Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

mardi 7 septembre 2010

Lettre à ma mère morte (Thérapie 2)

Bonjour maman,

Déjà deux ans que tu nous as quitté. Deux ans déjà que j'ai assisté, impuissante, à ton dernier souffle. À cet instant, j'ai réalisé à quel point la mort était un acte aussi fort que la naissance. Peut-être était-ce un peu pour me consoler de la douleur occasionnée par ton départ, mais j'ai pensé que tout ceci ne pouvait pas, ne pas avoir de sens. Que la mort, tout comme la vie, devait inexorablement avoir une signification qui, malheureusement, m'échappe encore aujourd'hui. Je me souviens t'avoir entendu dire que ta plus grande réalisation dans la vie, c'était nous, tes enfants. Combien je fus touchée par cette découverte intense qu'était la tienne. Je me suis alors demandée si l'approche de la fin précipitait la compréhension de notre vie. Je ne sais pas. Je n'ai pas eu le temps de savoir.

Je n'oublierai jamais ton regard lorsque ce soir-là tu as compris que, loin de reprendre du terrain de la vie, ton corps t'indiquait douloureusement la fin prochaine. Ton regard lorsque tu m'as simplement dit " Puisque faut y aller, j'y vais." Quatre jours plus tard, tu étais partie. Ton acceptation de l'inacceptable, ce lâcher prise sur ta vie que tu aimais pourtant intensément, fût pour moi une grande leçon de vie. Mais tout ça bien sûr, tu le sais déjà.

Ta maladie m'a beaucoup appris. J'ai appris combien il pouvait être précieux de savoir que quelque part, quelqu'un avait besoin de moi. Ta maladie a donné un sens à mes gestes. Une valeur à ma vie, que ta mort a emporté avec toi, creusant ainsi un vide que j'ai mis du temps à combler. Et maintenant, parfois, je t'imagine me regarder de là-haut, avec la satisfaction de me savoir heureuse.

Mais ta maladie fût également source de chagrin immense. Celui de te voir partir avant que de mourrir. De comprendre bien avant la fin que tout était déjà fini. La déchéance du corps et de l'esprit qui emporte avec elle tout ce qui ne pourra jamais plus être. Toutes ces questions restées sans réponse. Ai-je été à la hauteur ? Aurais-je pu, aurais-je du faire davantage ? Et surtout, surtout, m'as-tu pardonné pour ces paroles insensées que j'ai pu dire alors que tu partais et que je ne le réalisais pas. Bien sûr je pourrais trouver toutes les raisons pour expliquer ma colère. La fatigue accumulée. La solitude dans des soins aussi épuisants. La douleur. L'anxiété qui jamais ne lâchait sa prise sur mon âme.

Mais dis-moi, maman, m'as-tu pardonné ?

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TS - Docteur, docteur, c'est fait ! J'ai écrit ma  lettre. Qu'en pensez-vous ?

Docteur - (silence)

TS - Docteur ? Ça va ? Qu'est-ce qui se passe ?

Docteur - (silence)

TS - Mais Docteur, parlez-moi ! Vous m'inquiétez !

Et le docteur se retourne. Je peux voir ses yeux rougis. Il n'émet plus un son, la gorge nouée par l'émotion.

TS - Mais Docteur, vous pleurez ?

(À SUIVRE ... )

5 commentaires:

ClaudeL a dit…

Ça fait du bien, n'est-ce pas?

Travailleuse sociale a dit…

Hum... pas certaine encore...

Martha a dit…

Câlins pour toi mon amie. XX

Martha a dit…

Yes! Je te lis chaque semaine chère Travailleuse sociale mais je n'arrivais plus à comprendre comment t'envoyer un commentaire. Maintenant je sais. :0)

Travailleuse sociale a dit…

Très contente d'avoir des nouvelles de mes lecteurs. Bon dieu, j'ai l'impression de me prendre pour une védette quand je parle de lecteurs !!! :o) Bon dimanche.

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