Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


Vous êtes invités à échanger vos commentaires.


Alors bonne lecture !

Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

mercredi 29 septembre 2010

Les aventures de TS au pays de la bouffe sans blé ni laitages

Il y a déjà un certain temps que j'ai osé, devant vous, avouer mon orientation; celle où j'ai la face vers le haut, les yeux fixés sur le plafond à force de ne pas dormir... Eh oui, je vous parle de mes chères insomnies. Dix ans déjà. C'est tellement courant que je m'y suis habituée. Elles sont tellement présentes que je ne me souviendrais plus comment dormir si mes insomnies me quittaient. Alors de 3 à 5 heures du matin, je me lève et j'écoute la télé jusqu'à ce que je retrouve le sommeil. C'est pas mêlant, j'ai presque hâte de me relever la nuit pour connaître la suite de mes émissions...

Enfin. Alors pour ceux et celles qui me suivent, j'ai décidé d'améliorer mon alimentation, croyant que ma mauvaise digestion pouvait être reliée à mes insomnies. La médecine naturelle me dit qu'à 3 heures du matin, c'est un problème de foie. Alors je me suis dit : "Peut-être une intolérance alimentaire...". Ainsi, dans un premier temps, j'ai coupé le lait et les fromages ... et surprise, j'ai senti une amélioration. Alors, quelques semaines plus tard, puisque je continuais tout de même à ressentir des difficultés digestives, j'ai enlevé le blé. Et j'ai ressenti une grande amélioration... J'ai d'abord été contente et puis, désemparée. Avez-vous déjà essayé de faire la cuisine sans blé ni produits laitiers? Au départ, c'est un véritable enfer. Ma vie de cuisinière en herbe en a pris tout un coup ! Mais il fallait que je persévère puisque non seulement je perdais du poids, mais je me sentais mieux et miracle... je dormais également un peu plus et mieux.

C'est ainsi que j'ai pris conscience que le blé, et bien, il y en a absolument partout ! Dans la farine de blé (quelle surprise!), dans les pâtes blanches, dans les sauces industrielles, dans les céréales du matin, dans le pain blanc, dans certaines farines sans blé mais qui peuvent être affectées par la contamination croisée... J'ai donc du dire adieu au pain moelleux, aux muffins, aux croissants. C'est à croire que le jour où la bouffe a été inventée, Machiavel qui passait par là, s'est dit (lire d'une voix rauque) : " Les innocents, je vais leur en fourrer partout du blé, tu vas voir, ils vont avoir mal au ventre pis ils sauront pas pourquoi. Je vous le garantis, les imbéciles, ils vont se tortiller de douleur et avoir envie de péter alors qu'ils sont en avant de leur classe..."

OK, excuser, je m'emporte. J'étais rendue où donc là ?

Ah oui, y'en a partout. Si c'est pas fait maison avec de la farine de patates, de mais ou de riz, un genre de farine qui lève pas pan toute là, je vous le dis. J'ai fait un pain de maïs comme ça, qui lève pas. Un pain que tu peux t'attacher à la jambe, sauter dans le fleuve et c'est garanti, tu remontes jamais à la surface ! Je vous le dis, si ils passent une loi sur le suicide assisté, je vais faire fortune à vendre mon pain. Je sais, vous trouvez ça infâme. Mais je le suis pas tant que ça. Je me dis que si jamais il y avait un problème, que par miracle la personne coulait pas à pic, je lui rembourserais le prix du pain.

En tout cas, c'est là que j'ai appris qu'il fallait mettre de la gomme de xanthane pour que ce soit moelleux. Je m'en fus donc d'un pas décidé chez Rachel Béry pour acheter le fameux produit. C'est sur place que je constatai que la gomme de xanthane, ça vaut 18 $ pour un tout petit sac de rien du tout. C'était trop pour moi. Je préfère encore manger de la roche. Et je me dis qu'avec mon pain, je suis en sécurité. Je peux assommer n'importe quel voleur qui essaierait d'entrer chez moi la nuit, pendant que je dors pas, le con...

Cuisiner sans blé (ou sans gluten) c'est toute une aventure pour moi. Il y a tellement d'étapes à respecter que je sais jamais à quoi ça va ressembler à la fin. Vous savez, le genre de recettes qu'on tombe sur un ingrédient qui est une autre recette à préparer au préalable.... ahhhhh !!!! J'haïs ça ! Faudrait quasiment que je quitte la job à midi pour être certaine que mon souper va être prêt à l'heure, le soir.

