Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

mardi 4 janvier 2011

Un mardi matin, un 4 janvier

Retrouvons donc nos vaillants personnages, ici, où plutôt là où nous les avions laissés, il y a de cela deux ou même trois semaines. En grève ou plutôt non, en lockout, finalement, on ne sait plus.... Tout le monde y est, même les techniciens de la balancine sont venus tout droit d'Asie et d'Afrique pour manifester contre le fait que TS, l'animatrice d'Occupation Trouble, les a tous traités de morons. Mais que demandent-ils au juste ? Une compensation financière pour avoir le droit de les traiter de morons ? non... Une semaine dans le sud ? non... Simplement de plates excuses et la promesse d'un respect éternel... même pour Cynthia. C'est tout dire de la solidarité qui les unie. Alors, tendons l'oreille afin de traverser les bruits d'auto qui couvrent les cris de ces grévistes devant le studio d'Occupation Trouble et écoutons ce qui s'y passe exactement...


SO SO SO... SOLIDARITÉ ÉÉ... SO SO SO... SOLIDARITÉ ÉÉ ...

- Finalement, on es-tu en grève ou en lockout ? demande Cynthia, un peu mêlée.

- Ben, ça a commencé par une grève pour finir en lockout, répond Épinéphrine, sûre d'elle.

- Et puis, c'est quoi la différence entre les deux ? renchérit Cynthia, en posant ses éternelles questions.

- Ben, une grève ce sont les employés qui ont décidé de crever de faim en n'allant pas travailler et le lockout ce sont les employeurs qui ont décidé de nous faire crever de faim en fermant l'entreprise.

- Oui, ok, mais c'est quoi la différence finalement? Au bout du compte, on crève tout le temps de faim !!! s'exclame Cynthia de plus bel.

- AH TOI ! AS-TU FINI DE POSER TES QUESTIONS ? C'est fatiguant à la fin ...

- Ouin, surtout quand on connaît pas la réponse c'est sûrement très fatiguant ...

Épinéphrine feint d'ignorer cette dernière moquerie et se retourne vers Hermine.

- Veux-tu me dire qu'essé qu'on fait ici à se  geler comme ça ? Ça vaut tu vraiment la peine d'en faire autant juste pour s'être fait traités de morons ?

- Voyons Épinéphrine, c'est toi qui nous a conduit là. Faut aller jusqu'au bout !

- Avoir su, j'aurais attendu à l'été. C'est quand même pas mal plus intelligent de faire du piquetage quand il fait chaud. Et au fait, où ils sont nos techniciens de la balancine ? On leur a payé le voyage et on les voit jamais sur les piquets de grève ou de lockout... si on préfère.

- Ben, il fait trop frette pour eux autres. Sont restés à la maison mais ils nous ont dit qu'ils étaient avec nous en pensée.

- Wow, c'est super utile ça. Moi aussi j'aimerais ça faire du piquetage en pensée ! En tout cas, me semble que j'ai autre chose à faire  que de passer mes journées à crier dans le vide. Et puis TS est dans le Sud, elle ne nous entend absolument pas. Même qu'elle doit s'en foutre royalement de nos réclamations.

- T'as quoi d'autre à faire un mardi matin , un 4 janvier ? Le 4 janvier, y'a absolument rien à faire.

- Faudrait que j'aille au centre d'achat pour acheter mes cadeaux de Noël.

- Hein ? T'as pas encore acheté tes cadeaux ? questionne Hermine interloquée.

- Mais non, tu comprends pas. C'est pour l'an prochain. Tout est à 50 %, ça fait des cadeaux vraiment pas chers. Tu peux même trouver des boules de Noël à 75%...

- Tu peux quand même pas donner des boules de noël en cadeau quand même !

- Pourquoi pas ? Tout le monde a l'air surpris quand je leur donne. C'est un excellent cadeau tu sauras. Même que ça fait quelque chose à jouer pour le chat. Et je les achète bien cassantes au cas où l'animal voudrait en manger un ti-bout. Tu sais, juste assez en vitre pour qu'il se coupe et que toute  la belle famille se retrouve chez le vétérinaire. Ça fait des noël inoubliables, je t'assure. C'est autre chose que les maudits noëls plates où tout le monde se disent qu'ils s'aiment alors qu'ils t'ont pas appelé même une fois dans l'année.

