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Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

samedi 13 juin 2009

Vous êtes belle… pour votre âge

J’ai 44 ans. Le début de la quarantaine, c’est le début de la fin de bien des espoirs. L’espoir de la maternité. L’espoir de bâtir une famille. L’espoir de devenir célèbre. L’espoir de bâtir un monde meilleur. C’est aussi l’ultimatum pour le changement de carrière. Même l’avenir que nous avons passé notre vie à bâtir ne semble désormais plus bien loin. Quarante ans, c’est l’âge où l’on commence à comprendre qu’il est désormais trop tard. Trop tard pour accéder à ce que vous avez rêvé en tant que femme, y compris bien sûr, la beauté. Malgré la saine alimentation, malgré les exercices physiques, malgré tous les sacrifices que votre conscient, inconscient et subconscient pourront imaginer. C’est terminé. L’idéal est désormais hors de portée. Acceptons d’être soi-même pour le meilleur, intérieurement et pour le pire, extérieurement.

Pour moi, la beauté correspond tout simplement au désir caché de perdre mon ventre. Cette adorable colline tentant de se transformer au fil du temps en majestueuse montagne. Je suis satisfaite de tout le reste. C’est déjà pas mal. Mais j’ai toujours envié secrètement toutes ces actrices qui pouvaient se servir de leur bas ventre pour repasser leurs vêtements. Peut-être est-ce tout simplement un signe que je passe trop de temps devant la télévision. Enfin, toute ma vie j’ai cherché à ne pas prendre du poids et surtout à perdre ce (maudit) ventre. Je n’y suis jamais arrivée. Et ce n’est pas faute de ne pas avoir essayé. J’ai fait du vélo pendant des jours, j’ai grimpé des montagnes pendant des heures, j’ai fait du jogging pendant des kilomètres et des redressements assis pendant trop longtemps. Je suis capable de faire des centaines de redressements assis pendant une séance de gym. Mon entraîneur, que j’adore, me qualifie régulièrement pour la vie de martyre. Nul besoin d’être kamikaze pour expérimenter le sacrifice, courir après l’impossible suffit. Et hélas, c’est peine perdue. Il est toujours là, fidèlement installé, tel un compagnon devant l’éternité.

Pourtant, je sais pertinemment bien que la beauté n’est pas grand chose. Ce n’est en fait rien, la beauté. J’arrive même parfois à me convaincre que c’est futile. Je suis tout de même une Intellectuelle. Je suis allée à l’Université, j’ai travaillé dans les hautes sphères de la pensée de gauche et maintenant j’Enseigne. Je devrais bien évidemment flotter au-dessus de ces considérations terrestres ! La beauté, c’est l’opium du peuple féminin! C’est dégueulasse la beauté ! C’est pas beau la beauté ! Mais que m’apporterait donc le fait d’avoir des cuisses d’enfer et une taille de déesse ? Mais qu’est-ce que ça peut bien faire d’avoir un monticule condamné à pendouiller de plus en plus d’année en année ? Vraiment ? Que pouvez-vous bien répondre à cela ?!?

Mais voyons me direz-vous, ça n’attire que des ennuis la beauté. Les hommes ne vous aiment que pour votre parure, les femmes vous jalousent secrètement et vous mettez trop d’énergie à la conserver avec des produits forts dispendieux. Vous oubliez même de nourrir votre intérieur! En plus, c’est dangereux, ça n’attire que les maniaques sexuels la beauté !