Mais ce soir, j'ai tout de même déniché une recette de gnocchis. Pas trop difficile à faire, juste une recette de pesto à préparer. C'était jouable pour le souper. Donc, les gnocchis, ça a l'air de pâtes, mais en fait c'est des patates. J'ai réussi à faire toutes les étapes - cuire les vieilles patates, enlever la pelure, les écraser et mélanger avec du beurre, des jaunes d'oeufs et de la farine, les taponner en boule et les faire cuire dans l'eau bouillante et les faire refroidir 20 minutes au frigo avant de mettre le pesto - me bourrer la face en attendant, parce qu'après tout ça, il était rendu 7 heures et l'hypoglycémie frappait à ma porte sérieusement.

J'ai fini par manger mes gnocchis qui au goût et en apparence avaient l'air normal. Mais à la texture, c'était une autre histoire, ayoye ! Ça m'est resté pris sur l'estomac pendant des heures. Manger de la roche ou encore mon pain c'était pas mal pareil. C'est après les avoir bouffé, mes gnocchis, que je me suis rendue compte que des patates, des oeufs pis de la farine, c'était pas mal la même chose que la recette de colle ça. J'ai du prendre un relaxant musculaire dans la soirée pour que ça passe.

Mais malgré mes difficultés, je vous promets, je persévère. J'ai perdu 10 livres depuis le mois de juin. Je me réveille encore la nuit, mais des fois, je me rendors. C'est un miracle. J'ai plus peur de ne pas dormir. C'est déjà un pas. La seule chose, c'est que je me demande où en sont rendues mes émissions....

samedi 25 septembre 2010

Thérapie (4)

Si on se souvient bien, nous avions quitté notre héroïne, Travailleuse sociale,suite à une séance de thérapie (3). Après une émouvante "Lettre à sa mère morte", elle avait jugé ne pas lui avoir tout dit ce qu'elle avait sur le coeur et avait décidé de poursuivre la lettre à sa mère.  On la retrouve aujourd'hui, de retour dans le bureau du Docteur.

TS - Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Docteur !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Espèce de salaud de faux thérapeute à la noix !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!

Docteur - Mais calmez-vous voyons. Pourquoi êtes-vous dans un état pareil ? Qu'avez-vous à transpirer de la sorte ? Contrôlez-vous un peu. Assoyez-vous. C'est ça.... Respirez. Buvez un peu.

Il lui tend un verre d'eau qu'elle fait valser d'un geste théâtral de la main.

TS - Vous vous moquez de moi ? Après tout ce que je vous ai confié. Vous ne trouvez rien de mieux que de vous moquer de moi ! Redonnez-moi mon argent. Vous méritez que je dépose une plainte au Collège des Docteurs pour manquement à l'éthique.

Docteur - (Il lève le ton). POUVEZ-VOUS BIEN ME DIRE CE QUE VOUS ME REPROCHEZ ????? Calmez-vous ou je vous fais interner en psychiatrie sur le champ.

TS - C'est ça, c'est ça votre technique. Vous faites virer le monde fou pour pouvoir les soigner après. Je le savais que vous faisiez tous ça. Bande de    &*(?%(&%(&?(...

Docteur - D'accord, on se calme. Expliquez-moi et on verra ce qu'il y a à faire.

TS - Bon. Après notre dernier rendez-vous, je retournais tranquillement chez moi. Sans rien demander à personne. Ni même l'heure. Ni même une cigarette, c'est normal, je ne fume pas. Même pas 25 cents pour manger. Je m'en allais tout bonnement, sans même demander mon chemin, puisque je le connais...

Docteur - Accouchez.

TS - Ne recommencez pas, vous là. Alors, je suis entrée chez moi. Et c'est là, que je l'ai aperçu. Dans mon salon, m'attendant patiemment.

Docteur - Vous n'allez tout de même pas me dire que votre mère est ressuscitée. On me l'a déjà fait celle-là. Vous savez, pour les hallucinations, il existe de bons neuroleptiques.

TS - Mais non, sombre crétin. Pas ma mère. C'est idiot ce que vous dites. Pas ma mère. Une lettre de ma mère. Elle m'a répondu !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Alors je dis, vous m'avez fait une méchante blague.

Docteur - Détrompez-vous. Je ne le pourrais jamais. Et pourquoi je perdrais mon temps à faire de telles âneries.