- T'as pas d'allure toi. De toute façon, t'es obligée de rester ici avec nous. T'es la leader syndicale. Tu peux pas nous lâcher en plein milieu. Ce serait anti-solidaire.

- Ouin, c'est ça que je vais dire à mes neveux. Désolée, pas de cadeaux cette année. Matante a préféré s'insurger contre les abus du capitalisme sauvage. Je voulais vous acheter la kinecte mais dites-vous que vous faites partis d'un plan pour améliorer la faim dans le monde. Vous pouvez être fiers de vous. Êtes-vous contents mes beaux neveux ?

Épinéphrine se met à réfléchir très fort. C'est aussi la seule journée de vente pour les boules à bijoux. C'est impossible pour elle de manquer une telle occasion. Elle doit trouver un moyen de s'éclipser de la ligne de piquetage sans que ce soit mal vu. C'est là qu'elle a cette fabuleuse idée.

- C'est bon, je reste sur la ligne de piquetage. Mais y'é pas question que les techniciens de la balancine se la coulent douce. Je vais de ce pas organiser un piquetage intérieur avec Sun Chi et Wakaboucou. Je reviens bientôt. Ne lâchez pas  ! So so so... solidarité éé... so so so... solidarité éé....

Et elle disparaît tout doucement vers le centre d'achats. Juste le temps d'acheter une ou deux petites choses, de revenir vers la maison des techniciens pour organiser n'importe quoi et revenir sur les piquets de grève dans un délai raisonnable ne compromettant pas les règles de la solidarité syndicale.

Arrivée au Centre d'achats, elle fait quelques boutiques et c'est alors qu'elle remarque Gontran Tremblay, participant de 62 ans d'Occupation Trouble, assis sur un banc, mangeant de la crème glacée.

- Tu fais quoi toi là ? Me semblait que t'étais allergique au lactose ? 

- Je le suis mais depuis que je porte des couches, je m'en fous. Ça a aussi des avantages de vieillir.

- Et t'es pas entrain de faire la grève ?

- Non, je t'ai suivi en disant que j'allais t'aider à organiser la grève intérieure.

- Toi aussi tu t'en fous de la grève ? ou du lockout c'est selon...

- Pas mal oui. J'ai juste le goût de m'amuser et de retourner chez moi, dans ma maison.

- Si tu as une maison, pourquoi t'es venu à Occupation Trouble ?

- Ben, pour coucher. Et toi Épinéphrine, pourquoi t'es là ?

- Ben pour la maison....

- Ça me donne une excellente idée, rétorque Gontran. Tu couches avec moi et au bout du compte, si ça marche, tu viens rester dans ma maison. Et au diable Occupation Trouble !!!

- Là là maintenant ? Tu veux aller coucher un mardi matin, un 4 janvier ?


- Ben oui, vois-tu autre chose à faire un mardi matin, un 4 janvier Épinéphrine ?

- Bon, on arrête de niaiser, amène-moi chez toi.

Gontran surpris, se lève drastiquement et tire rapidement Épinéphrine par la main avant qu'elle ne change d'idée. C'est qu'il ne comprend pas comment cette chose qui va se produire peut vraiment lui arriver. Lui qui n'a jamais de succès avec les femmes, il pourra, un mardi matin quelconque, un 4 janvier, coucher avec cette belle lapine aux grandes oreilles et aux grandes dents. C'est le mystère de la vie qui se perpétue.

Arrivée à la maison, Gontran offre à Épinéphrine un beau verre d'eau. Vu qu'on est quand même juste un mardi matin, un 4 janvier, il ne voit pas quoi lui offrir d'autre.

- Explique moi Épinéphrine. C'est quoi l'histoire ? Les femmes veulent soit coucher avec des jeunes pauvres ou encore avec des vieux riches. Pourquoi ?

- Ah bien là, c'est évident me semble. Si je me pogne un vieux, c'est certain que j'ai pas eu droit aux avantages de sa jeunesse. Je dois alors trouver un moyen de compenser. Et l'argent me permet de me procurer tous les plaisirs de la vie que la vieillesse ne peut me procurer. Comme entre autres, des boules à bijoux.

- Fallait  y penser. Bon ben, assez perdu de temps dans les préliminaires. On couches-tu là ? Avant que tu changes d'idée.

