Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


Vous êtes invités à échanger vos commentaires.


Alors bonne lecture !

Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

dimanche 30 janvier 2011

Une histoire de serviette sanitaire...

Ces temps-ci, nous pouvons voir à la télévision, cette extraordinaire publicité où un beau garçon accompagné d'un petit chien insignifiant, aborde une jeune fille pour lui parler de serviette sanitaire.

Bon, j'en ai, en vérité, pas énormément à dire. Après tout, nous vivons dans un monde évolué, où toute personne peut parler de tout ou de n'importe quoi. Et de plus, c'est extrêmement réaliste, puisque ça nous arrive très très souvent qu'un beau gars nous aborde comme ça, avec un petit chien, bon, ça pourrait aussi bien être un chat obèse ou une chèvre albinos, ça n'y changerait pas grand chose, donc qu'un super beau gars nous aborde avec comme sujet numéro de conversation, nos serviettes sanitaires. De toute beauté !

Et c'est au tout début de la relation, lorsque la passion fusionne nos esprits, qu'il nous est possible de discuter des soirées durant, d'épaisseur, de largeur, de longueur, de degré d'absorption et même de forme !  Parce qu'aujourd'hui, on trouve de tout, on ne vit  plus à l'époque de la Russie communiste, que diable ! Nos étagères sont bien remplies... Si on m'avait dit il y a 30 ans, qu'on retrouverait aujourd'hui des serviettes adaptées à des strings je vous aurais répondu : " Hein ? C'est quoi un string ? Ah !!! C'est une bobette de gogoboy homosexuel ? " De plus, on comprend qu'on a rencontré l'homme idéal lorsque ce dernier ne s'intéresse qu'à nos serviettes sanitaires et pas à celles de nos amies ou voisines. C'est extraordinaire ! Alors, à tous ces hommes qui ont ça comme sujet de conversation no. 1, je désire dédier ce billet....

Laissez-moi vous parler de mon adolescence et du début de l'utilisation de LA serviette sanitaire. Êtes-vous contents ? Et n'ayez crainte, pour ceux qui le préfèrent, les tampons ne seront pas en reste ...

Tout a commencé un beau jour où j'ai découvert cette nouvelle trace de "je veux pas savoir ce que c'est mais je m'en doute " dans le tréfonds de mon fonds de pantalon. J'ai alors hurlé à ma mère, du tréfonds de la salle de bain, que ça y était ! J'étais là, moi aussi. Désemparée, je ne savais plus que faire... Il m'en fallait " Des affaires pour arrêter l'affaire de couler".

C'est alors que ma maman m'a suggéré de prendre les siennes qui se trouvaient dans une boîte de Stayfree sous le lavabo. Une grosse boîte pour contenir des énormes serviettes... Tellement énormes qu'on pouvait les voir à l'oeil nu à travers nos jupes. En plus, elles avaient des espèces de ganses à chaque bout, tellement longues que j'aurais pu me les attacher après les oreilles pour assurer une certaine stabilité. Enfin, ces serviettes, c'était un peu comme la masturbation. Personne ne le savait, mais tu étais convaincue que tout le monde le devinait...

" Quoi ? Jamais je ne mettrai cela ! Mieux mourir ! "

J'ai alors fait une scène, toujours du tréfonds de la salle de bain, pour que ma mère aille m'acheter des tampons. Plus discrets, plus féminins, j'étais assurée que personne à l'école ne le verrait. Ce qu'elle a fait. J'ai encore honte d'avoir demandé ça à ma maman. Honte parce que malgré toute la bonne volonté, ces maudites affaires étaient tellement difficiles à mettre que j'ai du abandonné. Impossible, je ne savais pas ce que c'était, mais quelque chose empêchait le truc de bien coulisser... Vous l'aurez deviné, en effet, c'était l'applicateur en carton. Fallait enlever cette chose ? En tout cas...

Bref, quand je suis sortie de la salle de bain, ma mère, folle de joie, m'a félicité. Honnêtement, je ne voyais pas pourquoi cette nouvelle chose méritait des félicitations. Moi qui obtenait toujours de bonnes notes, je n'avais eu droit qu'à.. qu'à ... qu'à pas grand chose en vérité. Peut-être un mini-hochement de tête à peine perceptible. C'est ça, une approbation inversement proportionnelle à mes notes et à la grosseur de ses serviettes. Enfin, je me suis dit que ça y était, j'avais obtenu la bonne chose pour avoir un peu d'attention de ma mère. Un mois plus tard, alors que je lui annonçais encore la bonne nouvelle, ma mère n'a pas réagit. Rien à ma grande stupéfaction. On aurait dit que j'avais eu de bonnes notes. Et ainsi pris fin ma période de gloire maternelle.