Permettez moi ici de m’égarer un instant. Étant petite c’est ainsi que je nommais les habitants de la Ville de Montréal, les maniaques sexuels. J’en étais formellement convaincue. C’était écrit noir sur blanc dans le journal le plus populaire et le plus en vue de tous les dépanneurs, le journal Allô Police. Je ne comprenais pas très bien alors comment on pouvait bâtir une ville entière avec seulement des maniaques sexuels. Mais c’était comme ça. C’était écrit donc ce devait être vrai. Je dois dire qu’ils étaient également cachés dans les endroits les plus insolites les maniaques sexuels. Se promener le soir en pantalon court, c’était apparition garantie de maniaques. Mais à la même heure, au même endroit, aussi vrai que l’ail chassant le vampire, on pouvait chasser le maniaque par le simple fait de porter le pantalon long. C’était absolument magique ! Ils étaient possiblement partout, aux aguets de l’occasion parfaite. Cependant, dans mon village lointain, on entendait beaucoup et surtout parler des habitants de Montréal. Ceux-là c’était les pires. Avec le recul, je crois maintenant qu’il s’agissait d’une stratégie politique organisée pour éviter que les jeunes ne désertent la Gaspésie. " N’y allez pas c’est plein de maniaques sexuels!!! "
Ainsi, il y a plus de vingt ans maintenant, n’écoutant que mon courage, je pris mes pantalons longs et m’installai dans cette ville de maniaques pour devenir dès lors une des leurs. Une maniaque recherchant la beauté au cœur de cette sollicitation urbaine. Parce que peu importe l’endroit où l’on se retrouve, partout il est écrit que vous devez trouver la perfection. Achetez ceci, achetez cela, ce produit vous transformera en un temps miracle ! Cependant, avez-vous déjà remarqué dans la grande majorité des magazines féminins, le gâteau au chocolat à la crème fouettée, aux cerises, à la mangue et au nougat qui se cache inévitablement derrière l’annonce du produit minceur miracle ? Et bien moi si. Et j’ai toujours été partagée entre le désir du corps qui m’ouvrirait les portes de ce bonheur lointain et bien incertain et celui de la tarte au sucre m’ouvrant la porte de l’extase immédiate. Surtout à 40 ans. On commence déjà à compter le nombre de tartes qu’il vous reste à déguster, alors au nom de quoi s’en passer ? De la beauté ?

Enfin, malgré mes paroles censées cherchant à me rassurer sur la futilité de cette quête, moi, ça m’attriste toujours un peu de ne pouvoir compter parmi ces belles. L’abandon de l’idée même de la beauté ressemble trop à l’acceptation de vieillir. Et cette idée me tourmente, parfois. Bien sûr me direz vous, pour véritablement admirer la beauté, il faut dépasser la surface. Trouver toute la bonté, la générosité dont une personne peut faire preuve. Toutes les connaissances, tous les talents acquis au gré des expériences de vie. L’homme qui voit au-delà des apparences est un homme brillant, c’est l’homme qu’il vous faut. Oui, bien sûr, je le crois intensément. Mais réellement. Dites-moi. Lorsque vous écoutez " Mélinda entre deux mondes ", celle qui a le don de parler et de régler les problèmes des morts, cette sublime travailleuse sociale de l’au-delà, ce que vous regardez vraiment, est-ce réellement son formidable don ? Est-ce vraiment ce à quoi vous vous intéressez ? Allez ! Soyez franc. Moi je suis constamment dérangée par son décolleté profondément profond. Je regarde sa garde-robe, ses robes voluptueuses épousant la courbe parfaite de ses hanches. Et pourtant je suis une femme ! Et ne faites pas de jeux de mots avec le fait de vivre à Montréal, je vous prie.

Non à quarante ans, c’est l’âge où si vous êtes belle… vous l’êtes encore pour votre âge ! On croit souvent vous faire une fleur avec cette phrase mortellement ennuyante. Pourtant, personne ne vous dit "Vous êtes intelligente pour votre âge !" ou "Vous êtes charmante pour votre âge ! " . Mais qu’est-ce que l’âge peut bien avoir à faire avec la beauté ?

Quarante ans, c’est l’âge où tu deviens invisible physiquement. À vingt ans, si un homme te siffle dans la rue, tu trouves ça banal. Tu peux même te permettre le luxe d’en être dégoûtée. Quel goujat ! Mais à quarante ans, tu te retiens de courir après ce même énergumène simplement pour le remercier. " Merci infiniment d’avoir simplement remarqué que j’existe aujourd’hui ! ". Les hommes que tu regardes ne te voient simplement pas. Les hommes qui te regardent ont vingt ans de plus que toi. Ils sont près de l’image qu’il te reste de ton grand père! Ils ont l’âge de ta mère ! Non mais et puis quoi encore?

Alors, il te reste une option. Fuir. Fuir à tout jamais cet idéal qui n’en est pas un, fuir cette recherche inutile. Et accepter. Accepter de faire place à la paix intérieure, à la sérénité, à l’amitié, aux expériences telles qu’elles sont réellement et n’être que ce que tu es. Cesser de vouloir être belle à la face du monde et devenir la plus belle à ses propres yeux.

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