- Pas de problème. Tourne toi de bord que je me déshabille et que je me glisse sous les couvertures. Peux-tu fermer la lumière s'il te plaît ?

- Elle est fermée la lumière. On est en plein jour. T'as pas oublié qu'on est quand même juste un mardi matin, un 4 janvier. Il fait clair...

- Bon, ça y est, je suis prête.

Et Gontran s'allonge près d'Épinéphrine.

- J'en reviens pas que je vais pouvoir faire ça sans être devant les caméras d'Occupation Trouble... je vais faire ça gratis comme on dit. Wow, ça me donne quasiment mal au ventre...

- Ben, ça fait longtemps que tu l'as pas fait pour être énervé comme ça ?

- Non, pas longtemps, juste dix ans. La dernière fois, j'avais mis 20 ans à me trouver quelqu'un. Je suis devenu un habitué maintenant. Je peux te demander de t'asseoir sur moi ? Ça m'aiderait à me revigorer.

- Tu me prends pour un artiste du cirque du Soleil ? Je veux bien faire un B.A. pour une maison, faudrait tout de même pas en demander trop.

- OK ok, je m'installe.

Et Gontran de s'installer et de commencer à activer son appendice en essayant de passer du stade de manger mou à celui de popporman rose.

- Euh, Épinéphrine, pourrais-tu me tenir les fesses, histoires de stabiliser mon popporman rose ?

- C'est ça que je fais. Mais vu la mollesse de vos fesses votre altesse, je ne vois rien poindre de stable à l'horizon, ni mouvement, ni plaisir, ni mouvement de plaisir....

- Pis tu bouges pas fort, Épinéphrine, tu fais rien, t'as pas l'air d'aimer ça.

- Ben oui, j'aime ça. Quand j'aime pas ça je reste pas figée je t'assure, je chiale tout le temps...

- C'est ça, pour m'encourager, tu pourrais chialer un peu... Je sais pas, me dire des noms cochons, faire quelque chose... mettre un peu de piquant.

- Ben oui. Toi dans une annonce classée tu serais le genre à demander " Recherche femme douce dans la vie et tigresse au lit ! " ou encore " Femme avec gros seins pour amitié sincère... " Vous avez toujours des demandes pas possibles les hommes. Dépêche-toi, c'est les Tudors qui commencent dans 3 minutes, je voudrais pas les manquer.

- On a en masse le temps. Mais chiale, chiale... gorgote Gontran...

- Laisse-moi donc tranquille avec ton chialage, je te l'ai dit quand je chiale, j'aime pas ça. Tu voudrais pas prendre du plaisir parce que j'aime pas ça ?

- Continue, c'est ça, c'est ça, chiale, chiale ooo....

- Es-tu fou ? Là je commence à être tannée de tes niaiseries.

- Oui, oui, c'est ça, continue comme ça c'est bon c'est bon...

- Ben parle pour toi maudit cave ! T'es malade...

- Ahhhhh! Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiisssssssssssssssssss! AHhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

- Tasse-toi de là, tu me fais suer !

- C'est beau Épinéphrine, j'ai fini, tu peux arrêter de chialer.

- Enlève-toi de mon chemin. J'ai d'autre chose à faire un mardi matin, un 4 janvier que de me faire niaiser comme ça.

- Mais Épinéphrine, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu t'en vas ?

- Parles-moi plus. Je retourne sur les piquets de grève, répond-elle furieuse.

Et Gontran, revenu au stade de manger mou, se retrouve seul, déçu encore une fois de ne pas comprendre les femmes.

2 commentaires:

seb haton a dit…

Oui mais ce n'est pas du jeu. Si tu mets un roman en ligne dans son intégralité, les lecteurs ne peuvent plus suivre, leurs yeux sèchent et ils ne voient plus rien...
J'aimerais lire ton texte dans des conditions de confort optimales,je crois que je vais l'imprimer.
sébastien

Travailleuse sociale a dit…

BOnjour cher fan ! Merci du compliment.

Lorsque j'ai commencé à écrire cette histoire, je ne savais pas qu'elle serait si longue. Mais je suis d'accord qu'elle doit être un peu difficile à suivre. J'ai essayé de la concevoir comme à la fois une histoire qui se suit et des textes qu'on peut lire de façon assez autonome. Mais je crois que j'ai échoué dans mon entreprise... Je pourrais également te la fournir en document word si tu préfères...

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