Pour le reste, vous connaissez la suite. Mauvais caractère, faire le ménage la veille, me plier en deux le jour même, acheter une série de bobettes du dimanche et ça recommence à l'infini ou presque. Toute ta vie d'adulte, tu n'en peux plus et espère enfin le jour où tout ça se terminera. Mais quand ça se termine, c'est là que tu réalises, mais merde, c'est que je suis vieille... Qu'est-ce que je donnerais pour tout recommencer...

J'espère chers hommes que vous avez apprécié ce partage de vécu.

Je vous souhaite une belle et bonne semaine.

TS

dimanche 23 janvier 2011

Les bijoux d'Épinéphrine

Ok ok, je le sais que c'est moi qui ai fait les bijoux, on flushe Épinéphrine, c'est plus difficile à mettre un texte au "elle" qu'au "je". Je continue donc avec mon exposition de bijoux.

Rubans en fête
Celui-ci a l'air de rien sur cette photo mais il est très réussi. C'est une technique enseignée par la prof de bijoux. On met n'importe quoi et on ajoute plein de rubans. Le résultat est assez impressionnant. Ça fait même une belle décoration de cou pour Noël... 

Enlève ton col ma jolie
Bon, j'ai une cicatrice dans le cou qui a la forme d'un gros bouton. Mes colliers me servent aussi à porter des décolletés.

Pas de nom
Celui-ci je vous avertis à l'avance, il est complètement raté. Mais comme il paraît que la création naît de la controverse, je vais quand même vous raconter son histoire. C'était un soir où je me disais que mettre des boules autour d'une corde n'égalait en rien ma définition de la créativité. Peut-être suis-je un peu sévère, après tout, agencer les boules et choisir les bonnes couleurs peut tout de même avoir un certain sens dans le monde de l'art. Mais pour ma part, je veux plus, j'ai besoin de plus. Le sens que je donne au mot créativité est de transposer une émotion ou une idée en autre chose. Ou encore que la chose créée parte totalement de moi, d'une idée qui germe en mon esprit. Alors, je me suis mise à penser un collier dans ma tête et j'ai tenté de le recréer. J'étais certaine que ce serait très joli. Et ça a donné une affaire toute croche dont je n'étais pas très fière. Mais bon, je n'allais pas abandonner comme ça. Peut-être en ajoutant une petite note de quelque chose, je pourrais sauver cette soirée de travail acharnée? Et j'ai pensé aux rubans de ma professeure. Elle a une technique toute particulière. Elle fait des colliers érotiques en mettant de très longs rubans qui sillonnent le long d'un profond décolleté. Et ça a donné ça, c'est à dire rien. Alors ou bien je le porte toute nue en étant convaincue que c'est la seule façon qu'on ne le voit pas ou bien il prend le bord. Saurez-vous deviné l'utilité que j'en ferai ???


p.s. .... Eille, dans tes rêves !!!! 

Simple rocaille
Tout est dans le titre ! Tout simple. Qui va avec n'importe quoi en autant que ce soit rouge.


Clous de la soirée
Fabriqué avec des clous (ben des clous de bijoux, pas de construction), se porte très bien lors d'une soirée. Les petites perles scintilleront dans le ciel de votre vie...

Vert l'avenir

Wow ! Celui-ci est à mon goût. Bon, j'ai un peu copié l'idée dans une revue, mais l'assymétrie est totalement de moi. Rien de pareil, rien d'égal, le bonheur dans l'imperfection. À bas l'hygiène de vie ! Vive l'existence débridée d'une chinoise en mal d'exotisme !!! En tout cas, c'est tout. 



Merci d'être là et bon début de semaine.

TS

samedi 22 janvier 2011

Enfin... toute la vérité !!!

Alors voilà, je vous avais promis la vérité, toute la vérité, rien que la pure vérité sur la terrible histoire d'Épinéphrine. Et bien la voilà. Épinéphrine existe vraiment et elle fait des bijoux. Voici donc sa collection HIVER 2011 ainsi que l'histoire entourant leur création ...  





