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Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

samedi 26 mars 2011

Encore trois jours plus tard ...

Cricri Duquesne, humiliée par la réaction sauvage du sauvage technicien de labo, informaticien et ancien garagiste, Coucou Charbonneau, resta prostrée 3 jours sur son divan à successivement pleurer, ruminer, enrager et manger ses émotions. Au troisième jour, elle se déplia. Trois jours de congé de maladie alors qu'elle travaillait dans ce nouveau bureau de détectives humains lui semblait tout de même suffisant. En deux semaines de travail (en temps ouvrable), elle avait fait une enquête sur la question du lundi " Pis qu'essé que t'as fait en fin de semaine ? ", (total : 5 jours ou si vous préférez, 10 moitié de lundis), avait attendu trois jours les résultats du labo (total  : 3 jours) et avait pris un congé de maladie (total : 3 jours). C'était à peine croyable, mais même dans la police, elle travaillait davantage.

Cependant qu'elle se préparait à aller au travail en maquillant ses yeux gonflés d'avoir trop pleuré et ses lèvres gercées d'avoir trop parlé à elle-même, elle se ressassait ses éternelles questions. Pourquoi avait-elle laissé ce crétin lui parler comme ça ? Pourquoi n'avait-elle pas réagit ? Et pourquoi dans ces moments, je ne trouve jamais de réponse appropriée ? J'aurais du lui répondre que j'étais un être humain et que je méritais le respect. J'aurais bien du lui dire que je n'accepterais jamais de me faire parler de cette façon fusse-t-il le génie de la lampe, le gros cave à tête enflée...

C'était toujours le même problème, la réponse lui venait toujours trop tard. Mais cette fois-ci, elle allait entrer au bureau la tête haute, fière d'être ce qu'elle est et pas comme le gros porc sal. Voilà, elle allait le saler ce gros porc !!!  Elle s'y voyait déjà. Elle s'en irait directement dans son bureau pour lui dire ses quatre vérités. Il allait voir de quel bois elle se chaufferait... Il aurait tellement honte de sa réaction qu'il lui mendirait des excuses à genou, le salopard. Et là, elle aurait sa revanche, il aurait beau se confondre en excuses, elle lui ferait sa grosse face de mépris et elle se vengerait en ne lui répondant pas. Ce qui signifiait bien sûr que jamais, elle ne lui pardonnerait.

Ce matin-là, si on compte bien, 5 jours d'enquête, 3 jours d'attente des résultats du labo, 3 jours de maladie, ce qui fait 11 jours de temps ouvrable après le début de ce nouveau travail, en excluant les fins de semaine, sur une période de disons à peu près deux mois,  nous étions donc un mardi. On la vit entrer dans l'immeuble. Rien ne semblait différer de ses journées habituelles, pourtant, quelqu'un d'avisé aurait remarqué ses légers rictus camouflant d'immenses efforts pour cacher le fait qu'elle avait des gaz. Elle voulait par dessus tout se contenir se détestant de ne pas pouvoir simplement régler ses comptes sans être envahie par tant de stress et d'anxiété. Elle se dirigea vers le bureau de Charbonneau et voici ce qui se passa.

- " Bonjour chère collègue ! J'espère que rien de grave ne vous est arrivé et de tout coeur, je souhaite que vous alliez mieux. Si ce n'est pas le cas, j'ai la solution idéale qui entraînera j'en suis certain, un mieux-être de votre personne. Les résultats du labo sont probants. J'ai découvert un fait incroyable concernant votre enquête sur les meurtriers en série qui posent la question du lundi matin " Pis qu'essé que t'as fait en fin de semaine ? " enchaîna Coucou, un brin trop énergique, trop enthousiaste et sans lui laisser le temps de placer la moindre syllabe. Situation étrange puiqu'on se demande bien à quoi il enchaînait ses paroles puisque les mots du début n'étaient attaché à rien.

Cricri, une fois de plus décontenancée, perdît la parole. Finalement... elle trouvait que le timing de régler ses comptes était largement dépassé et n'osant surtout s'avouer qu'elle était tout de même un peu soulagée de ne rien faire (encore une fois), ne sut que dire. 

Coucou profita de ce silence.

- " Il y a effectivement un lien entre les victimes de la question du lundi matin. Pourquoi, toutes les victimes de façon indistincte, répondent-elle à la question ? Pourquoi croyez-vous que personne n'oppose la moindre résistance en aucune situation ? "

Cricri haussa les épaules; les seuls mots qu'elle pouvait prononcer furent des mots de non-verbal...

- " Parce que la question est insignifiante. Comment opposer une résistance dans une situation où il n'y a aucune agression ? La réponse à votre enquête n'est donc pas dans la question mais dans la réponse !!! Pas mal comme résultat n'est-ce pas ? "  

- " Coucou, s'entendit-elle prononcer. Vous êtes un génie ! (Merde ! Merde ! Merde !  Qu'est-ce que je suis entrain de dire là ? s'entendit-elle penser.)

Mais ce cri du coeur de sa première découverte en tant que détective humaine fut plus fort que la rancoeur qu'elle éprouvait pour Charbonneau. Sa priorité numéro un en cet instant était d'arrêter le coupable des questions du lundi matin. En ce qui concerne Charbonneau, son moment viendrait. En cela, elle préférait la pensée italienne et haïtienne indiquant que la vie est une boucle et que les situations ne s'éloignent jamais définitivement de nous, mais se présentent constamment à nouveau sur notre chemin. À vrai dire, dans le cas de Cricri, cette philosophie valait mille fois mieux que la pensée nord-américaine linéaire voulant que tout événement avait un début, un déroulement et une fin. Cela voudrait dire qu'elle en laissait bien trop passer... Alors, un jour, elle se vengerait, elle le savait. Mais pour l'instant, elle avait une enquête à boucler. 

À suivre...  

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