TS - Ben... pour me faire virer folle ? Et faire de l'argent en me soignant ? .... Enfin. Mais. Mais. Si ce n'est pas vous alors....

Docteur - Hum. Quelqu'un d'autre ?

TS - Personne d'autre n'est au courant des informations que je vous donne. Vous et... ma maman.

Docteur - Commençons par le début. Que disait cette lettre ?

TS - Je vous la lis. Mais dites-vous que je reste sceptique.

Docteur - Je comprends. On le serait à moins. Alors, allez-y, lisez.

TS - " Ma chère fille. Mais comment ai-je pu mettre au monde un être aussi intellectuellement et émotivement torturé ? Moi, fille de cultivateur née dans une famille pauvre, avec 13 frères et soeurs. Un mal pour un bien, je te dis, de vivre dans de telles conditions. Nous n'avions vraiment pas le temps de nous en faire pour des vétilles comme vous le faites dans le monde moderne actuel. À quoi ça sert, vraiment, de te torturer ainsi. C'est vrai, je n'étais pas parfaite moi non plus. Je t'en ai fait voir de toutes les couleurs pendant ma maladie. Malgré tous mes efforts pour accepter ma maladie.

C'est vrai, toute ma vie je me suis toujours dit que le bon Dieu savait tout. Qu'il savait quel serait le bon moment pour venir nous chercher auprès de lui. On m'avait appris que ce moment serait un tel bonheur. Mais lorsqu'est survenue la maladie, j'ai eu bien de la misère à accepter la décision du bon Dieu. Pourquoi moi ? Pourquoi vouloir venir me chercher si jeune ? Ma vie était enfin heureuse.

Tu le sais chère fille. J'ai vécu dans beaucoup de souffrances. Ton père, alcoolique, me violentait verbalement. Mais ça, à l'époque, je ne trouvais pas ça bien grave. Ton père n'avait fait que prendre le relais de mon propre père. Mon père qui me traitait de laide. Trop laide même pour être aimée. Alors, je m'en serais contentée de ton père. Mais il a fallu qu'il me laisse avec 3 enfants. Tu imagines. Je n'étais même pas assez belle pour être aimée par un alcoolique, un menteur, un tricheur. Alors, pendant des années, j'ai trouvé que je n'étais rien. Rien d'autre qu'une mère qui faisait son possible pour vous élever. Mais même ça, souvent, je trouvais que c'était trop. Mais je l'ai fait. Pas parfaitement. Mais je l'ai fait du mieux que j'ai pu.

Et quand est venu le moment où je pouvais être enfin heureuse, le moment où vous faisiez vos vies d'adultes. J'avais retrouvé ma liberté et je pouvais m'occuper de moi, il y a eu ce malheureux événement avec ton frère, mort de désespoir. Ça s'était trop. Je ne méritais pas le bonheur. J'ai mis des années à m'en remettre. Je ne peux pas dire que je n'avais pas tenté de l'aider, mais je n'avais pas fait assez. Est-ce que c'était pire pour un garçon de ne pas avoir eu de père ? Est-ce que c'était mieux d'avoir un père mauvais que pas du tout ? C'était encore ma faute. J'ai vécu toute seule avec ma peine. Jamais on ne s'en parlait. Toutes deux, nous avons souffert sans jamais en parler. Cette solitude dans la souffrance m'affectait énormément. Mais je ne sentais pas vraiment l'ouverture de ta part pour en parler. Mais j'ai fait ce que j'ai pu. Et les années ont passé.

Et enfin, enfin, j'ai pu revivre à nouveau. Je me souviens très clairement de ce matin où j'ai parlé à ton frère en lui disant " Maintenant, je te laisse partir. Il est temps que je m'occupe de moi." Je le pensais vraiment. Mais un mois plus tard, ce fût l'annonce de cette terrible maladie. Encore un mauvais coup de cette vie qui a passé son temps à essayer de me convaincre que je n'étais pas faite pour le bonheur.

Alors oui, j'ai eu intensément besoin de tes soins. Je ne te remercierai jamais assez pour ta présence. Tu as toujours été là quand j'en ai eu besoin. Mais oui, je l'avoue, je t'ai mené la vie dure parce que je t'en voulais d'être encore en vie, en santé. Toi tu avais tout devant toi. Moi je n'avais plus rien. Quand j'y pense, je crois bien que j'en voulais au monde entier et que c'est toi qui a tout écopé parce que devant moi, il n'y avait que toi. Toi qui pouvait encaisser parce que tu étais suffisamment près de moi pour comprendre. J'aurais tant voulu vivre encore. J'aurais tant voulu profiter encore de cette vie.