Ici, Épinéphrine s'est rendue au magasin de boules à bijoux. Elle vît une boîte remplie de boules qui allaient ensemble." Quelle belle idée ! " s'exclama-t-elle. "Pas besoin de me casser la tête
et de passer des heures dans le magasin à trouver des boules de la même couleur... Il y a bel et bien un Bon dieu pour les faiseuses de bijoux." Cette initiative lui inspira donc ce collier,
 Plaisirs d'hiver citronnés. P.S. la chaîne n'est pas violet mais cuivrée.




Celui-ci se nomme Maboule de boules folles... Par contre, Épinéphrine n'a pas de mal à en dire... Elle le trouve assez beau. Mais en ce qui concerne le chandail,   je trouve qu'Épinéphrine aurait pu enlever  le petit picot blanc... Seigneur, elle a donc pas l'air propre !






Épinéphrine s'est inspirée d'un collier vu au Salon des métiers d'art pour réaliser celui-ci. Elle l'aimait bien et en était très fière. Elle aimait le mélange de boules brillantes et de bois. Elle l'a porté tout le temps des fêtes jusqu'au jour ou (accent grave) sa soeur s'est exclamée : " Onnnn, c'est dommage qu'il soit cassé celui-là, avec la patente qui pendouille, il aurait pu être beau ! "
Depuis ce temps, elle l'appelle : Création réussie, intention ratée. Et il vit au fond du tiroir. Vive la famille ! Et vive la famille dans le temps des fêtes...


Ici, l'image ne rend pas grâce au bijou. Il est beau. Mais les boules sont grosses.. Épinéphrine a peur de le porter au travail. Il lui semble que c'est comme si elle arrivait avec les cheveux bleus. Pas possible de ne pas attirer les commentaires. L'impression que les gens vont penser qu'elle veut se faire remarquer. Alors elle le porte à la maison.  Elle fait la vaisselle avec,  lave son plancher et récure la toilette. Son nom ? Association de boules anonymes.



Dans le  milieu de travail d'Épinéphrine, il y a parfois des kiosques de vendeurs de bijoux artisanaux. Elle admirait leur travail lorsque la madame s'exclama devant son bracelet : " Mon Dieu, il est donc bien beau ! Je pourrais le vendre à mon kiosque ! " Cette journée-là, elle a atteint le summum de la réussite et regardé tout le monde de haut en les traitant de gang de ratés dans sa tête. Mais depuis ce temps, elle n'a jamais réussi à égaler son exploit. Ce bracelet porte le nom de Succès éphémère .



Un jour, dans sa tête, Épinéphrine a eu une révélation. Elle voyait la fleur qu'elle pouvait créer. Il s'agissait de prendre du fil de cuivre, de le tortiller dans le milieu, ensuite de plier pour faire une pétale et de faire la deuxième pétale en croisant le fil. Ça a donné un collier devant lequel plusieurs s'extasient :  
Fleur en délire


Ce collier est formé de perles brillantes dignes d'une reine d'Angleterre et de boules de bois cheap que les prostituées portent fièrement le samedi soir. La logique dans tout ça ? C'est qu'Épinéphrine se disait qu'à quelque part entre la Reine d'Angleterre et les putes, se trouvaient les travailleuses sociales et que ce mélange de boules lui irait à ravir. Lorsqu'elle se regarde dans le miroir, Épinéphrine trouve qu'elle a plutôt l'air de la Reine des putes avec cette horreur ... C'est ainsi qu'elle l'a baptisé mais ce collier va prendre le bord assez vite...
 

Bon ben là, je suis tannée... c'est long à monter cette exposition. Revenez demain dimanche, pour la suite de cette démonstration... Je m'en vais écouter la t.v.

Bonne soirée...

TS

dimanche 16 janvier 2011

L'histoire étrange d'Hermine et d'Épinéphrine (suite et fin)

On se souviendra qu'Épinéphrine ayant décidé de coucher pour avoir l'avantage de vivre dans une maison, se retrouve à claquer la porte de Gontran. Frustrée sexuellement, elle comprend bien que cette histoire de couchette s'est transformée en situation de cul. Pauvre Épinéphrine... Comme trois petites minutes peuvent changer une vie ... Son seul regret ?  Ne pas être restée pour écouter les Tudor. Elle aurait pu se consoler en admirant le fabuleux corps svelte et ferme de Jonathan Rhys Meyer. Elle aurait pu imaginer de folles nuits d'amour avec ce corps céleste. Elle était prête à perdre la tête pour des nuits comme ça. 

