Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

samedi 17 octobre 2009

Le voyage à Paris

Le journal plié sous le bras, il sortit de la voiture. Lunettes noires, béret assorti à ses souliers, maintenant il pouvait enfin faire ce qu’il désirait depuis un certain temps, "jouer au Français". Jérémie, 7 ans, revenait d’un long voyage de deux semaines à Paris avec ses parents. Son père, ayant dû s’y rendre pour affaire, avait décidé d’y emmener toute la famille. Pendant ces deux interminables semaines, Jérémie avait parcouru les rues de la ville avec sa mère alors que son père travaillait. Il en avait vu des choses. Des musées, des églises, des rues, des cafés. Il avait vu des statues avec les bras en l’air, les bras baissés, agenouillées et d’autres avec du sang dessiné sur les mains. Mais c’était un peu ridicule, une statue ne pouvait pas saigner ! Même les châteaux qu’il rêvait de voir depuis longtemps l’avaient déçu. Certains n’avaient pas beaucoup de meubles. De plus, une clôture lui bloquait le plus souvent l’accès aux appartements et il ne pouvait même pas aller jouer dans les différentes pièces du château. Il ne pouvait que regarder des tableaux de vieux messieurs et de vieilles madames qui étaient morts depuis bien longtemps. Il ne voyait absolument pas ce que tout cela avait de formidable. Il lui semblait qu’aucun endroit dans cette ville ne décelait un seul jeu vidéo, un ordinateur ou même une télévision avec une émission intéressante ! Rien. Une fois, ses parents avaient accepté de l’emmener au Macdonald, mais quelle déception, c’était un faux. Il n’y avait même pas de croquettes de poulet !

De plus, il ne comprenait pas pourquoi ces visites étaient si tristes. En entrant dans un nouvel endroit, sa mère, le plus souvent les yeux pleins d’eau, s’exclamait : " Comme c’est beau! "…  
"À quoi bon venir de si loin pour marcher pendant des heures et voir sa mère pleurer!", se demandait Jérémie.

La seule chose qu’il avait trouvé intéressante était les habitants de Paris, les Français. Jérémie les trouvait très drôles avec leur accent. Lorsqu’ils se parlaient, ils se chicanaient très souvent, mais eux, ne s’enfuyaient pas et ne pleuraient pas comme son amie Marie, qui elle, détestait la bagarre. Il faut dire qu’elle était bien petite Marie, elle n’avait que 5 ans. Cependant, chaque fois qu’il voulait jouer au français, Jérémie était perplexe devant l’attitude de sa mère qui ne pouvait s’empêcher de rire en le grondant. Elle lui disait alors : " Attends donc d’être revenu au Québec ! ".
Et maintenant, il y était. Et maintenant, plus personne ne le retiendrait de jouer au Français. Il prit l’accent :

" Alors ça va ? "
" Oui, bof, hein, bof, y faut hein ".

" Non, mais t’as vu la tronche qu’il a ? ".
" Ouais, y’a une tronche de dégonflé! " .

Il sentit soudain une main sur son épaule et se retourna. Son voisin, un géant de 13 ans mesurant au moins 5 pieds, le regarda méchamment dans les yeux et hurla :

" Mais tu te moques de moi ma parole ! Tu crois vraiment que, vous les Québécois, n’avez pas d’accent? Depuis 5 ans que je vis au Québec je n’ai jamais ri de vous moi, alors pourquoi tu te moques ainsi des Français? "

" Je ne me moque pas, je joue au Français, tête de noix ", lui répondit Jérémie.

" Et en plus, tu m’insultes ? Non mais ma parole, on aura tout vu. Viens ici je te colle une baffe… ".

Jérémie ne savait pas ce qu’était une baffe mais il réussit à s’enfuir en soupçonnant que ça n’avait rien de vraiment intéressant. Il courut, courut et courut. Il espérait retrouver rapidement la sécurité de sa maison. Mais il courut tellement loin qu’il se retrouva sur une drôle de rue, une rue pareille aux rues de Paris, avec ses cafés, ses vieilles maisons…

Le premier passant qu’il rencontra lui dit :

"Non, mais, tu te moques des Français avec ton béret et tes lunettes…tu mérites une punition!"
" C’est pas vrai, je me moque pas, je joue au Français ! "

" C’est la même chose, jouer et se moquer! Tu vas voir ce que tu vas voir… " dit l’homme en empoignant Jérémy par le col et en le hissant à deux pieds du sol. Il leva alors sa baguette de pain très haut et voulut donner une fessée à Jérémie.

" Non ! Non! Non! " hurla-t-il…
Jérémie se réveilla soudain. Sa couverture suintait d’humidité. Il avait fait un cauchemar. Le faux et le vrai se mêlait encore à son esprit, mais il était certain d’une chose, en cet instant, il savait qu’il était en sécurité.

Il entendit alors des bruits de pas dans l’escalier qui le firent se retourner.

" Tu te lèves mon grand,? lui lança sa mère. Aujourd’hui, on monte dans la Tour Eiffel !".

" Bordel de merde! ", pensa-t-il en français, son cauchemar continuait.

2 commentaires:

Pierre H.Charron a dit…

Alors là je me suis bien bidonné avec cette histoire de joujou à la française. Que du bonbon ma chère!!! (Version en jouant aux Francais)

(Version Québecoise !) Sti,que tu m'as ben pogné avec la fin. C't au boutte ct'histoire là

Version Moi: Allo, je viens de découvrir ton blogue et je trouve intéresssant le concept de piblier une de tes création sà tous les samedis.
J'ai adoré la chute de ta dernière nouvelle. Du punch et en plein dans le mille !

Au plaisir de te relre.

Travailleuse sociale a dit…

Merci Pierre pour tes commentaires et ton enthousiasme !

BlogueParade.com