Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Alors bonne lecture !

Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

samedi 12 septembre 2009

Tu te fais du mal !


Depuis toujours, les chats ont fait partie de mon existence. Le dernier, Méryl, m’a quittée cet été, à l’âge de 17 ans. Les chats ont partagé près de 20 ans de ma vie. Depuis longtemps, je me disais qu’à la fin, ce serait terminé. Je ne voulais plus jamais m’engager à prendre soin de ces bêtes dont tu te préoccupes tant lorsque tu quittes la maison ou lorsqu’ils vieillissent et tombent malades. Pour ma part, un engagement est un engagement. J’ai horreur des personnes qui les abandonnent soudainement parce qu’ils s’aperçoivent que finalement, un chat, demande un minimum d’attention et de soins. D’un autre côté, je m’ennuie très fort de leur présence câline et réconfortante. Est-ce que ça a un rapport avec ce nouveau vide existentiel, mais depuis quelque temps, je me suis aperçue qu’il y avait beaucoup de beaux hommes dans mon entourage. Je m'imagine alors passer ma main dans leur belle crinière de cheveux bien épaisse et peut-être, aussi parfois, leur gratter un peu l’oreille jusqu’à ce qu’ils s’endorment et ronronnent bien fort…

Il faut dire que les chats m’ont beaucoup apporté dans ma vie. Entre autres, ils m’ont obligée à une certaine stabilité lorsque tout basculait, un peu comme lorsque vous avez des enfants, il vous faut garder les pieds bien ancrés sur terre pour pouvoir les nourrir et vous en occuper convenablement. Lorsque j’arrivais le soir, ils m’attendaient devant la porte comme pour me dire " Salut, on sait que tu es fatiguée mais nous, on est là! On te lâche pas ! ".


C’est certain qu’un chat c’est très fidèle surtout lorsque condamné à demeurer entre quatre murs jusqu’à la fin de ses jours ! Mais malgré tout, ils possédaient une certaine liberté entre mes murs. Je n’ai jamais eu suffisamment d’autorité pour leur imposer quelque limite que ce soit. Ils dormaient dans mon lit, dans mes draps, montaient sur mon comptoir de cuisine, sur ma table, ils dormaient dans mon lavabo de salle de bain et jouaient avec des balles qu’ils déposaient dans le trou du bain. Parfois même, alors que je dormais, ils s’assoyaient sur ma poitrine, jusqu’à ce que j’ouvre les yeux. Ils me sautaient alors littéralement à la figure pour me la lécher allègrement.
Mes chats connaissaient et visitaient absolument tous les endroits de mon appartement et s’adonnaient alors à leurs activités complètement inutiles. Parce que la vie de chat, ça ressemble pas mal à ça : dormir, manger, explorer et faire des activités qui ne servent vraiment à rien sauf peut-être à émerveiller les occupants de la maison. Parce que finalement, je ne sais pas trop par quel coup du hasard, on finit toujours par se passionner pour leurs activités complètement innocentes et inutiles. " Ah! Hier, mon chat est grimpé sur ma table, ensuite sur mon frigo et il a ouvert une porte de l’armoire et je l’ai attrapé en train de se promener dans ma vaisselle. Maudit fou, que je l’aime donc ! " Honnêtement, remplacer le mot chat par enfant, et je ne m’en souviendrais probablement plus vraiment aujourd’hui. Mais avec un chat, ça devient un souvenir inoubliable et intarissable que je raconte encore 15 ans plus tard ! Non mais, faut-tu que ma vie soit plate pour que ça, ça soit encore dans mes souvenirs ?!?


On m’a toujours expliqué que les chats pouvaient retenir six comportements enseignés par les humains. Les miens, n’en ont retenu aucun, parce que je ne leur ai absolument rien enseigné. La seule chose qu’ils auraient pu apprendre de moi s’ils avaient pu parler ressemble à : " You yi le ti ti mimine bébé coucou la qui mi binignigni ? ". Heureusement pour mes voisins, je n’ai jamais eu de perroquet ! Enfin. Mes chats étaient tellement bien chez moi, que je crois même qu’ils étaient persuadés que je vivais chez eux.