Dans ses rêves !  La vie étant ce qu'elle est, c'est à dire un amoncellement de blocs légos qui s'emboîtent les uns dans les autres pour donner une grosse affaire lette et colorée, elle ne couchera plus jamais avec un Jonathan. Elle devra continuer de découvrir des Gontran ou bien se résigner à la manipulation de la manette de télé!...

Bon, terminer les états d'âme, elle doit retrouver ses collègues sur les piquets de grève d'Occupation Trouble. Lorsqu'elle arrive sur les lieux, elle découvre avec stupéfaction que personne ne la regarde ni ne lui adresse la parole. Elle n'a pas l'habitude d'être ignorée de la sorte.

- " Ben voyons Hermine " dit-elle. " Qu'est-ce que vous avez tous ? "

Hermine, l'air furieux, étant bien incapable de tenir sa langue plus de deux minutes, éclate.

- " T'es partie sous un faux prétexte, pour aller acheter des boules à bijoux et coucher avec Gontran alors que nous les morons, on se gèle à faire la grève ? T'es une drôle de traîtresse toi ! "

- " Les nouvelles vont vite ! "

- " Et oui ! Pendant les trois minutes qu'ont duré l'intervention de Gontran, celui-ci a eu le temps de twitter trois fois et de mettre à jour sa page Facebook. Bienvenue à l'ère technologique vieille cochonne ! " s'écrie Cynthia qui ne peut s'empêcher de s'en mêler.

Épinéphrine, estomaquée, ne trouve rien à répondre. La vie privée n'existe plus. Elle ne pourra plus jamais tricher sans dorénavant être filmée ou dénoncée par un quelconque ordinateur. Quelle vie tout de même ! Pendant qu'elle réfléchit sur le sens de cette existence technologique, de plus amples insatisfactions lui parviennent du groupe de grévistes.

- "T'es bien comme une T.S. toi. Tu nous traites comme des morons même si tu dis le contraire. Allez tout le monde, on lui saute dessus ! " lui crie Hermine.

- "N'insulte pas les T.S. Je te ferais remarquer que t'en es une toi-même et que pfiout...".

Les grévistes ne lui laissent pas le temps de terminer sa phrase. C'est alors qu'Épinéphrine connaît la pire agression de sa vie. Elle se retrouve encerclée de tous, le poing en l'air, lui scandant des slogans agressifs : NON NON NON-SOLIDARITÉ HÉ HÉ NON NON NON-SOLIDARITÉ HÉ HÉ !... Et pendant que les uns l'empoignent solidement, les autres lui pelletent la neige dessus avec l'intention ferme de l'enterrer. C'est ainsi qu'elle se retrouve complètement ensevelie jusqu'au cou. C'est hélas là une preuve qu'il neige beaucoup trop au Québec !!!  Comme dans un mauvais western, elle risque d'être mangée par des coyotes pendant que les corbeaux lui arracheront les yeux. Quelle horreur. Mais ils devront se dépêcher parce qu'ils risquent de manger des yeux congelés et vitreux. Parce qu'il fait frette en maudit au Québec !!! Elle se demande si, pour les corbeaux, les yeux vitreux sont meilleurs ou moins bons que les yeux chauffés au soleil du désert entourant Los Angeles...

Enfin... Elle reprend ses esprits.

- "Mais vous êtes fous ? Libérez-moi tout de suite !"

Des réponses des uns et des autres fusent de partout.

-  "Mademoiselle fait la diva maintenant ? " fulmine Hermine.

- " Ouin, elle se croit meilleure que nous parce qu'elle a réussi à entraîner Gontran dans son lit en dehors de l'émission d'Occupation Trouble ? " lance Jonathan.

- " Wowo coulou toumboo la gua" hurle Wakaboucou en dialecte africain.

- Et ça se croit leader syndicale avec ça ?  Pour être leader faut pouvoir montrer l'exemple... " reprend Hermine.

- " Ouais, t'es qu'une anti-syndicaliste. Sale communiste ! " relance Cynthia.