Et le bon Dieu, j'ai fini par lui pardonner. J'ai fini par accepter d'aller le rejoindre.

Mais toi, ma fille, en quoi crois-tu ? C'est bien ça qui me chagrine. Dans ma foi, j'ai trouvé la force de vous dire adieu. Et toi, en quoi trouveras-tu ta force ? Penses-y un peu. Et à savoir, si je t'ai pardonné ? Tu fais preuve ici de mémoire sélective. C'est vrai que mon état ne nous a pas permis d'en discuter aussi facilement que tu l'aurais voulu. Mais souviens-toi, je t'ai fait un signe. Un simple signe. Que tout était oublié. Que ça n'avait plus d'importance. Le problème n'est pas que je ne t'ai pas pardonné. Le problème est que toi, tu ne te pardonnes pas. Peut-être peux-tu faire un lien entre le pardon et ton manque de croyances. Trouve en quoi tu crois et peut-être trouveras-tu le moyen de te pardonner.

Maintenant, rassures-toi, je suis bien. Je veille sur toi, ta soeur et ses enfants. Et il n'y a plus qu'une chose à faire, veillez vous-mêmes sur vous et mon bonheur sera parfait." 

TS, essuyant ses larmes - C'est tout.

Docteur - Et comment réagissez-vous devant cette lettre ?

TS - C'est aussi sage que ma mère. Elle a toujours été sage parce qu'elle était simple. Je crois que je vais devoir la lire et la relire. Prendre le temps de l'assimiler. Et acceptez de me pardonner.

Docteur - Effectivement, ruminer sur le passé ne fait que rendre le présent douloureux et détruit le futur.

Docteur, analysant soigneusement la lettre - Mais regardez le cachet de la poste. Ça semble tout à fait incroyable. Regardez la date.

TS - 21 septembre 1964.

Docteur - Cette lettre a été écrite le jour de votre naissance.

TS - Ma parole, cette fois c'est vous qui délirez.... Comment ça se peut ? Mais... mais... elle avait tout planifié à l'avance ? Mais... mais... c'est donc vrai ce qu'on raconte ?

Docteur - Et oui, tout est de la faute de notre mère.... et maintenant, qu'allez-vous faire ?

TS - Euh. Vous parliez pas de bonnes pilules pour moi ? ....


FIN DE THÉRAPIE


p.s. plus besoin de thérapie quand on a de bonnes pilules.... 

mardi 21 septembre 2010

Sans titre

Tiens tout a changé ce matin
Je n'y comprends rien
C'est ma fête, ma fête
Jeunes et vieux grands et petits
On est tous amis
C'est ma fête, ma fête

C'est comme un grand coup de soleil
Un vent de folie
Rien n'est plus pareil
Aujourd'hui

Le monde mort et enterré
A ressuscité
On peut respirer
C'est ma fête, ma fête

Plus de bruit plus de fumée
Puisqu'on va tous à pieds
C'est ma fête, ma fête

Le pain et le vin sont gratuits
Et les fleurs aussi
C'est ma fête, ma fête

C'est comme un grand coup de soleil
Un vent de folie
Rien n'est plus pareil

Aujourd'hui
Depuis le temps que j'en rêvais
Et que j'en crevais

Elle est arrivée
C'est ma fête, ma fête


Merde que ma ville est belle
Sans ces putains de camions
Plus de gaz-oil mais du gazon
Jusque sur le goudron

Merde que ma ville est belle
Avec ces gosses qui jouent
Qui rigolent et qui cassent tout
Qui n'ont plus peur du loup !

Et l'eau c'est vraiment de l'eau
Que l'on peut boire au creux des ruisseaux

Venez danser dans la rue
Ce n'est plus défendu

C'est ma fête, ma fête

En vérité je vous le dis
C'est le paradis
C'est ma fête, ma fête



C'est comme un grand coup de soleil
Un vent de folie
Rien n'est plus pareil
Aujourd'hui

On a les yeux écarquillés
Sur la liberté
Et la liberté
C'est ma fête, ma fête.


La pognez vous ? Ne désespérez pas, vous aurez droit à la suite de mon histoire de thérapie... même si je suis consciente que ces temps-ci je ne maintiens pas trop le rythme du suspense...

