Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

samedi 25 septembre 2010

Thérapie (4)

Si on se souvient bien, nous avions quitté notre héroïne, Travailleuse sociale,suite à une séance de thérapie (3). Après une émouvante "Lettre à sa mère morte", elle avait jugé ne pas lui avoir tout dit ce qu'elle avait sur le coeur et avait décidé de poursuivre la lettre à sa mère.  On la retrouve aujourd'hui, de retour dans le bureau du Docteur.

TS - Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Docteur !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Espèce de salaud de faux thérapeute à la noix !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!

Docteur - Mais calmez-vous voyons. Pourquoi êtes-vous dans un état pareil ? Qu'avez-vous à transpirer de la sorte ? Contrôlez-vous un peu. Assoyez-vous. C'est ça.... Respirez. Buvez un peu.

Il lui tend un verre d'eau qu'elle fait valser d'un geste théâtral de la main.

TS - Vous vous moquez de moi ? Après tout ce que je vous ai confié. Vous ne trouvez rien de mieux que de vous moquer de moi ! Redonnez-moi mon argent. Vous méritez que je dépose une plainte au Collège des Docteurs pour manquement à l'éthique.

Docteur - (Il lève le ton). POUVEZ-VOUS BIEN ME DIRE CE QUE VOUS ME REPROCHEZ ????? Calmez-vous ou je vous fais interner en psychiatrie sur le champ.

TS - C'est ça, c'est ça votre technique. Vous faites virer le monde fou pour pouvoir les soigner après. Je le savais que vous faisiez tous ça. Bande de    &*(?%(&%(&?(...

Docteur - D'accord, on se calme. Expliquez-moi et on verra ce qu'il y a à faire.

TS - Bon. Après notre dernier rendez-vous, je retournais tranquillement chez moi. Sans rien demander à personne. Ni même l'heure. Ni même une cigarette, c'est normal, je ne fume pas. Même pas 25 cents pour manger. Je m'en allais tout bonnement, sans même demander mon chemin, puisque je le connais...

Docteur - Accouchez.

TS - Ne recommencez pas, vous là. Alors, je suis entrée chez moi. Et c'est là, que je l'ai aperçu. Dans mon salon, m'attendant patiemment.

Docteur - Vous n'allez tout de même pas me dire que votre mère est ressuscitée. On me l'a déjà fait celle-là. Vous savez, pour les hallucinations, il existe de bons neuroleptiques.

TS - Mais non, sombre crétin. Pas ma mère. C'est idiot ce que vous dites. Pas ma mère. Une lettre de ma mère. Elle m'a répondu !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Alors je dis, vous m'avez fait une méchante blague.

Docteur - Détrompez-vous. Je ne le pourrais jamais. Et pourquoi je perdrais mon temps à faire de telles âneries.

TS - Ben... pour me faire virer folle ? Et faire de l'argent en me soignant ? .... Enfin. Mais. Mais. Si ce n'est pas vous alors....

Docteur - Hum. Quelqu'un d'autre ?

TS - Personne d'autre n'est au courant des informations que je vous donne. Vous et... ma maman.

Docteur - Commençons par le début. Que disait cette lettre ?

TS - Je vous la lis. Mais dites-vous que je reste sceptique.

Docteur - Je comprends. On le serait à moins. Alors, allez-y, lisez.

TS - " Ma chère fille. Mais comment ai-je pu mettre au monde un être aussi intellectuellement et émotivement torturé ? Moi, fille de cultivateur née dans une famille pauvre, avec 13 frères et soeurs. Un mal pour un bien, je te dis, de vivre dans de telles conditions. Nous n'avions vraiment pas le temps de nous en faire pour des vétilles comme vous le faites dans le monde moderne actuel. À quoi ça sert, vraiment, de te torturer ainsi. C'est vrai, je n'étais pas parfaite moi non plus. Je t'en ai fait voir de toutes les couleurs pendant ma maladie. Malgré tous mes efforts pour accepter ma maladie.

C'est vrai, toute ma vie je me suis toujours dit que le bon Dieu savait tout. Qu'il savait quel serait le bon moment pour venir nous chercher auprès de lui. On m'avait appris que ce moment serait un tel bonheur. Mais lorsqu'est survenue la maladie, j'ai eu bien de la misère à accepter la décision du bon Dieu. Pourquoi moi ? Pourquoi vouloir venir me chercher si jeune ? Ma vie était enfin heureuse.

Tu le sais chère fille. J'ai vécu dans beaucoup de souffrances. Ton père, alcoolique, me violentait verbalement. Mais ça, à l'époque, je ne trouvais pas ça bien grave. Ton père n'avait fait que prendre le relais de mon propre père. Mon père qui me traitait de laide. Trop laide même pour être aimée. Alors, je m'en serais contentée de ton père. Mais il a fallu qu'il me laisse avec 3 enfants. Tu imagines. Je n'étais même pas assez belle pour être aimée par un alcoolique, un menteur, un tricheur. Alors, pendant des années, j'ai trouvé que je n'étais rien. Rien d'autre qu'une mère qui faisait son possible pour vous élever. Mais même ça, souvent, je trouvais que c'était trop. Mais je l'ai fait. Pas parfaitement. Mais je l'ai fait du mieux que j'ai pu.

