Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Alors bonne lecture !

Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

mercredi 25 janvier 2012

Cute !

source : kuvaton.com

Bonne journée,

TS



samedi 21 janvier 2012

Fin endormante zzzz.....

Et non, je n'ai pas de fin surprenante à vous présenter. Pas de surprises folles, pas de hauts et de bas. Depuis que j'ai suivi  cette thérapie cognitivo-comportementale, je dors. Je dors comme il y a longtemps que je n'ai pas dormi. J'ai amélioré non seulement les heures de sommeil mais également la qualité ou ce qu'on appelle le sommeil profond. Mes mauvaises nuits d'aujourd'hui ressemblent à mes meilleures nuits d'avant ce qui n'est pas peu dire. 

Je suis cependant un peu fragile sur certains aspects. Il suffit que je me réveille trop tôt pour que je me demande si ça recommence, si tout ceci n'était qu'un beau rêve sorti tout droit de mon imagination. Alors le cauchemar d'être éveillée la nuit me semble à ma porte... C'est ainsi que j'ai pris la décision de définitivement rayer le temps de mes nuits. Exit le cadran entre 11h00 et 6h00. Étonnamment, la psyché joue un rôle très important en ce sens que l'impression irréaliste d'avoir dormi est plus importante que de savoir réellement que j'ai peu dormi. Ne pas connaître la réalité me réconforte. Le sentiment d'avoir suffisamment dormi peu importe la vérité m'empêche de broyer du noir dans ma journée ce qui améliore d'autant mon niveau d'énergie . 

Autre impact important, mes journées et mes nuits sont courtes. Auparavant, le temps était une notion interminable. Il me semblait qu'une vie entière devait être ce qui se rapprochait le plus de l'infini. Je traînais ma vie comme une peau de misère. Je passais mes journées à vouloir aller me coucher et mes nuits à espérer qu'elles se terminent enfin. Maintenant, je suis étonnée dès que le soir arrive, il me semble que tout a passé trop vite. De même, lorsque le matin se lève, malgré la sensation de repos, il me semble que je viens tout juste de m'allonger, m'étirer et de bailler, préludes essentiels à mon repos nocturne. Je perds la notion du temps. Ou plus simplement, je dois m'adapter à une nouvelle notion qui file à trop grande allure. 

Une fin endormante, voilà ce que révèle cette histoire. Mais malgré son ennui pour le lecteur, pour rien au monde je n'y changerais quoi que ce soit. Parce que c'est la seule que j'espérais. 

TS

jeudi 12 janvier 2012

Les consignes

- " Eh! Sal con ! Espèce d'enculé ! Pourquoi t'attends comme ça ? Tu vois pas que je suis entrain de me retourner pour m'installer dans cette place de stationnement ?"

Ah Ah ! Je lui aurais fait dire pas mal fort si ma fenêtre d'auto n'avait pas été fermée. Que voulez-vous, hiver oblige et la rage au volant se passe surtout à l'intérieur. Alors, refusant la bagarre sur laquelle je ne fais que fantasmer, je vais me garer ailleurs. Une autre fois, peut-être, je me battrai pour vrai. Pour prendre cette place. Une place de stationnement à laquelle j'attacherai mon honneur. Je fêterai ma victoire dans la gloire... Le manque de sommeil me fait délirer, me confine dans les bas-fonds de ma colère qui fait rage dans mon être. 

Ces thérapeutes du sommeil pouvaient bien être gentils. Pas besoin d'être méchants, les techniques en elles-mêmes font le travail. Pour rétablir le sommeil, rien de plus facile ! Simplement te torturer en t'en privant jusqu'à ce que ton esprit hurle de désespoir en attendant désespérément le moment d'aller se coucher. La technique de privation du sommeil ouais, quelle belle invention. Je suspecte une actualisation des techniques de torture des camps de concentration nazis !!! Vous trouvez que j'exagère ? Allez vous faire f... 

La belle affaire. Rester au lit maximum 6 heures. Ne pas dormir dans le jour sauf maximum 45 minutes entre 12h00 et 15h00. Ne pas manger copieux, surtout le soir. Ne pas regarder l'heure de toute la nuit. Faire de l'auto-training (technique de méditation) deux fois par jour. Fermer l'ordinateur au moins une heure avant le coucher puisque la lumière de l'ordinateur empêche la production de mélatonine, essentielle au sommeil. Ne pas rester éveillée au lit plus de 15 minutes, se lever, faire une activité ennuyante pendant au maximum 30 minutes, retourner se coucher et recommencer si on ne trouve pas le sommeil. 

Et continuer sa vie comme si de rien n'était en étant plus fatiguée que le temps où on ne dormait pas. Travailler en ayant une seule idée en tête, aller dormir. M'allonger, juste un tout petit peu. Pas longtemps, juste le temps de reprendre un peu le contrôle de ma destinée. Mais devoir faire face à la culpabilité au retour de la thérapie de groupe. "Vous prenez un engagement envers nous en respectant ces consignes et également mais surtout, un engagement envers vous. Si vous n'êtes pas en mesure de respecter ces consignes dans le cadre d'une thérapie, il y a fort à parier que vous ne pourrez pas les pratiquer seul, lorsque vous en aurez besoin." Cette simple phrase me revient en tête constamment. Respecter les consignes à tout prix et ne pas pouvoir mentir, même un petit peu puisque c'est aussi se mentir à soi-même. Comme pour mon beau-père diabétique qui se gavait constamment de desserts sauf la semaine précédent sa prise de sang d'où il revenait très fier. "Mon sucre est beau ! Mon sucre est beau !" Et rebelotte dans les sucreries. Je trouvais ça idiot. Mais maintenant je comprenais qu'on puisse avoir envie de se mentir ainsi, se fuir soi-même puisque la réalité est trop cruelle à supporter. Dormir, se rassurer que c'est normal, qu'on ne peut tout de même pas endurer si longtemps cette torture. Implorer même à genoux.  "S.V.P. je m'excuse, je ne le referai plus jamais." Une thérapie ressentie comme une punition. Une fatigue qui te ramène à tes états d'enfant punie qui regrette ce qu'elle a bien pu faire même si elle ne le comprend pas vraiment. 