Mais aujourd'hui c'est pas grave,
C'est ma fête, ma fête ! la la la la la la ....

mercredi 15 septembre 2010

Thérapie 3

TS - Mais Docteur, du calme. Mais qu'avez-vous à pleurer ?

Docteur - C'est la lettre à votre mère, elle est si triste. Et  puis.. et puis, euh... elle fait monter en moi des peurs que j'essayais de taire.

TS - Expliquez...

Docteur - Mon père est malade depuis 1 an. Une vraie épidémie ces maudits cancers. Jamais je ne l'avais vu comme ça. Si démuni, si diminué. Mon père c'était l'homme fort. Celui qui réglait les problèmes de tout le monde. Celui sur qui tout le monde pouvait compter. Jamais il n'avait été malade auparavant. Même pas un seul séjour à l'hôpital. Imagine ! Il s'en vantait souvent. Mais j'ai été si occupé ces dernières années et je ne l'ai pas vu vieillir. C'est comme si, subitement, je m'en étais rendu compte, en quelques jours. Mon père est vieux, malade et il va mourrir.

TS - Étiez-vous près de votre père ?

Docteur - Pas vraiment. Nous nous voyons 2 ou 3 fois par année, même si nous habitons dans la même ville. Comme je vous le disais, je suis si occupé avec mon travail, ma famille. Je donnais un peu d'argent à mes parents mais je les ai pas mal laissé à eux mêmes depuis 20 ans. Et puis, quand on se voyait, on se disputait une fois sur deux. C'était comme si la protection qu'il nous offrait avait un prix. Il se mêlait toujours de ma vie. Ça je ne peux le supporter.

TS- Et maintenant, la maladie de votre père vous oblige en quelque sorte à reprendre contact ?

Docteur - Oui, tout à fait ! Et dans quelles conditions je vous le demande ? Tout se bouscule. J'ai pas le temps de penser. Entre les traitements, les espoirs de rémission, les désespoirs, mon travail, ma mère qui est aussi âgée et que j'essaie d'aider comme je le peux, je ne sais plus où donner de la tête. N'eut été de la maladie, je n'aurais pas repris contact aussi souvent.

TS - Et physiquement, vous vous sentez comment ?

Docteur - Depuis l'annonce du cancer, j'ai l'impression de traîner un mur de briques sur mes épaules. L'anxiété de ne pas savoir. Va-t-il s'en sortir ? Et puis non, peut-être celle de trop savoir au contraire, mais de ne pas vouloir savoir. Va-t-on rester avec ce tout ce poids, toute cette anxiété très longtemps ? Le fait de ne pas savoir est invivable. Le fait de m'inquiéter tout le temps est invivable. C'est ça, je dois vivre avec l'invivable.

TS - Avez-vous déjà pensé à la mort de votre père ?

Docteur - Hum...

Il me regarde, sceptique.

TS - Et ?

Docteur - Oui, et ... je me suis senti soulagé. Et puis, j'ai eu si honte de penser à ça. J'ai mis ça de côté. Mon père se bat si fort contre cette maladie. Il veut tellement rester en vie. Je ne veux pas gâcher son espoir en me décourageant. Je n'ai pas le droit. Je dois rester fort pour lui. Je dois avoir la force qu'il n'a plus. Je n'ai pas le droit de l'abandonner.

TS - Vous vous mettez beaucoup de poids sur les épaules. Vous sentez-vous fatigué ?

Docteur - Épuisé vous voulez dire. Épuisé, tout le temps. Tellement, que quand j'arrive au bureau le matin, je regarde la liste de mes patients et je les déteste déjà. J'ai l'impression que la majorité se plaint pour rien. J'anticipe leurs problèmes et j'ai envie de les envoyer chier...

TS - Bon, c'est bon à savoir.
       Et la relation avec votre père dans tout ça ?

Docteur - C'est sûr mon père n'accepte pas d'être aussi diminué. Il se débrouille comme il peut, mais quand il n'en peut plus, il appelle à l'aide. Mais il ne semble pas l'accepter. Et puis, quand il va un peu mieux, il s'en prend à moi. Je ne fais rien comme il faut à ce qu'il dit. Quand j'essaie de l'approcher un peu, émotivement, de lui parler, il me rejette. Me reproche de trop m'en faire. Me demande de le laisser vivre sa vie. C'est comme si je n'ai jamais le bon mot, la bonne solution, je fais tout de travers.

