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Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

dimanche 7 novembre 2010

En route pour la fabrication de bijoux !... (c'est pas trop tôt se dit Hermine...)

Nos deux comparses se dirigèrent donc vers ce qui représentait une étape essentielle pour aller au cours de fabrication de bijoux c'est à dire, l'inscription. C'est ainsi qu'elles se retrouvèrent dans un gros gymnase laid, sal et puant communément appelé Centre communautaire.

- " Tiens, prends le numéro, on a le 129" dit Hermine à son amie. "Tu peux te remettre le bras en l'air si tu veux, ça me dérange pas, si c'est ton médecin qui l'a dit."

- "Arrête de me niaiser, sinon je revire de bord. Déjà que la place est pas trop ragoûtante."

- " Ben tsé, c'est la Ville de Montréal, y'ont pas trop les moyens de rénover les locaux des groupes communautaires avec les gros salaires des fonc..."

- " Arrête tout de suite. Pas de diffamation je t'en prie. Des plans pour qu'on nous mette dehors pis que tu puisses pas faire tes maudits bijoux."

- " Compris" répondit Hermine, honteuse d'avoir eu des mauvaises pensées sur les maudits fonc....

Numéro 28! Numéro 28 !

Mon Dieu, se dit Épinéphrine, j'en ai pour la soirée à attendre juste pour m'inscrire. Avec toute cette poussière et cette puanteur, va ben falloir que je prenne ma deuxième douche de la semaine en arrivant à la maison. Pis là ma douche va me réveiller, pis je serai pas capable de dormir de la nuit, pis demain je vais être de mauvaise humeur, pis là le monde vont me taper sur les nerfs en me demandant si je suis malade... Les nerfs, les nerfs, fais-comme l'ostéopathe t'a dit, parle-toi un peu, c'est pas grave si tu dors pas, tu peux continuer à fonctionner quand même, t'as réussi jusqu'à maintenant, pis t'es pas encore morte.... Oui mais moé je suis tannée de pas dormir, y'a tu un Dieu qui va m'aider avant que je tombe à la retraite? J'ai pas envie de passer mes vingt prochaines années à voir défiler les heures de la nuit autant que celles du jour... Bon, calme toé là, tu prendras  une pilule en arrivant... Bonne idée, je les avais oublié, j'aurais pu me dire ça au début du paragraphe, je me serais calmée tout de suite...

Épinéphrine, un peu perdue dans son dialogue mental, se mit à regarder autour d'elle pour se distraire un peu. Ce qu'elle vit la distraya certes mais ne la rassura nullement. Elle vit des gamins mal habillés courant dans tous les sens en se prenant pour Jackie Chan en attendant de s'inscrire pour un cours de Karaté. Elle avait envie de leur crier de se calmer, tout ce bruit l'assommait et l'empêchait de faire de l'angoisse tranquillement assis sur sa chaise de plastique. Mais elle se retint en voyant les grosses madames qui débordaient, elles, de leur chaise qui semblaient beaucoup plus petites que la sienne, mais arboraient fièrement sur leur coton ouaté, une tête de gros loup. Elle se voyait déjà attablée pendant des heures à discuter du sort de Ridge et de Bridget ou pire, du dernier gadget de Shopping TVA. Elle vit également des personnes âgées, assises, stressées, scrutant avec une loupe leur numéro avec la même intensité que si elles jouaient au bingo. Boy, pensa-t-elle, qu'est-ce que je ferais pas pour plaire à une amie. Cette pensée la réconforta un peu, puisque même si elle devait perdre tout l'automne dans un cours plate, au moins, elle ferait plaisir à une amie.

Mais alors que, sans qu'elle comprenne pourquoi ni comment, un abcès de positivisme était entrain de se former dans son cerveau, elle entendit après seulement 15 minutes d'attente, leur numéro. Mais non, le pire n'avait pas été d'attendre pendant des heures dans cet endroit déprimant. Et non, le pire n'avait pas été d'imaginer qui avait imprégné ses odeurs sur ces mêmes chaises de plastique jamais lavées. Le pire était de découvrir que la majorité des personnes étant venues chercher un numéro s'étaient enfuies à toutes jambes plutôt que de subir tout cela....

Mais abrégeons donc cette horrible expérience d'inscription et transportons nous au premier cours de bijoux.

La technique qui fut enseignée par la professeure se résumait ainsi :

- " On enfile une boule dans le fil de pêche et on fait un noeud autour de la boule. Ensuite, on recommence. On enfile une boule et on fait un noeud autour. On enfile une boule et on fait un noeud. Boule, noeud. Boule, noeud. C'est ça mesdames. Continuez comme ça. Enfilez votre boule, faites un noeud. Bravo ! "  clamait bien haut la professeure.

Épinéphrine était vraiment impressionnée par la maîtrise de ce premier exposé théorique qui dura en tout et partout 3 minutes. Ne sachant comment occuper son esprit pendant ces interminables heures de plaisir, et étant persuadée qu'il était bien inutile d'imaginer, que cet homme à l'allure à la fois virile, sauvage et tendre qu'elle avait croisé devant la machine à café à son travail, ne vienne lui arracher son fabuleux bijou à la sortie du cours pour la prendre là, sur le champ ou plutôt sur la pelouse encore verte en ce spectaculaire mois de septembre, tout ça, devant la bâtisse de la Ville de Montréal. Elle se contenta donc d'observer les madames assises autour de la table.

- " Regarde Hermine, la madame à côté de toi, avec son énorme coffre à outil de chez Rona rempli de boules. Elle doit avoir au moins dix milles boules réparties des deux côtés du coffre. Ça fait du bruit c't'affaire là quand elle le retourne, on dirait qu'elle joue au Boggle. En plus, toutes ses boules sont laides. Elle paye un cours pour se faire des bijoux laids. J'ai mon maudit voyage. "

- " Plus personne joue au Boggle, à part toi, Épinéphrine. Arrête ta médisance toi là. Tous les goûts sont dans la nature."

- " Ben je suis d'accord avec toi. Tous les goûts sont dans la nature, même les pas d'goûts. J'imagine que le mot dégoût a été inventé par du monde qui avaient des bijoux faits avec des boules de même. Pis que le mot égoût a suivi suite au sort que subissaient ces bijoux quand les femmes les recevaient en cadeau alors qu'elles réalisaient que la maîtresse avait eu des gros diamants." 

- " T'es folle ! Mais je sais pas pourquoi, malgré ton côté négatif, tu me fais rire."

- " Non, non, je suis sérieuse. Non mais as-tu vu son médaillon ? Il est gigantesque. Gros de même, je me dis qu'elle devrait rentrer dans la police. Même pas besoin de gilet pare-balles. Je suis convaincue que tous ses organes vitaux sont protégés avec ce médaillon-là ! " 

Finalement, de fil en aiguille ou si vous préférez, de corde en boules, le cours pris fin avec un autre exposé théorique de 2 minutes sur comment fermer la corde pour l'attacher autour de son cou. Et puis, comme à la fin de chaque émission de Top Modèle et pour stimuler l'intérêt des participantes à revenir pour savoir ce qui se passe dans l'épisode suivant, la professeure fît cette annonce :

- " Au prochain cours, nous allons utiliser des cordes pour faire des noeuds de chaque côté des boules. Ne manquez pas ça ! "

Épinéphrine s'en sortira-t-elle vivante ? C'est ce que vous verrez dans les prochains épisodes ... Ne manquez pas ça....  


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