Lorsque je recevais de la visite et qu’ils avaient un comportement inapproprié, je n’étais pas très fière et je disais l’air de rien " C’est drôle, ils ne font jamais ça d’habitude, monter sur la table ". Si le visiteur était intelligent, il comprenait que je tentais seulement de sauver la face pour ne pas passer pour une malpropre qui laisse ses chats, considérés non hygiéniques par plusieurs, lui ruiner sa propre hygiène ! À d’autres occasions, si le visiteur n’était pas trop intelligent, je pouvais m’en sortir et passer pour une fille qui avait de la classe mais un chat qui n’en avait pas.
Mais, vous ai-je déjà parlé du complexe de malpropreté dans ma famille ? Mon père, qui maltraitait ma mère en paroles, lui disait lorsqu’ils étaient ensemble, qu’elle était une femme malpropre. Je ne sais pas trop pourquoi ni par quelle sorte de logique de fonctionnement (ou dysfonctionnement ?) du cerveau, mais cette condamnation à être juste une grosse cochonne est restée profondément gravée en moi et aussi sûrement, en ma mère. Finalement, elle a eu un père qui la traitait de laide parce qu’elle avait un œil croche et ensuite un mari qui la traitait de cochonne parce qu’il la trouvait malpropre. Je peux comprendre qu’elle était ce qu’elle était et qu’on est devenus comme on est maintenant. En tout cas, je me comprends…


En parlant de malpropreté, enfant, je reprochais souvent à ma sœur de ne jamais participer au ménage du samedi matin. J’aurais probablement fait de même si j’avais été une enfant élevée dans une famille normale. Pas si anormale que ça me direz-vous ? En connaissez-vous beaucoup vous, des mères qui cachent la vaisselle sale sous l’évier en attendant qu’il y en ait assez pour la laver ? Parce qu’un repas avec quatre personnes ça fait pas assez de vaisselle ? Pour ma part, j’avoue, je la cachais dans le four jusqu’au jour où j’ai mis le feu parce que j’y avais oublié un couvercle en plastique ! Enfin, passons.


Le ménage, ma sœur s’en foutait royalement. Elle fumait du pot, buvait et traînait dans le village jusqu’aux petites heures du matin avec ses amis fuckés. J’avais pas mal honte d’elle parce que dans un village, quand tu es cataloguée " guidoune ", tu l’es pas mal pour le reste de tes jours ainsi que pour les quatre générations que tu vas engendrer. Valait mieux prendre les devants et traiter le monde de guidoune avant que quelqu’un ne le fasse pour toi ! Moi, je prenais des marches de fille sage dans le village avec des amies que les gars regardaient parce qu’elles avaient des gros seins et des courbes sensuelles comme les vagues de la mer, alors que j’étais plate comme une rivière sans eau. À 15 ans, j’avais vraiment hâte d’en avoir ! À 45 ans, ben j’ai encore aussi hâte. En tout cas.


Mais bon, je vivais dans une famille monoparentale et je trouvais que ma mère faisait vraiment pitié et j’aurais eu trop honte de la laisser faire le ménage toute seule. J’haïssais ça faire le ménage. Surtout, vu la pauvreté dans laquelle nous vivions, nettoyé ou pas, un divan orange "carreauté" avec des brûlures de cigarettes, ça peut jamais vraiment avoir l’air propre. Donc, peu importe la quantité de Spick-and-Span qu’on utilisait, je trouvais que la maison avait toujours l’air d’une grange abandonnée. Tellement, que j’ai jamais invité d’amies chez moi. J’avais bien trop honte de notre divan et pire encore, de montrer qu’on se chauffait au bois sur une grille, où on s’assoyait le matin en sortant du lit, parce que le poêle était éteint depuis quelques heures et qu’on gelait partout dans la maison. L’hiver, j’avais honte de notre poêle à bois mais l’été, je vous dis pas. J’aurais jamais accepté que mes amies voient ma mère en culotte courte montrer ses vergetures pis ses cuisses pleines de cellulites ! Ça c’était ben pire que le poêle à bois, je vous jure…


Je vous raconte ça mais je réalise à quel point je ne sais vraiment pas si la malpropreté est une réalité ou un souvenir fantasmatique de petite fille. Enfin, toujours est-il que ma mère, une fois âgée, me vantait constamment, à chacune de ses visites, les mérites de l’eau de Javel. Vous n’avez pas idée à quel point c’est utile de l’eau de Javel. Bien sûr, vous pouvez en ajouter dans l’eau lorsque vous lavez vos vêtements. Mais vous pouvez également l’utiliser pour laver votre vaisselle (en infimes quantités s.v.p., je le mentionne juste au cas où vous auriez la brillante idée d’ essayer ça!), vous pouvez également en mettre dans la toilette, dans le bain en le faisant tremper à grande eau. Je pense même que c’est bon pour vos boutons d’acné!… mais bon, essayez-le donc pas… Et vous n’avez pas idée ce que ça peut finir par empester la propreté des fois !