TS- La maladie ne change pas nécessairement une personne. Elle demeure quand même avec son caractère.

Docteur - Ça me donne l'impression que malgré tout ce que je fais, je ne suis jamais à la hauteur.  Mais dans les films, les livres, on nous donne des scénarios où le malade s'ouvre, la relation change "grâce" à la maladie. Les gens deviennent plus sages. Règlent des comptes.

TS - Non, ça ne se passe pas vraiment tout le temps comme ça. Je crois qu'il faut accepter la maladie pour ça. Dites-vous que votre père aurait peut-être l'impression d'abandonner la lutte s'il acceptait la maladie et réglait ses comptes. Pour lui, tant que tout reste pareil, c'est signe que la vie continue.

Docteur - Vous avez peut-être raison. C'est là que je m'aperçois que la maladie n'est peut-être pas le moment idéal pour changer. Il y a des deuils à faire. Comme le fait que la vie a été ce qu'elle a été, imparfaite et que je ne pourrai probablement rien faire pour vraiment entrer en contact avec lui. Faire un deuil avant la fin, c'est pas évident. ..... Ah ! Mais désolé. Je suis si centré sur ma situation, je ne vous ai pas demandé comment vous alliez... suite à la lettre écrite à votre mère.

TS - Y'a pas de trouble. Finalement, j'ai pas à me plaindre.

Docteur - Et votre processus d'écriture. Où en êtes-vous rendue ? Où vous conduit cette lettre à votre mère ?

TS - Et bien, je me demande si je lui ai vraiment tout dit.

Docteur - Vous pourriez tenter de continuer votre lettre ?

TS - Mais, je ne vois pas très bien ce que je pourrais lui dire. Ça ne me vient pas. Et je ne vois pas très bien ce que ça va donner. Est-ce que ça va intéresser quelqu'un ?

Docteur- Encore vos attentes. Arrêter de vouloir savoir. Lâchez prise sur les résultats. Laissez-vous aller et après, vous verrez. Essayez quelque chose. Ça vaut mieux que de ne rien faire.

TS - D'accord. J'y vais de ce pas.

Docteur - Bonne chance. Et j'ajouterais que je ne vous chargerai pas le prix de la consultation d'aujourd'hui.

TS - Euh... ben si je m'attendais à ça... Même pas un p'tit merci alors ?


À suivre...

dimanche 12 septembre 2010

Intermède

Envahie par les corrections, eh oui, la fin de semaine, câl ...

Liste de choses à faire :

Laver ma vaisselle,
Enlever les cochonneries fait par Chat sur mon tapis de salon,
Faire mon lavage,
Faire mon épicerie,
Apprendre à cuisiner avec de la farine de patates,
Tuer les mouches à fruits qui zigonnent partout dans ma maison sans fruits (ouach!),
Finir Dexter (saison 4),
Commencer Dre Grey (saison 6) On m'a vendu le punch de la première émission, snifffffff !
Me faire faire un lavage de cerveau pour arrêter d'écouter Dre Grey;
Faire de la peine à quelqu'un (pour avoir l'impression d'avoir une relation sociale),
Pis écrire sur mon blogue, la suite de mon histoire de Thérapie !
Découragez-vous pas, ça s'en vient !

Bon dimanche.

mardi 7 septembre 2010

Lettre à ma mère morte (Thérapie 2)

Bonjour maman,

Déjà deux ans que tu nous as quitté. Deux ans déjà que j'ai assisté, impuissante, à ton dernier souffle. À cet instant, j'ai réalisé à quel point la mort était un acte aussi fort que la naissance. Peut-être était-ce un peu pour me consoler de la douleur occasionnée par ton départ, mais j'ai pensé que tout ceci ne pouvait pas, ne pas avoir de sens. Que la mort, tout comme la vie, devait inexorablement avoir une signification qui, malheureusement, m'échappe encore aujourd'hui. Je me souviens t'avoir entendu dire que ta plus grande réalisation dans la vie, c'était nous, tes enfants. Combien je fus touchée par cette découverte intense qu'était la tienne. Je me suis alors demandée si l'approche de la fin précipitait la compréhension de notre vie. Je ne sais pas. Je n'ai pas eu le temps de savoir.

Je n'oublierai jamais ton regard lorsque ce soir-là tu as compris que, loin de reprendre du terrain de la vie, ton corps t'indiquait douloureusement la fin prochaine. Ton regard lorsque tu m'as simplement dit " Puisque faut y aller, j'y vais." Quatre jours plus tard, tu étais partie. Ton acceptation de l'inacceptable, ce lâcher prise sur ta vie que tu aimais pourtant intensément, fût pour moi une grande leçon de vie. Mais tout ça bien sûr, tu le sais déjà.

