Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

jeudi 12 janvier 2012

Les consignes

- " Eh! Sal con ! Espèce d'enculé ! Pourquoi t'attends comme ça ? Tu vois pas que je suis entrain de me retourner pour m'installer dans cette place de stationnement ?"

Ah Ah ! Je lui aurais fait dire pas mal fort si ma fenêtre d'auto n'avait pas été fermée. Que voulez-vous, hiver oblige et la rage au volant se passe surtout à l'intérieur. Alors, refusant la bagarre sur laquelle je ne fais que fantasmer, je vais me garer ailleurs. Une autre fois, peut-être, je me battrai pour vrai. Pour prendre cette place. Une place de stationnement à laquelle j'attacherai mon honneur. Je fêterai ma victoire dans la gloire... Le manque de sommeil me fait délirer, me confine dans les bas-fonds de ma colère qui fait rage dans mon être. 

Ces thérapeutes du sommeil pouvaient bien être gentils. Pas besoin d'être méchants, les techniques en elles-mêmes font le travail. Pour rétablir le sommeil, rien de plus facile ! Simplement te torturer en t'en privant jusqu'à ce que ton esprit hurle de désespoir en attendant désespérément le moment d'aller se coucher. La technique de privation du sommeil ouais, quelle belle invention. Je suspecte une actualisation des techniques de torture des camps de concentration nazis !!! Vous trouvez que j'exagère ? Allez vous faire f... 

La belle affaire. Rester au lit maximum 6 heures. Ne pas dormir dans le jour sauf maximum 45 minutes entre 12h00 et 15h00. Ne pas manger copieux, surtout le soir. Ne pas regarder l'heure de toute la nuit. Faire de l'auto-training (technique de méditation) deux fois par jour. Fermer l'ordinateur au moins une heure avant le coucher puisque la lumière de l'ordinateur empêche la production de mélatonine, essentielle au sommeil. Ne pas rester éveillée au lit plus de 15 minutes, se lever, faire une activité ennuyante pendant au maximum 30 minutes, retourner se coucher et recommencer si on ne trouve pas le sommeil. 

Et continuer sa vie comme si de rien n'était en étant plus fatiguée que le temps où on ne dormait pas. Travailler en ayant une seule idée en tête, aller dormir. M'allonger, juste un tout petit peu. Pas longtemps, juste le temps de reprendre un peu le contrôle de ma destinée. Mais devoir faire face à la culpabilité au retour de la thérapie de groupe. "Vous prenez un engagement envers nous en respectant ces consignes et également mais surtout, un engagement envers vous. Si vous n'êtes pas en mesure de respecter ces consignes dans le cadre d'une thérapie, il y a fort à parier que vous ne pourrez pas les pratiquer seul, lorsque vous en aurez besoin." Cette simple phrase me revient en tête constamment. Respecter les consignes à tout prix et ne pas pouvoir mentir, même un petit peu puisque c'est aussi se mentir à soi-même. Comme pour mon beau-père diabétique qui se gavait constamment de desserts sauf la semaine précédent sa prise de sang d'où il revenait très fier. "Mon sucre est beau ! Mon sucre est beau !" Et rebelotte dans les sucreries. Je trouvais ça idiot. Mais maintenant je comprenais qu'on puisse avoir envie de se mentir ainsi, se fuir soi-même puisque la réalité est trop cruelle à supporter. Dormir, se rassurer que c'est normal, qu'on ne peut tout de même pas endurer si longtemps cette torture. Implorer même à genoux.  "S.V.P. je m'excuse, je ne le referai plus jamais." Une thérapie ressentie comme une punition. Une fatigue qui te ramène à tes états d'enfant punie qui regrette ce qu'elle a bien pu faire même si elle ne le comprend pas vraiment. 

Mais dormir maintenant c'était s'assurer ne plus jamais dormir du tout et ça non, c'était ce que je devais éviter absolument. Je devais tenir le coup. Pour mon sommeil, pour ma santé mentale future, finalement, pour moi. Souffrir pour dormir. 

Alors je continue. Coucher à la même heure, lever à la même heure. Je traîne ma peau de fatigue. J'attendrai 5 semaines juste pour voir si ça va fonctionner. 5 semaines avant de voir des résultats, c'est ce qu'ils ont dit.  Je le ferai, j'irai jusqu'au bout, parce qu'après, si ça ne fonctionne pas, le bout me paraît encore plus vide que maintenant. Et je continue à gueuler contre le savoir-vivre des citadins. Comme cette saleté qui me coupe dans une sortie d'autoroute. En fait, c'est ma chance (ou ma malchance). J'ai de quoi faire...  

4 commentaires:

seb haton a dit…

Vous le suggérez et je pense que vous avez raison : les humains s'aimeront plus les uns les autres quand il n'y aura plus de véhicule à moteur...
s.h.

FB a dit…

16 janvier aujourd'hui... As-tu réussi à dormir un peu depuis le billet du 12?
Commences-tu à sentir quelques bienfaits de ta cure de compression?
Je te le souhaite chère TS...

France

Travailleuse sociale a dit…

Seb : j'ai travaillé 18 ans sans avoir d'automobile et ça ne me dérangeait pas, même que l'idée d'en avoir une me déplaisait. J'ai pris l'auto de ma mère lorsqu'elle est décédée. J'ai coléré à quelques reprises, conduite manuelle oblige et maintenant, je ne sais plus comment je ferais pour m'en passer.

France : La réponse à ta question dans mon prochain billet :o). Suspense...

seb haton a dit…

Je sais bien, tu sais...
Moi zaussi, je suis prisonnier ;)
s.h.

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