sur sa table de travail. Le plus important dans une enquête, est de ne rien laisser au hasard. Un meurtrier en série des questions du lundi matin sévissait sur la ville. Toujours le même mode opératoire, ce qui laissait supposer que ces crimes étaient commis par le même suspect. Cependant, une question demeurait, existait-il un lien entre les victimes ? Et comment le meurtrier des questions du lundi matin, les choisissait-il ?

C'était le temps de faire intervenir Coucou Charbonneau, technicien du labo et informaticien de formation, sans oublier ses antécédents de garagiste ...

- " Je vois qu'il manque un élément clé pour élucider votre enquête, Cricri. L'élément commun à tous ces crimes du lundi matin. Laissez-moi passer vos scènes au spectromètre de masse psychologique. Ainsi, vous ouvrez ce gros bidon gris devant vous plein de pitons, des gros, des petits, des "à tourner", des "à enfoncer" et  plein de trous et y déposez une éprouvette avec les éléments de preuve de chaque scène de crime. Avec une minutie incroyable, nous en nettoierons le sens en les passant à la senstrifugeuse. Après cette manoeuvre difficile, il ne nous restera que les éléments fondamentaux de l'affaire en question. "

- " Ah, je comprends, marmonna Cricri qui ne comprenait pas un traître mot quand il s'agissait de Coucou Charbonneau. Faites de votre mieux et donnez-moi les résultats. "

- " Voilà, tout le matériel est maintenant dans le gros bidon. Reculez-vous Cricri. Cette machine peut parfois être infernale. Et nous ne voulons pas qu'il arrive quelque chose à vos artères fémorales... (Impressionnant, en une page, tout le vocabulaire de 8 saisons de CSI a été utilisé... quel exploit)."

- " Mais qu'est-ce que mes artères fémorales ont à voir là-dedans ?" questionne Cricri interloquée par cette information.

- " C'est que je suis certain que la réponse va vous scier les jambes ! "

- " Ah bon. C'est rassurant ou pas ? "

- " Trève d'explications. Revenez dans 3 jours pour voir les résultats de la Senstrifugeuse ou si vous préférez pour la populace, le gros bidon gris avec des boutons et des trous. "

- " Et qu'est-ce que je fais pendant ce temps-là ? Trois jours ? Idéalement, je dois trouver une solution avant lundi prochain. Sinon, Voracio passera encore un mauvais dimanche soir. "

- " C'est ici qu'interviennent vos anciennes conditions de trvail de policière. Allez manger des beignes, allez dormir dans votre char, allez flasher vos lumières pour faire peur aux p'tites madames anxieuses dans leur char... on s'en fout. Mais allez-vous en et revenez dans 3 jours. "

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Eille lecteur, tu sais pas lire ? REVIENS DANS TROIS JOURS !!!!!





samedi 19 mars 2011

La nouvelle équipe de Cricri Duquesne




( Mais qui a volé l'encre noire ?  Absolument pas professionnel ce blogue... )

dimanche 13 mars 2011

La relâche

Je commence ma semaine de relâche alors soyez patients pour mes textes. Ils sont en gestation. Je me sens comme l'hiver, entrain d'achever... Mais je ne vous oublie pas et bientôt vous connaîtrez la nouvelle équipe de Cricri Duquesne ainsi que les résultats de sa toute nouvelle enquête !

dimanche 6 mars 2011

L'offre.... prise 2

Alors voilà. Cricri décide de faire face à sa crainte qu'Horacio lui coure après, ainsi qu'à celle que tout homme, qu'il soit brun, rose, gros, petit, court, grand, sal, puant, intelligent, ti-jo connaissant et mettez-en, donc que tout être humain de sexe masculin puisse s'intéresser à elle, elle relance Voracio Crane afin de connaître la fameuse offre qu'il veut lui faire.

Au pire, se dit-elle, s'il veut vraiment sortir avec moi, je n'aurai qu'à perdre connaissance dans le restaurant. Cela créera une diversion suffisamment grande pour passer à un autre sujet immédiatement après le malaise.