Ma mère me disait souvent qu’elle avait le nez fin… une sorte de figure de style pour me dire qu’il y avait des odeurs pestilentielles et insupportables chez moi. Ainsi, un jour, j’ai appris qu’il existait un %&*# de spray, dont j’ai probablement tout fait pour oublier le nom, mais qui serait sûrement très bon pour rafraîchir mon matelas, mes divans et mes chaises en tissus. Écoutez, c’est presque aussi bon que la %&*# d’eau de Javel, mais vu que ça brûle le tissu, il faut tout de même utiliser d’autres produits de temps en temps. Selon elle, c’était super bon pour enlever les odeurs, particulièrement les odeurs d’animaux, parce que, vous savez, mes animaux aussi puaient !!! Et en plus, ben, vieux et malades qu’ils étaient, ils faisaient vraiment pitié, presque autant que ma mère quand elle faisait le ménage toute seule. Ça faisait longtemps que j’aurais dû m’en débarrasser. (Ici, je parle de mes chats, bien sûr!) " Tsé, quand on a été pauvres, dans une famille de 14 enfants, vivant sur une ferme, les animaux c’était fait vraiment juste pour se retrouver dans ton assiette! Pis on doit s’en débarrasser avant qu’ils ne soient malades et qu’ils ne nous coûtent une seule cent. Mais c’est tu dieu possible de payer pour faire soigner des bêtes, surtout quand on a toujours été si pauvres et qu’ on gaspille de la belle argent dont ta MÈRE pourrait VRAIMENT profiter, ELLE ? "


Et là on me demande pourquoi je suis allergique à ceux qui entrent dans mon intimité et qui viennent m’enseigner que c’est beaucoup plus propre de laver ma vaisselle dans un plat que de laisser l’eau couler et m’acheter une salière parce que c’est mauditement important dans une cuisine et qu’il serait super important pour mon évolution personnelle que je m’achète une batterie de cuisine à marde ! AHHHHHHH!!!!


Ainsi, j’ai longtemps lutté contre mon complexe de malpropreté… en plus de celui de la grosseur… et celui de la laideur. Beau temps mauvais temps, ces préoccupations occupent quand même pas mal mon temps.


Donc, lorsque je mangeais mes céréales le matin (et que ma mère n’était pas en visite), mon chat s’assoyait en face de moi sur ma table et regardait mon bol avec l’air de penser : " Envoye, mange-les tes céréales que je boive le lait. J’ai pas juste ça à faire moé, m’asseoir sur la table pis te regarder manger. Faut que j’aille me contorsionner sur ton lit et me lécher le derrière. Faut aussi que je trouve du temps pour me coucher sur le dos en m’étirant et montrer que je suis le maître de la maison. Laisse-le donc faire ton maudit journal à matin, pis mange! ".


Alors d’un côté je m’ennuie de l’affection que me procuraient mes chats et de l’autre, je lutte pour garder ma liberté longtemps espérée. Ces deux sentiments s’entrechoquent dans mon esprit jour après jour. Et ne sachant trop quelle décision prendre, chaque jour, je tape sur mon ordinateur " chat à donner " et je me fais du mal en regardant toutes ces petites boules de poils qui tentent de m’ensorceler pour que je les adopte le plus rapidement possible. Mon dernier coup de cœur ressemble à ça :
 
 


Deux petites sœurs de couleurs différentes mais peinturées absolument de la même manière ! Je demande pardon à l’auteure de la photo pour les droits de publication mais j’ajouterai tout de même la source pour être dans les règles (ou encore si jamais l’idée vous prenait de simplement les adopter ) :


http://montreal.kijiji.ca/c-animaux-donner-Deux-petites-chattes-de-6-semaines-donner-W0QQAdIdZ154381125

J’ai tellement décidé de ne plus avoir de chat que j’en nourris un qui erre dans ma ruelle depuis quelques jours en tentant de l’apprivoiser pour qu’il entre dans mon appartement.

Voilà à quel point je me fais du mal !

Bonne semaine !
 

8 commentaires:

nani a dit…

Bonjour TS,
j'étais sur mytexte et j'ai suivi par hasard votre site..coïncidence dans nos goûts:
j'ai 51 ans,je vis seule avec ma Minette que j'ai recueillis il y a 2 ans enfin c'est elle qui m'a adopté !!j'adore l'écriture,j'ai comme vous un site sur blogspot:leblogdenani.blogspot.com ou j'écris des poèmes.
j'ai fait aussi un blog sur skyrock entièrement consacré aux chats !!!: nanietnini200.skyrock.com
nini c'est ma minette !!
je prépare aussi une autobiographie sur un autre site...
j'ai découvert internet il y a 5 ans et depuis c'est une "drogue douce"..
j'aime bien votre texte ou vous parlez d'une manière "très à l'aise" de différent instant de vie..voilà je voulais juste partager un peu...je continuerais de vous lire et peut-être à plus tard..bonne soirée...

Travailleuse sociale a dit…

Bonjour Nani,

Merci d'avoir laissé un message sur mon blogue. Ça me fait bien plaisir de constater que des personnes me lisent. Je visiterai certainement votre blogue très bientôt.

À bientôt !

Anonyme a dit…
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