Ta maladie m'a beaucoup appris. J'ai appris combien il pouvait être précieux de savoir que quelque part, quelqu'un avait besoin de moi. Ta maladie a donné un sens à mes gestes. Une valeur à ma vie, que ta mort a emporté avec toi, creusant ainsi un vide que j'ai mis du temps à combler. Et maintenant, parfois, je t'imagine me regarder de là-haut, avec la satisfaction de me savoir heureuse.

Mais ta maladie fût également source de chagrin immense. Celui de te voir partir avant que de mourrir. De comprendre bien avant la fin que tout était déjà fini. La déchéance du corps et de l'esprit qui emporte avec elle tout ce qui ne pourra jamais plus être. Toutes ces questions restées sans réponse. Ai-je été à la hauteur ? Aurais-je pu, aurais-je du faire davantage ? Et surtout, surtout, m'as-tu pardonné pour ces paroles insensées que j'ai pu dire alors que tu partais et que je ne le réalisais pas. Bien sûr je pourrais trouver toutes les raisons pour expliquer ma colère. La fatigue accumulée. La solitude dans des soins aussi épuisants. La douleur. L'anxiété qui jamais ne lâchait sa prise sur mon âme.

Mais dis-moi, maman, m'as-tu pardonné ?

________________________________________________

TS - Docteur, docteur, c'est fait ! J'ai écrit ma  lettre. Qu'en pensez-vous ?

Docteur - (silence)

TS - Docteur ? Ça va ? Qu'est-ce qui se passe ?

Docteur - (silence)

TS - Mais Docteur, parlez-moi ! Vous m'inquiétez !

Et le docteur se retourne. Je peux voir ses yeux rougis. Il n'émet plus un son, la gorge nouée par l'émotion.

TS - Mais Docteur, vous pleurez ?

(À SUIVRE ... )

dimanche 5 septembre 2010

Thérapie (1)

TS - Bonjour Docteur, je suis si fatiguée. J'espère que vous pourrez m'aider.

Docteur - Commencez déjà par vous asseoir. Respirez. Voilà, c'est ça. Essayez de vous calmer. Maintenant, expliquez-moi ce qui ne va pas.

TS - J'ai un problème. Un problème d'engagement.

Docteur - Ah ! Ce n'est que ça. Vous êtes avec ce nouveau conjoint depuis quand ? 6 mois ? Vous êtes dans la période où vous devez passer à une autre étape et vous n'y arrivez pas ?

TS- Mais vous n'y êtes pas du tout. Je vous parle d'engagement envers mon blogue. De la difficulté que j'ai à soutenir le rythme depuis mon retour au travail. Je me sens envahie par d'autres préoccupations que celle de mon blogue et je n'arrive plus à trouver des sujets de billets. Je ne sais plus trop quoi faire. Allez-vous pouvoir m'aider ?

Docteur - Ok. Commençons déjà par comprendre ce qui vous arrive. Vous écrivez depuis plus d'un an. Y a-t-il quelque chose qui a changé dernièrement qui peut influencer votre désir d'écrire ?

TS - Bonne question. Et bien, j'ai changé ma nourriture, j'ai coupé le blé et les produits laitiers et ma digestion est bien meilleure. Mon sommeil aussi d'ailleurs. Et oh oui ! J'ai recommencé à m'entraîner vraiment régulièrement. Ça peut sembler fou, mais je m'aperçois que pour écrire, je dois être près de mon coeur. Mais le fait d'entraîner mon corps m'éloigne de mon émotivité. Et je ne retrouve plus ce besoin de sublimer mes états d'âme dans l'écriture.

Docteur - Peut-être en faites vous trop ? Trop d'entraînement. Trop de changements.

TS - Possible. Mais j'ai tout de même perdu 7 livres depuis le début de l'été. Ça m'encourage à continuer. Je n'y croyais plus. Et je n'ai vraiment pas envie de retourner en arrière. Surtout que je me sens beaucoup mieux en général.

Docteur - Alors dites-moi, pour écrire, comment trouvez-vous vos idées ?

TS - Euh... J'imagine que c'est un mélange entre des éléments de mon quotidien ou encore un événement télévisuel, tout cela mélangé à une certaine folie et un cynisme qui font partie de ma personnalité.