- " Excuse Cynthia, si je suis anti-syndicaliste, je ne suis pas une communiste. C'est le contraire. Tu te trompes " ose préciser Épinéphrine. " Si vous désirez me torturer, qu'il en soit ainsi, mais au moins, maîtriser les concepts correctement. "

" Niaiseuse ! répond Cynthia. Je peux pas être une communiste, je suis une catholique. ! Et dans ta position, t'es pas équipée pour nous faire la morale. "

- " Ouais ! scandent les autres. Sale traînée ! "

- " Ben là, vous exagérez continue de préciser Épinéphrine qui sent qu'elle n'a plus rien à sauver, sauf peut-être son honneur. J'ai couché une seule fois et c'était même pas bon. "

Mais plus personne n'entend ses précisions.

- " À mort la traînée ! À mort ! Lapidons-là avec ses boules à bijoux !"

- " NON ! NON ! NON ! PAS ÇA. TOUT MAIS PAS ÇA ! PAS MES BOULES À BIJOUX. Je vous en supplie, ayez un peu de pitié. Ne gâchez pas inutilement ce qui peut signifier pour une personne, la réalisation de toute une vie. " supplie Épinéphrine, en proie à une violente émotion. En vouloir à sa vie en retournant contre elle sa seule raison de vivre, c'était une fin trop horrible à envisager. Et comme la torture mentale est à son point culminant, n'en pouvant plus devant tant de cruautés, Épinéphrine voit soudainement la neige tourbillonnée devant ses yeux, juste avant de s'évanouir.

À son réveil, elle entend un murmure, un son très doux, très calme. Une voix au loin, chaude et accueillante. Elle est allongée sur un lit d'hôpital.

- " Madame Épinéphrine, réveillez-vous."

- " Cynthia ? Qu'est-ce que je fais à l'hôpital ? Et pourquoi suis-je attachée à ce lit ? "

- " Je me nomme Garde Cynthia. Votre infirmière depuis trois mois. Vous avez été admise à l'hôpital suite à une psychose. "

- " Quoi ? Une psychose ? Ça va pas la tête ? Détachez-moi, je dois aller mettre à jour mon profil facebook pour dénoncer les agissements de mes collègues grévistes. "

- " Calmez-vous, madame Épinéphrine. C'est plutôt votre tête qui ne va pas bien. Mais vous semblez aller mieux aujourd'hui. Vous me reconnaissez. Avec une lourde médication, nous avons réussi à vous faire reprendre contact avec le monde. "

- " Mais, mais. Et le cours de bijoux ? Et Occupation Trouble ? Et les fesses molles et troubles de Gontran ? Tout ça n'était que mensonges de mon cerveau ? "

- " Tout ce que je sais, c'est que le cours à bijoux c'est vrai. Mais vous vous êtes mise à ne parler que de boules à bijoux et avez ainsi perdu la boule. "

- " Et où est Hermine ? Pourquoi n'est-elle pas venue à mon chevet ? Détachez-moi que je puisse l'appeler. J'ai besoin de savoir si mon amie m'en veut ou pas. "

- " Vous êtes encore trop fragile pour être détachée. Détendez-vous sinon je vous fais une piqûre pour que vous vous reposiez. "

- " Je vais bien. DÉTACHEZ-MOI ESPÈCE DE FOLLE ! Laissez-moi appeler mon amie sinon vous aurez affaire à moi !"

Pendant que Garde Cynthia lui fait une piqûre, Épinéphrine se calme car elle voit soudainement son amie entrer dans sa chambre. Elle lui prend la main et la calme tout doucement.

- " Repose-toi Épinéphrine, je suis là. "

- " Merci d'être là Hermine. Ne pars pas je t'en supplie. "

- " Ne t'en fais pas mon amie. Je suis là. Je serai toujours là. Je suis et je serai toujours, ton amie....

ton amie imaginaire. "

FIN

Note de l'auteure : C'est ainsi que s'achève cette terrible histoire d'une étrange amitié entre deux personnages extraordinaires. Mais, c'est énervant cette fin d'histoire à la fin. Qu'est-ce qui est vrai et qu'est-ce qui ne l'est pas ? Revenez me voir cette semaine et je vous aiderai à distinguer le vrai du faux.

mardi 4 janvier 2011

Un mardi matin, un 4 janvier

Retrouvons donc nos vaillants personnages, ici, où plutôt là où nous les avions laissés, il y a de cela deux ou même trois semaines. En grève ou plutôt non, en lockout, finalement, on ne sait plus.... Tout le monde y est, même les techniciens de la balancine sont venus tout droit d'Asie et d'Afrique pour manifester contre le fait que TS, l'animatrice d'Occupation Trouble, les a tous traités de morons. Mais que demandent-ils au juste ? Une compensation financière pour avoir le droit de les traiter de morons ? non... Une semaine dans le sud ? non... Simplement de plates excuses et la promesse d'un respect éternel... même pour Cynthia. C'est tout dire de la solidarité qui les unie. Alors, tendons l'oreille afin de traverser les bruits d'auto qui couvrent les cris de ces grévistes devant le studio d'Occupation Trouble et écoutons ce qui s'y passe exactement...