En se rendant au restaurant, elle est nerveuse. Elle se demande si le simple fait qu'elle a lancé l'invitation indique que c'est à elle de payer. Et si elle paye, Voracio interprètera-t-il la situation comme si elle s'attend à ce qu'il couche avec elle ? Shit, je déteste les situations de restaurant s'écrie-t-elle intérieurement.  Et puis, il y a aussi l'obstacle du pourboire. Combien dois-je donner pour ne pas passer ni pour une cheap, ni pour une snob ? Je déteste les restaurants . Pour se consoler, elle se dit qu'une invitation à la maison serait bien plus compliquée. Il y a la cuisine qui est tout près de sa chambre à coucher. Il faut dire que dans son 4 et demi, tout endroit se trouve tout près de la chambre à coucher. Et quand un homme entre chez toi, comment peut-on lui indiquer qu'on est pas intéressé ? Hein ? Je ne peux pas perdre connaissance, il va m'emmener direct dans le lit. Je ne peux pas partir à la course, on est chez moi ! Shit, je déteste les situations d'appartement s'écrie-t-elle encore une fois intérieurement. Et puis, il y a le ménage. Jusqu'à quel niveau doit-on frotter partout pour qu'on soit vu comme étant une femme distinguée, propre et accueillante ?

Elle est bientôt arrivée au restaurant Chez Roger, le roi de la poutine. Elle se promet de ne pas s'étendre sur quelque sujet que ce soit, manger sa maudite poutine et partir le plus loin possible à la fin du repas." Shit, je déteste les situations impliquant des humains " s'écrie-t-elle toujours intérieurement.

Enfin arrivée au restaurant, les mains moites, le coeur qui bat à une vitesse folle, le visage rouge d'effroi, elle aperçoit Voracio qui vient vers elle.  Seigneur, qu'il est laid. Seigneur, faites que mon trouble ne se voit pas. Seigneur, viens à la rescousse d'une pauvre brebis qui va à la rencontre du grand méchant loup. Seigneur, pis mange dont de la shnoutte ! depuis le temps que je te parle et que tu fais rien, je sais pas pourquoi je continue à délirer sur ton compte... en tout cas, Seigneur, si tu existes vraiment, fais-moi un signe.

-" Vous êtes en beauté aujourd'hui, chère Cricri " lui sourit Voracio.

"Noooooooooooooooooooooooooooooooooooonnnnn!" s'hurle-t-elle intérieurement à elle-même. "Est-ce déjà le temps de perdre connaissance ?" 

- " Me... me... me... me... merci " réussit-elle à bégayer.  "Ve...ve....ve....ve.... nons-en au but" continue-t-elle. "Lorsque nous nous sommes vues la semaine dernière, vous aviez une offre à me faire. Je suis pr... pr.... pr.... prête à l'entendre...." alors qu'elle  sent fondre son courage, telle une guimauve sur feu de bois, à l'intérieur d'elle-même.

- " Vous ne voulez pas un verre de vin avant votre poutine Cricri ? Il me semble que nous devrions prendre le temps de nous connaître un peu. Après tout, la soirée est jeune."

- " Écoutez, arrêtez vos simagrées. Dites-moi ce que vous me voulez que je puisse continuer à écouter ma télé sans être dérangée par des pensées fabulatrices."

- " Vous vous êtes remise de la fin du Rêve de Diana ?"

