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Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

dimanche 15 mai 2011

La suite de l'enquête sur l'hygiène du sexe

Un prince ! Elle avait rencontré un prince italien à l'épicerie ! Un prince wow !

Elle en était convaincue, c'était bel et bien un prince. Après tout, les contes de fées existaient vraiment et pas que pour les autres, pour elle également. Tasse-toi de là Kate ! Ton histoire n'est rien à côté de celle qui attend la belle et filiforme Cricri. Bientôt, elle arborerait une magnifique robe de mariée au jardin botanique. Peut-être qu'il lui serait bien inutile de remplacer le réservoir d'essence de son auto qui fuyait depuis une semaine. À quoi bon ! Elle passerait le reste de sa vie à se promener en carosse ! Bien sûr, malgré son nouveau statut de princesse italienne, elle resterait elle-même. Elle aurait bien quelques oeuvres de bienfaisance pour aider la basse populace mais elle continuerait tout de même à travailler. Personne d'autre n'avait le talent pour solutionner ses enquêtes humaines. Surtout, ne pas perdre sa carte d'affaires avec l'image des biscuits. Toute cette histoire lui mettait l'eau à la bouche.

Donc, la balle était dans son camp. Elle devait le rappeler pendant la semaine pour prendre rendez-vous. C'est lui qui s'en était assuré. " Vous allez me rappeler, n'est-ce pas ? " . " OK " avait-elle répondu, un peu bêtement. Mais elle avait tout de même répondu "OK" ce qui n'était pas rien de la part d'une femme allumette qui ne s'était pas embrasée depuis belle lurette.

Maintenant, elle devait laisser passer trois jours règlementaires avant de rappeler. La chose est bien connue de tous; moins de trois jours et tu passes pour une désespérée. Plus de trois jours et on te croit trop indépendante. Trois jours à se demander qui allait vraiment lui répondre au bout du fil. Trois jours d'angoisse à l'idée qu'il puisse changer d'idée. Trois jours c'était bien assez pour se faire remplacer par une autre princesse, qui elle, serait véritablement issue de sang royal. Peut-être qu'il ne voudrait pas cette nouvelle sang bleue mais trois jours étaient amplement suffisant à sa famille de le convaincre de prendre une épouse pure.

Bon, dans trois jours, elle appellerait. Mais que lui dirait-elle ? Elle avait perdu l'expérience de ces choses. " Allo, c'est moé ! " trop basse classe. " Bonjour, je suis celle ayant attiré votre attention entre les cannes de pois et les soupes aux nouilles. " Hum, mieux. Mais était-elle la seule ce jour là ? Peut-être avait-il laissé sa carte à une autre, plus belle, dont la splendeur se reflétait dans le bleu du jus de raisin ! Ou cette autre plus chaude qui magasinait dans les réfrigérateurs... Et que lui répondrait-il ? Et s'il ne la reconnaissait pas ?

Et bon Dieu, chose encore plus difficile, s'il y avait bien un premier rendez-vous, que porterait-elle ? Il était hors de question de coucher le premier soir. Jamais. On connaissait que trop bien le sort réservé à la belle Marie Boleyn, la soeur d'Anne ayant été la maîtresse d'Henri Vlll... Et bien oui. Elle n'était jamais devenue reine, alors que la belle Anne, s'étant refusée à Henri pendant les fréquentations, avait augmenté son désir jusqu'à lui faire rompre ses liens avec le PAPE ! Cricri n'en demandait pas tant, surtout à un italien, mais il était exclu qu'elle couche le premier soir. Elle avait cependant un peu peur de se laisser fléchir par une soirée qu'elle espérait enchanteresse, probablement agrémentée par un vin  joyeux (d'une qualité supérieure, issu d'une des nombreuses caves d'un château! ) et sûrement couronnée par " Ça te tentes-tu qu'on se revoye ? "...

Bon, non, non de non, elle ne céderait pas sur ce point. Son avenir en dépendait trop. Elle serait princesse ou elle ne serait rien. Et pour ne pas céder, elle possédait l'arme idéale. Des grandes bobettes. Des bobettes si grandes et si hautes qu'elle mourrait de honte de savoir qu'un jour, on puisse les avoir vues. Elle allait les porter comme on porte une ceinture de chasteté dans les contes de sorcières. Et elle savait qu'elle résisterait. Mais en même temps se dit-elle, on dirait que je vais manquer de confiance en moi avec ça sur le dos... Comment avoir confiance en son pouvoir de séduction lorsqu'on est aussi peu armé ? Elle avait encore du temps devant elle pour réfléchir à cette énigme qui pour l'instant demandait trop de concentration. Elle avait des morceaux de cerveaux qui s'éparpillaient partout dans la galaxie et il lui était impossible de solutionner quelque problème que ce soit. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle ne devait pas laisser passer cette occasion. Voilà, c'est tout. Elle devait trouver le courage de rappeler après trois jours même s'il ne savait plus qui elle était. Même si la chose était trop belle pour être vraie. Bon, c'était décidé, elle attendrait encore un peu avant de se débarrasser de son auto. Juste comme ça. Au cas où...

C'est ça, dans trois jours, elle l'appellerait. Trois jours pour se préparer mentalement. Préparer une liste de sujets de conversation au téléphone. Les vacances... non, il va penser que tu fais déjà des projets... euh, mon chat ? ça fait looser un peu quand même...  Son travail, elle allait parler de son travail... Enfin, dans trois jours, elle l'appellerait. Et oui, c'est ça, dans trois jours, elle espérait en avoir le courage...

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