Mais dormir maintenant c'était s'assurer ne plus jamais dormir du tout et ça non, c'était ce que je devais éviter absolument. Je devais tenir le coup. Pour mon sommeil, pour ma santé mentale future, finalement, pour moi. Souffrir pour dormir. 

Alors je continue. Coucher à la même heure, lever à la même heure. Je traîne ma peau de fatigue. J'attendrai 5 semaines juste pour voir si ça va fonctionner. 5 semaines avant de voir des résultats, c'est ce qu'ils ont dit.  Je le ferai, j'irai jusqu'au bout, parce qu'après, si ça ne fonctionne pas, le bout me paraît encore plus vide que maintenant. Et je continue à gueuler contre le savoir-vivre des citadins. Comme cette saleté qui me coupe dans une sortie d'autoroute. En fait, c'est ma chance (ou ma malchance). J'ai de quoi faire...  

dimanche 1 janvier 2012

Séance no. 1

Je revins à la maison, après ma première session de thérapie, le coeur plutôt léger. Non pas que ce fût une expérience agréable mais j'avais trouvé nos nouveaux thérapeutes du sommeil plutôt gentils. Nous étions 9 autour de cette table. La réunion se déroula en deux parties.

"Bonjour, je me présente, je m'appelle Ping et voici mon assistant, Pong. Bienvenue à ce nouveau groupe de thérapie cognitivo-comportemental sur le sommeil. Nous aurons ensemble 6 rencontres. La session se déroulera donc sur 5 semaines. En deuxième partie, nous vous exposerons des consignes très claires à suivre pendant toute la session. Nous aurons également pour vous de la théorie en lien avec le sommeil afin que vous compreniez la logique derrière ces consignes. Mais avant toute chose, nous allons faire un tour de table afin de mieux vous connaître. Voulez-vous décliner vos noms et les problèmes que vous vivez entourant vos nuits. "

Je déteste les tours de table. Dès que j'entends cette expression, je deviens subitement paniquée. Sans savoir pourquoi, mon coeur s'emballe. Mes mains deviennent moites. Ils me donnent l'impression d'avoir à entrer en scène alors que je ne me suis pas préparée. Un acteur qui vient d'apprendre qu'il a la chance de jouer le rôle de sa vie sans avoir de temps pour pratiquer. Et je cultive mon tract pendant que les autres parlent et égrènent  ce chapelet de paroles qui se déroule jusqu'à moi. Et soudainement, j'entends des futilités. Et oh ! merde ! je me rends compte qu'elles viennent de moi.

" Moi je ne dors jamais ! (Jamais ? lamentable, personne ne dort jamais.) Euh, je ne dors pas longtemps. (Mieux mais pas encore au point.) Je dors vite le soir, me réveille vers 3h00 du matin et je ne me rendors pas souvent. (Hum, mais où sont donc toutes ces pensées que je voulais dire au monde entier, ces nuits de misère à me torturer de ne pas dormir. Ce désespoir, comment le dire ? Rien ne sort, que des mots plats.) Mon objectif ? Euh, dormir ? À quoi je pense la nuit ? Euh, à me rendormir ? "

- " Parfait, madame TS. J'espère que nous allons pouvoir vous aider. "

" Et j'espère que les chances sont plus grandes que celles de pouvoir simplement espérer." 

Je fus étonnée de constater qu'à peu de choses près, nous vivions tous la même chose. Des heures à ruminer au lit en essayant de forcer ce qui normalement devrait s'inscrire tout naturellement dans notre corps. Et à force de forcer, nous en perdons toutes nos forces. Et c'est à ce moment que le monstrueux réveil sonne, signalant le retour forcé à un travail qui semble sans intérêt lorsqu'il nous manque ces précieux instants de récupération. Un cerveau au ralenti. Un corps meurtri d'avoir resté éveillée trop longtemps. Des nuits entières à espérer dormir, des jours entiers à prier pour rester éveillé. Et pour tous, cela dure depuis nombreuses années. Ce qui nous parait des siècles. Enfin pour presque tous.

Parce qu'il y en a bien une qui a des problèmes que depuis 2 ans. 2 ANS !!!! Et elle est déjà dans ce groupe du bout du monde ? De la solution finale ? Et pourquoi moi je n'y ai pas été orientée plus tôt ? Et maintenant, elle ose avouer qu'elle dort depuis quelques semaines ? Hein ? Depuis qu'elle a quitté son chum, déménagée dans un nouvel endroit ? ELLE DORT !!!! Je la déteste simplement pour ça, pour le fait qu'elle dort, je la déteste... Prenez cette pauvre dame qui ne dort pas depuis 25 ans... Elle, elle le mérite d'être ici, ELLE. Elle a sué pour y arriver. Quelle dame ? Celle qui parle sans arrêt de tout de rien, de sommeil, de réveil, de cannelloni, de tomates, d'écureuils... mais faites-là dormir qu'elle se taise un peu, rien qu'un tout petit peu...



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