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Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

samedi 31 décembre 2011

La solution finale

Ça y est ! Je suis rendue au bout du monde. Traversant anxieusement ces longs corridors défraîchis, murs blancs devenus jaunes sales d'avoir côtoyé trop de souffrances humaines, ça y était, j'étais rendue au bout de ma vie. J'accédais maintenant au stade le plus élevé de la solution si longtemps espérée. Si ça ne fonctionnait pas, il ne me resterait plus que le désespoir. Ce trou noir dont j'avais fait la connaissance par le passé et dans lequel j'étais tombée. Heureusement, après m'être fortement écorchée, je m'étais relevée et avais désespérément souhaité n'y plus jamais m'y affaler.

Cependant, sans que je ne l'eût souhaité, sans que ma volonté n'ait été sollicitée d'aucune manière, je voyais ce méchant trou revenir dans ma vie, sentant son odeur nauséabonde. Je n'y étais pas encore mais je le connaissais suffisamment pour savoir qu'il était désormais à l'aube de mes prochaines années si je ne faisais rien. 

Et voilà pourquoi, je suis maintenant assise autour de cette table avec d'autres qui comme moi, tentent d'éviter ce maudit sort et la pensée même que nous l'avons mérité.   

Tous autant que nous sommes, nous ne dormons pas. Désespérés de parcourir ces jours sans espoirs et ces nuits sans fins, nous le sommes. Aucune solution ne nous a échappée. Nous avons tout fait. De la tisane calmante en passant par la relaxation, nous avons tous élaborés nombre d'hypothèses saugrenues auxquelles nous nous raccrochons pour enfin tenir à bout de bras, une solution finale. Rien ne compte plus dans nos vies que dormir. L'espoir d'être normal. Ne plus organiser nos journées en fonction du fait que nous allons ou non dormir. Et dans cette mer de malades, assurément je suis, j'en suis formellement convaincue, la plus incurable. 

Je ne le sais pas encore à ce moment-là, mais chacun d'entre nous, jugions notre cas plus désespéré, plus grave voire même totalement incurable. Rien ne peut plus nous aider puisque nous avons absolument tout essayé. Alors, il ne reste plus qu'à ces professionnels du sommeil de remâcher leurs sempiternels conseils en les assortissant de reproches et de manipulations psychologiques. À la fin, je le savais, ne subsisterait plus de nous que l'ombre de nos vies. En n'étant plus rien, il nous paraîtrait probablement normal de n'avoir plus d'attentes, même celle de dormir. Nous détruire, voilà ce à quoi je me préparais. J'avais déjà fait pas mal de travail dans ce sens. J'avais posé les jalons d'une vie sans saveur, où même l'avenir pâlissait de plus en plus en se dessinant à travers l'absurdité de mon présent.  

Alors, silencieusement, m'attendant au pire, je m'assieds autour de cette table et attendît. 

2 commentaires:

ClaudeL a dit…

Rassure-nous: c'est de la fiction?

Travailleuse sociale a dit…

Hum... rassurer de quoi ? pourquoi ? :o) Si je rassure, j'enlève de l'intérêt non ?

Mais je vais bien si telle est ta question.

Bonne année 2012 en cette veille du jour de l'an. Que tes voeux se réalisent. En passant... j'ai bien aimé ton roman. Il m'a mis l'eau à la bouche. J'aurais aimé en savoir plus sur chacun des personnages. Mais merci et félicitations. Belle réussite je trouve.

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