Docteur - Et lorsque vous écrivez, avez-vous des attentes précises ?

TS - Bien sûr. J'espère toujours intéressé quelqu'un. Être intéressante. Surprendre parfois.

Docteur - Là vous me parlez de résultats. Mais le plaisir d'écrire. Le simple plaisir, est-il présent ?

TS - Vous avez raison. On en revient toujours à ça. Apprendre à vivre le moment présent sans trop regarder en avant. C'est vrai que j'accorde beaucoup d'importance aux résultats. Le nombre de visiteurs, les commentaires. Et je finis par perdre de vue l'essentiel. Mais... comment tout cela peut-il me donner de nouvelles idées ?

Docteur - Si vous avez le goût d'écrire, faites-le. Sans retenu. Ne pensez pas aux lecteurs. Pensez au moment présent. Ne cherchez pas trop loin. Si je vous demande, là, maintenant, à qui pensez-vous. À qui aimeriez-vous écrire ?

TS - Comme ça là ? Attendez...

Docteur - Non, ne réfléchissez pas. Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit, maintenant ?

TS - Bien. Ma mère. Écrire à ma mère, décédée d'un cancer il y a presque deux ans.

Docteur - Alors lancez-vous ! Ne pensez plus. Vous verrez bien où cela pourra vous mener. Peut-être même irez vous dans des recoins insoupçonnés de votre imaginaire.

TS - Bon, d'accord. Je vous fais confiance. Alors mon prochain billet de blogue s'intitulera

                     " Lettre à ma mère morte "

Docteur - Bravo ! Et n'oubliez pas de revenir me voir. Je veux savoir comment vous avez vécu cette nouvelle expérience.

TS- À bientôt Docteur.

jeudi 2 septembre 2010

Aliénation mentale

Depuis deux mois déjà que je porte en moi cette terrible souffrance. Deux mois déjà que je longe sans but les murs de mon chalet. Deux mois que j'arpente sans émotions les marches de l'escalier en grignotant tout ce qui me tombe sous la dent; ce qui revient à dire, la plupart du temps, la rampe et les barreaux. Ou encore l'énorme corde qui sillonne les murs de la mezzanine. Que ne puis-je m'y balancer afin de voir la fin de ce calvaire. Je tourne en rond, tentant tant bien que mal de supporter cette terrible attente. L'angoisse de cette foutue et interminable attente. Deux mois que je bâtis ma vie en tentant de tromper l'ennui. Souvent même, je me couche pour ne plus y penser. Dormir. Dormir. Ne plus ruminer. Ne plus imaginer le pire des scénarios. Et je me réveille. Je passe mes journées en tentant de déjouer le temps. Déjouer le temps, en attendant. Mais rien ne sert de courrir après le temps, rien d'autre à faire que de le laisser passer. Lâcher prise malgré la difficulté que ce laisser aller représente. 

Mais cette semaine, c'est fini. Cette semaine, enfin, le moment est venu. Celui où je saurai, ENFIN, ce qui est arrivé à Julian. Le beau Julian. Survivra-t-il à l'attaque de cette méchante anorexique (méchante, méchante femelle !). Et s'il survit, réussira-t-il à regagner le coeur de Diana ? Je ne peux m'empêcher de penser que le bonheur de Diana fera le mien. Allez, allez Diana. Prends Julian et moi, je repêcherai le beau docteur. Laisse-le moi, je vais m'en occuper beaucoup mieux que tu ne sais le faire. Une addiction je vous dis. J'ai beau trouver cette histoire nulle à chier, c'est plus fort que moi. Je veux par dessus tout savoir... mais "qu'essé qui va se passer ? Qui c'est qui va écoeurer qui le plus fort ! "

C'est comme le beau Horatio. Laissé tout seul dans un fabuleux bain de sang, gigotant tel un poulet sous électrochocs. Quelle position horrible pour ce beau Horatio ! Quelle humiliation ! Heureusement, malgré sa position pour le moins, peu éclatante, on nous a épargné le filet de bave. Quand même. Faut garder un peu de dignité tout d'un coup qu'il ne mourrait pas. Mais malheureusement pour mon suspense, les américains ont vendu la mèche ! Ahhhhh !  Je l'ai croisé en pleine forme sous une autre chaîne télé. Maudits américains ! Toujours une longueur d'avance.

Bonne saison télé !
BlogueParade.com