Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

samedi 28 août 2010

Un p'tit bout du.... Chapitre premier

Hum, hum... voilà, j'ai trouvé ma fameuse clé, bien enfouie dans mon sac d'ordinateur portable. Hum, hum, voilà comment le tout a commencé...


Un jour je serai Quelqu'un, n'importe qui mais Quelqu'un

À quatorze ans j'eus ma première nuit d'insomnie.

Plus tard, bien plus tard, cette nuit serait suivie de plusieurs autres. Plus tard, j'emploierais mes journées à développer des stratégies pour dormir. Je ne calculerais plus le nombre de tisanes ou de lait chaud ingérés avec l'espoir de me vautrer dans le monde des rêves. Bien plus tard, je me convaincrais de fermer la télévision le soir, d'éloigner de moi toute forme d'excitants, la lecture, l'écriture à peu près tout quoi, pour tenter l'impossible, une simple nuit de sommeil. Je me mettrais à lire des revues repoussantes d'ennui ou à écouter de la musique reproduisant le bruit de l'eau. Malheureusement cette dernière m'accompagnerait plus souvent qu'autrement vers les toilettes plutôt que vers cette fuite tant espérée. Plus tard, beaucoup plus tard, j'éviterais l'alcool, le café, les exercices physiques après 19h00. Je passerais mes journées à rêver que je dors, enfin.

Mais peine perdue. Je me retrouverais trop souvent au milieu de la nuit à ruminer qu'à ce rythme, je finirais par perdre mon travail, qu'il me serait bien impossible de continuer ainsi encore longtemps. Ou je me persuaderais qu'en raison de ma trop grande fatigue j'allais certainement tuer un enfant en m'endormant (finalement !) au volant de ma voiture. Et puis je finirais par me rassurer en me disant "Pas grave, je n'irai pas travailler si je ne dors pas". Et le matin venu, les yeux cernés, l'estomac noué, la tête torturée, je me lèverais et j'irais au travail. Parce qu'il est bien impossible de ne jamais travailler lorsqu'on ne dort jamais, n'est-ce pas ?

Voilà, plus tard, je deviendrais fatiguée et folle.

Mais pour l'instant, je n'ai que quatorze ans, je ne sais rien de tout cela. Mais je sais que je ne dors pas. Et mon corps est envahi par l'angoisse de la mort semblant s'être éjectée de nulle part, comme les pires cauchemars. Cette nuit-là, je venais de réaliser qu'un jour, je mourrais. Comme ça, aussi bête que cela pouvait paraître. J'allais bel et bien mourir.

Pourtant, dans mon bien petit village, situé trop loin de la ville pour être le moindrement connu de qui que ce soit, dans ce village rempli de vieux à craquer, je côtoyais depuis toujours cette odieuse mort. Chaque hiver, plusieurs d'entre eux claquaient, considérant probablement avoir suffisamment lutté pour subsister. Et comment les en blâmer ? Personne véritablement ne désire survivre aux hivers québécois. Et qui plus est, survivre à l'hiver dans ce trou perdu ? Plutôt mourir ! 

Alors pourquoi cette nuit-là particulièrement, cette vérité depuis si longtemps connue de ma personne, venait-elle frapper à la porte de ma conscience? Comment soudainement,  mes murs de sécurité psychologiques pouvaient-ils s'écrouler ? Je ressentis un fort pincement au coeur à l'idée que nulle part, je n'étais à l'abri du danger. À tout moment, mon histoire risquait de se terminer. Ou je devrais dire adieu à ma mère, ma soeur, mon frère. Venu d'on ne sait où, le malheur pouvait frapper à ma porte et m'anéantir. Je ne sus jamais pourquoi je connus cette nuit-là cette terrible prise de conscience, mais cette nouvelle perspective de la fin de mon enveloppe terrestre - même si, je tentais de m'en convaincre, elle surgirait dans très longtemps, très très longtemps, quand moi aussi je serai une vieille qui craque de partout- fît naître en moi nombre de questionnements. Et disons-le, questionnements qui donneraient naissance, toute ma vie durant, à une famille nombreuse cherchant sans cesse à se reproduire.

Si tout doit se terminer ainsi, à quoi cela sert-il de vivre ? Et plus précisément, à quoi sert ma vie, à moi, la mienne, ma propre vie, vous comprenez ? C'est alors qu'une idée s'imposa à moi, sans plus attendre, comme pour calmer cette torture mentale qui me serrait le ventre. L'idée de devenir quelqu'un. Il me sembla dès lors absolument nécessaire de ne quitter ce monde sans auparavant être devenue importante, sans avoir suscité l'admiration, la jalousie et l'envie de quiconque et même de tous ! À partir de cette toute petite nuit, il m'était devenu péremptoire que l'on puisse encore parler de moi plusieurs années après ma mort. Je me devais à moi et à l'espèce humaine de devenir quelqu'un. En faisant quoi ? Hum... pas encore très clair tout ça, mais bon, probablement n'importe quoi, j'avais encore le temps de voir venir. L'important dans toute cette histoire était, à n'en pas douter, que je deviendrais, Quelqu'un.

.... (à suivre à la parution de mon livre... lorsque j'aurai le temps de l'écrire...)

J'attends votre avis...

Merci,

TS

2 commentaires:

shaton a dit…

Je trouve ton style très plaisant ;)) mais j'ai un problème stylistique avec ton récit. C'est une question d'utilisation des temps, mais cela n'engage que moi (et mon passé de linguiste).
En tout cas, je serai ravi de lire la suite.

Travailleuse sociale a dit…

Oui, c'est encore un premier jet ! Mais merci beaucoup pour ton avis.

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