SO SO SO... SOLIDARITÉ ÉÉ... SO SO SO... SOLIDARITÉ ÉÉ ...

- Finalement, on es-tu en grève ou en lockout ? demande Cynthia, un peu mêlée.

- Ben, ça a commencé par une grève pour finir en lockout, répond Épinéphrine, sûre d'elle.

- Et puis, c'est quoi la différence entre les deux ? renchérit Cynthia, en posant ses éternelles questions.

- Ben, une grève ce sont les employés qui ont décidé de crever de faim en n'allant pas travailler et le lockout ce sont les employeurs qui ont décidé de nous faire crever de faim en fermant l'entreprise.

- Oui, ok, mais c'est quoi la différence finalement? Au bout du compte, on crève tout le temps de faim !!! s'exclame Cynthia de plus bel.

- AH TOI ! AS-TU FINI DE POSER TES QUESTIONS ? C'est fatiguant à la fin ...

- Ouin, surtout quand on connaît pas la réponse c'est sûrement très fatiguant ...

Épinéphrine feint d'ignorer cette dernière moquerie et se retourne vers Hermine.

- Veux-tu me dire qu'essé qu'on fait ici à se  geler comme ça ? Ça vaut tu vraiment la peine d'en faire autant juste pour s'être fait traités de morons ?

- Voyons Épinéphrine, c'est toi qui nous a conduit là. Faut aller jusqu'au bout !

- Avoir su, j'aurais attendu à l'été. C'est quand même pas mal plus intelligent de faire du piquetage quand il fait chaud. Et au fait, où ils sont nos techniciens de la balancine ? On leur a payé le voyage et on les voit jamais sur les piquets de grève ou de lockout... si on préfère.

- Ben, il fait trop frette pour eux autres. Sont restés à la maison mais ils nous ont dit qu'ils étaient avec nous en pensée.

- Wow, c'est super utile ça. Moi aussi j'aimerais ça faire du piquetage en pensée ! En tout cas, me semble que j'ai autre chose à faire  que de passer mes journées à crier dans le vide. Et puis TS est dans le Sud, elle ne nous entend absolument pas. Même qu'elle doit s'en foutre royalement de nos réclamations.

- T'as quoi d'autre à faire un mardi matin , un 4 janvier ? Le 4 janvier, y'a absolument rien à faire.

- Faudrait que j'aille au centre d'achat pour acheter mes cadeaux de Noël.

- Hein ? T'as pas encore acheté tes cadeaux ? questionne Hermine interloquée.

- Mais non, tu comprends pas. C'est pour l'an prochain. Tout est à 50 %, ça fait des cadeaux vraiment pas chers. Tu peux même trouver des boules de Noël à 75%...

- Tu peux quand même pas donner des boules de noël en cadeau quand même !

- Pourquoi pas ? Tout le monde a l'air surpris quand je leur donne. C'est un excellent cadeau tu sauras. Même que ça fait quelque chose à jouer pour le chat. Et je les achète bien cassantes au cas où l'animal voudrait en manger un ti-bout. Tu sais, juste assez en vitre pour qu'il se coupe et que toute  la belle famille se retrouve chez le vétérinaire. Ça fait des noël inoubliables, je t'assure. C'est autre chose que les maudits noëls plates où tout le monde se disent qu'ils s'aiment alors qu'ils t'ont pas appelé même une fois dans l'année.

- T'as pas d'allure toi. De toute façon, t'es obligée de rester ici avec nous. T'es la leader syndicale. Tu peux pas nous lâcher en plein milieu. Ce serait anti-solidaire.

- Ouin, c'est ça que je vais dire à mes neveux. Désolée, pas de cadeaux cette année. Matante a préféré s'insurger contre les abus du capitalisme sauvage. Je voulais vous acheter la kinecte mais dites-vous que vous faites partis d'un plan pour améliorer la faim dans le monde. Vous pouvez être fiers de vous. Êtes-vous contents mes beaux neveux ?