- " Difficilement, je dois dire. Et le calvaire ne fait que continuer. D'autres séries télévisées prennent fin. Sans laisser de trace, The boarder haute surveillance. Mais ça c'est moins grave, ça se passe  quand même juste à Toronto. Vous savez qu'on menace la Tour du CN c'est pas plus grave que le stade olympique. Allez-vous finir par me parler de votre offre ? "

- " Voilà j'y arrive. Hum, elle est bien bonne cette poutine. Dommage que nous n'ayons pas un peu de vin, cela viendrait couronner cette soirée comme une grande réussite. Enfin, passons. Ce que je vous demande, c'est de venir travailler avec moi.... "

- " NON' JE NE SUIS PAS INTÉRESSÉE À COUCHER AVEC VOUS !!!... " coupe Cricri, au bord de la crise de nerfs. " Euh, quoi ? Travailler avec vous ? "

- " Ne vous inquiétez pas pour votre corps, je n'aime pas les femmes allumettes. Je préfère les femmes rondes. Mais je veux travailler avec vous. Malgré vos erreurs passées dans la police et votre démotion du poste d'enquêteure jusqu'au secrétariat pour avoir laissé exploser le stade olympique, je sais que vous avez un talent naturel pour analyser les situations, poser les bonnes questions, tenter de comprendre les comportements humains. Alors venez avec moi, venez travailler comme détective humaine. "

- " Qu'est-ce que c'est qu'une détective humaine ? "

- " Mon travail consiste à enquêter sur le comportement humain. Étant donné la complexité de l'âme humaine et l'ampleur du travail, nous sommes quelques associés qui tentont de trouver des réponses à certaines questions d'une importance capitale. "

- " Je ne comprends pas. Mais à quoi cela sert-il au juste de répondre à ces questions ? Et d'abord, pour qui travaillez-vous? "

- " Si vous acceptez de venir travailler avec nous, votre tâche sera de répondre aux questions que je vous poserai en observant les humains. Mais il vous sera interdit de poser des questions. Et surtout, vous ne devrez pas chercher à savoir pour qui nous travaillons. Cette information doit demeurer confidentielle. Il en va de la sécurité nationale et de votre sécurité personnelle cela va sans dire. Notre patron se cache sous un pseudonyme, vous devrez l'appeler, LA VÉRITÉ. "

- " Tout cela est bien mystérieux. Et qu'est-ce que j'y gagne à changer d'emploi ? Vous savez, dans la police, j'ai une sécurité d'emploi, j'ai des congés longs comme le bras et la matraque, je peux dormir dans mes pauses, ce qui me garantit un teint de pêche et je suis professeur de français pour les aspirants policiers, ce qui me garantie un emploi à vie... " .

- " Les conditions salariales sont les mêmes. Pour les autres avantages, vous pourrez enseigner vos découvertes à nos aspirants détectives humains. Et pour le reste, le sens du travail accompli au nom de LA VÉRITÉ devrait vous suffire. "

- " Et vous avez une idée de ma première mission ? "

Voracio lui tend un papier.

- " Votre première mission est de découvrir, pourquoi, le lundi matin, tout le monde demande tout le temps aux autres " Pis qu'est-ce que t'as fait en fin de semaine ?" Vous devez également trouver la meilleure réponse. J'en ai marre de ce scénario qui recommence constamment à chaque semaine. "

- " Très bien, j'accepte votre offre ! " s'exclame-t-elle, serrant la main qu'il lui présente.  

- " Passez à nos bureaux pour signer votre contrat et rencontrer vos nouveaux collègues. Et je vous rappelle, ne cherchez pas à savoir qui se cache derrière LA VÉRITÉ. Ce serait beaucoup trop dangereux. "

- "Entendu " lui sourit-elle tout en se disant intérieurement qu'elle finirait bien par le découvrir. Le défi de ce nouveau travail étant d'autant plus intéressant...

Et elle le regarde partir, dans ses pantalons et chemise brunes, avec sa grande mâchoire et ses énormes favoris. D'une part, soulagée qu'il ne s'intéresse pas à elle, elle ressent tout de même un pincement au coeur. Mais qu'est-ce qui cloche chez moi ? Pourquoi aucun homme ne s'intéresse à moi ? Elle commence presque à le voir d'un oeil nouveau. Le simple fait qu'il ne s'intéresse pas à elle suffit à le rendre intéressant....  Il n'est peut-être pas si mal que ça finalement...

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