Et quand est venu le moment où je pouvais être enfin heureuse, le moment où vous faisiez vos vies d'adultes. J'avais retrouvé ma liberté et je pouvais m'occuper de moi, il y a eu ce malheureux événement avec ton frère, mort de désespoir. Ça s'était trop. Je ne méritais pas le bonheur. J'ai mis des années à m'en remettre. Je ne peux pas dire que je n'avais pas tenté de l'aider, mais je n'avais pas fait assez. Est-ce que c'était pire pour un garçon de ne pas avoir eu de père ? Est-ce que c'était mieux d'avoir un père mauvais que pas du tout ? C'était encore ma faute. J'ai vécu toute seule avec ma peine. Jamais on ne s'en parlait. Toutes deux, nous avons souffert sans jamais en parler. Cette solitude dans la souffrance m'affectait énormément. Mais je ne sentais pas vraiment l'ouverture de ta part pour en parler. Mais j'ai fait ce que j'ai pu. Et les années ont passé.

Et enfin, enfin, j'ai pu revivre à nouveau. Je me souviens très clairement de ce matin où j'ai parlé à ton frère en lui disant " Maintenant, je te laisse partir. Il est temps que je m'occupe de moi." Je le pensais vraiment. Mais un mois plus tard, ce fût l'annonce de cette terrible maladie. Encore un mauvais coup de cette vie qui a passé son temps à essayer de me convaincre que je n'étais pas faite pour le bonheur.

Alors oui, j'ai eu intensément besoin de tes soins. Je ne te remercierai jamais assez pour ta présence. Tu as toujours été là quand j'en ai eu besoin. Mais oui, je l'avoue, je t'ai mené la vie dure parce que je t'en voulais d'être encore en vie, en santé. Toi tu avais tout devant toi. Moi je n'avais plus rien. Quand j'y pense, je crois bien que j'en voulais au monde entier et que c'est toi qui a tout écopé parce que devant moi, il n'y avait que toi. Toi qui pouvait encaisser parce que tu étais suffisamment près de moi pour comprendre. J'aurais tant voulu vivre encore. J'aurais tant voulu profiter encore de cette vie.

Et le bon Dieu, j'ai fini par lui pardonner. J'ai fini par accepter d'aller le rejoindre.

Mais toi, ma fille, en quoi crois-tu ? C'est bien ça qui me chagrine. Dans ma foi, j'ai trouvé la force de vous dire adieu. Et toi, en quoi trouveras-tu ta force ? Penses-y un peu. Et à savoir, si je t'ai pardonné ? Tu fais preuve ici de mémoire sélective. C'est vrai que mon état ne nous a pas permis d'en discuter aussi facilement que tu l'aurais voulu. Mais souviens-toi, je t'ai fait un signe. Un simple signe. Que tout était oublié. Que ça n'avait plus d'importance. Le problème n'est pas que je ne t'ai pas pardonné. Le problème est que toi, tu ne te pardonnes pas. Peut-être peux-tu faire un lien entre le pardon et ton manque de croyances. Trouve en quoi tu crois et peut-être trouveras-tu le moyen de te pardonner.

Maintenant, rassures-toi, je suis bien. Je veille sur toi, ta soeur et ses enfants. Et il n'y a plus qu'une chose à faire, veillez vous-mêmes sur vous et mon bonheur sera parfait." 

TS, essuyant ses larmes - C'est tout.

Docteur - Et comment réagissez-vous devant cette lettre ?

TS - C'est aussi sage que ma mère. Elle a toujours été sage parce qu'elle était simple. Je crois que je vais devoir la lire et la relire. Prendre le temps de l'assimiler. Et acceptez de me pardonner.

Docteur - Effectivement, ruminer sur le passé ne fait que rendre le présent douloureux et détruit le futur.

Docteur, analysant soigneusement la lettre - Mais regardez le cachet de la poste. Ça semble tout à fait incroyable. Regardez la date.

TS - 21 septembre 1964.

Docteur - Cette lettre a été écrite le jour de votre naissance.

TS - Ma parole, cette fois c'est vous qui délirez.... Comment ça se peut ? Mais... mais... elle avait tout planifié à l'avance ? Mais... mais... c'est donc vrai ce qu'on raconte ?

Docteur - Et oui, tout est de la faute de notre mère.... et maintenant, qu'allez-vous faire ?

TS - Euh. Vous parliez pas de bonnes pilules pour moi ? ....


FIN DE THÉRAPIE


p.s. plus besoin de thérapie quand on a de bonnes pilules.... 

1 commentaire:

Travailleuse sociale a dit…

À celui qui m'a laissé un message: Je l'ai effacé puisque ton blogue mène à du matériel porno et ça ne sera pas toléré sur mon blogue. Au cas où tu l'ignorerais (oui, oui, je crois encore au Père Noël), je te l'explique gentiment.

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