Épinéphrine se met à réfléchir très fort. C'est aussi la seule journée de vente pour les boules à bijoux. C'est impossible pour elle de manquer une telle occasion. Elle doit trouver un moyen de s'éclipser de la ligne de piquetage sans que ce soit mal vu. C'est là qu'elle a cette fabuleuse idée.

- C'est bon, je reste sur la ligne de piquetage. Mais y'é pas question que les techniciens de la balancine se la coulent douce. Je vais de ce pas organiser un piquetage intérieur avec Sun Chi et Wakaboucou. Je reviens bientôt. Ne lâchez pas  ! So so so... solidarité éé... so so so... solidarité éé....

Et elle disparaît tout doucement vers le centre d'achats. Juste le temps d'acheter une ou deux petites choses, de revenir vers la maison des techniciens pour organiser n'importe quoi et revenir sur les piquets de grève dans un délai raisonnable ne compromettant pas les règles de la solidarité syndicale.

Arrivée au Centre d'achats, elle fait quelques boutiques et c'est alors qu'elle remarque Gontran Tremblay, participant de 62 ans d'Occupation Trouble, assis sur un banc, mangeant de la crème glacée.

- Tu fais quoi toi là ? Me semblait que t'étais allergique au lactose ? 

- Je le suis mais depuis que je porte des couches, je m'en fous. Ça a aussi des avantages de vieillir.

- Et t'es pas entrain de faire la grève ?

- Non, je t'ai suivi en disant que j'allais t'aider à organiser la grève intérieure.

- Toi aussi tu t'en fous de la grève ? ou du lockout c'est selon...

- Pas mal oui. J'ai juste le goût de m'amuser et de retourner chez moi, dans ma maison.

- Si tu as une maison, pourquoi t'es venu à Occupation Trouble ?

- Ben, pour coucher. Et toi Épinéphrine, pourquoi t'es là ?

- Ben pour la maison....

- Ça me donne une excellente idée, rétorque Gontran. Tu couches avec moi et au bout du compte, si ça marche, tu viens rester dans ma maison. Et au diable Occupation Trouble !!!

- Là là maintenant ? Tu veux aller coucher un mardi matin, un 4 janvier ?


- Ben oui, vois-tu autre chose à faire un mardi matin, un 4 janvier Épinéphrine ?

- Bon, on arrête de niaiser, amène-moi chez toi.

Gontran surpris, se lève drastiquement et tire rapidement Épinéphrine par la main avant qu'elle ne change d'idée. C'est qu'il ne comprend pas comment cette chose qui va se produire peut vraiment lui arriver. Lui qui n'a jamais de succès avec les femmes, il pourra, un mardi matin quelconque, un 4 janvier, coucher avec cette belle lapine aux grandes oreilles et aux grandes dents. C'est le mystère de la vie qui se perpétue.

Arrivée à la maison, Gontran offre à Épinéphrine un beau verre d'eau. Vu qu'on est quand même juste un mardi matin, un 4 janvier, il ne voit pas quoi lui offrir d'autre.

- Explique moi Épinéphrine. C'est quoi l'histoire ? Les femmes veulent soit coucher avec des jeunes pauvres ou encore avec des vieux riches. Pourquoi ?

- Ah bien là, c'est évident me semble. Si je me pogne un vieux, c'est certain que j'ai pas eu droit aux avantages de sa jeunesse. Je dois alors trouver un moyen de compenser. Et l'argent me permet de me procurer tous les plaisirs de la vie que la vieillesse ne peut me procurer. Comme entre autres, des boules à bijoux.

- Fallait  y penser. Bon ben, assez perdu de temps dans les préliminaires. On couches-tu là ? Avant que tu changes d'idée.

- Pas de problème. Tourne toi de bord que je me déshabille et que je me glisse sous les couvertures. Peux-tu fermer la lumière s'il te plaît ?

- Elle est fermée la lumière. On est en plein jour. T'as pas oublié qu'on est quand même juste un mardi matin, un 4 janvier. Il fait clair...

- Bon, ça y est, je suis prête.

Et Gontran s'allonge près d'Épinéphrine.

- J'en reviens pas que je vais pouvoir faire ça sans être devant les caméras d'Occupation Trouble... je vais faire ça gratis comme on dit. Wow, ça me donne quasiment mal au ventre...

- Ben, ça fait longtemps que tu l'as pas fait pour être énervé comme ça ?

- Non, pas longtemps, juste dix ans. La dernière fois, j'avais mis 20 ans à me trouver quelqu'un. Je suis devenu un habitué maintenant. Je peux te demander de t'asseoir sur moi ? Ça m'aiderait à me revigorer.

- Tu me prends pour un artiste du cirque du Soleil ? Je veux bien faire un B.A. pour une maison, faudrait tout de même pas en demander trop.

- OK ok, je m'installe.

Et Gontran de s'installer et de commencer à activer son appendice en essayant de passer du stade de manger mou à celui de popporman rose.

- Euh, Épinéphrine, pourrais-tu me tenir les fesses, histoires de stabiliser mon popporman rose ?

- C'est ça que je fais. Mais vu la mollesse de vos fesses votre altesse, je ne vois rien poindre de stable à l'horizon, ni mouvement, ni plaisir, ni mouvement de plaisir....

- Pis tu bouges pas fort, Épinéphrine, tu fais rien, t'as pas l'air d'aimer ça.

- Ben oui, j'aime ça. Quand j'aime pas ça je reste pas figée je t'assure, je chiale tout le temps...

- C'est ça, pour m'encourager, tu pourrais chialer un peu... Je sais pas, me dire des noms cochons, faire quelque chose... mettre un peu de piquant.

- Ben oui. Toi dans une annonce classée tu serais le genre à demander " Recherche femme douce dans la vie et tigresse au lit ! " ou encore " Femme avec gros seins pour amitié sincère... " Vous avez toujours des demandes pas possibles les hommes. Dépêche-toi, c'est les Tudors qui commencent dans 3 minutes, je voudrais pas les manquer.

- On a en masse le temps. Mais chiale, chiale... gorgote Gontran...

- Laisse-moi donc tranquille avec ton chialage, je te l'ai dit quand je chiale, j'aime pas ça. Tu voudrais pas prendre du plaisir parce que j'aime pas ça ?

- Continue, c'est ça, c'est ça, chiale, chiale ooo....

- Es-tu fou ? Là je commence à être tannée de tes niaiseries.

- Oui, oui, c'est ça, continue comme ça c'est bon c'est bon...

- Ben parle pour toi maudit cave ! T'es malade...

- Ahhhhh! Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiisssssssssssssssssss! AHhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

- Tasse-toi de là, tu me fais suer !

- C'est beau Épinéphrine, j'ai fini, tu peux arrêter de chialer.

- Enlève-toi de mon chemin. J'ai d'autre chose à faire un mardi matin, un 4 janvier que de me faire niaiser comme ça.

- Mais Épinéphrine, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu t'en vas ?

- Parles-moi plus. Je retourne sur les piquets de grève, répond-elle furieuse.

Et Gontran, revenu au stade de manger mou, se retrouve seul, déçu encore une fois de ne pas comprendre les femmes.

lundi 3 janvier 2011

Histoires vraies ou presque

Ma mère

- Au moment de sa mort, ma mère m'a regardé comme ça, avec ses grands yeux tendres et suppliants de biche et m'a dit : "Ma fille, toute ma vie j'ai pris soin de mon ficus avec tant de soins et beaucoup d'amour. Aujourd'hui, il est devenu ce magnifique arbre qui trône dans mon salon. Je te le lègue, prends en soin et chaque fois que tu le regarderas, tu verras à travers sa beauté, toute la force de notre relation. "

Bien, c'est ça que je fais. Ma mère avait raison. J'y mets tous mes soins. Je le nourris, je l'engraisse, je le change de pot. Mais lui, il est là, à rire de moi, à dépérir et à ne jamais sembler satisfait de ce que je fais. C'est pas les souvenirs auxquels je m'attendais.

J'ai décidé de mettre une annonce :

"Ficus qui se prend pour un bonzai, à donner. Encore vif, mais bientôt mort. "


Cimetière en grève

- Le cimetière près de chez moi est en grève. C'est fini, le droit de mourrir vient de nous être enlevé sous peine d'être traité de scabs !


État d'esprit

J'ai écrit la suite des histoires d'Épinéphrine et d'Hermine. Voilà, c'est sur papier. Mais je le lis et voilà, je ne le trouve pas bon ce texte. Pas terminé. Il manque quelque chose que je n'ai pas ces temps-ci ! Qu'est-ce que c'est ? De l'humour ! Il est plate à mort. Comme moi... je cherche mon esprit et je reviens le plus vite possible.
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