Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

mercredi 26 mai 2010

Culture de la médiocrité

Ce matin, plus de lait, plus de pain, plus rien. Rien que le vide d’un mauvais réveil s'étirant péniblement dans le sillage d’une nuit sans sommeil. Les bras et l’esprit ankylosés, je n’ai pas le choix. Ou je me laisse mourir de faim ou je me rends chez McDo. Malgré le doute, malgré les incertitudes, malgré les remords qui prendront naissance dès la fin de mon repas… et merde ! arrête donc de penser … Mission impossible. Les encouragements à la goinfrerie jaillissent dans mon cerveau comme de mauvaises publicités. Je me le promets, encore, après je commence mon régime. Une fois n’est pas coutume.

Quand j’entre dans cet endroit, je me le jure, c’est la dernière fois… Ils ont tous l’air sorti tout droit du lit. Mal rasés, pas peignés, encore moins maquillées. Une note vite gribouillée « écrire sur mon frigo, plus jamais de McDo, finis les burritos. »

Je commande un trio matin et m’assois près de deux femmes qui ont l’air de discuter sagement. J’essaie de me laisser captiver par mon nouveau livre « L’élégance du hérisson » mais l’écriture me donne du fil à retordre. Une enfant de douze ans qui utilise un vocabulaire plus élaboré que le mien ne me touche pas. Enfin pas encore. Et surtout pas dans cet endroit qui semble si loin d’une quelconque culture littéraire. Même après 57 pages (très exactement), j’espère encore qu’un moment magique surgira, me surprenant au moment même où je serai près de tout abandonner. Je peux quitter un film avant la fin mais pas un livre. Je ne sais pourquoi mais c’est ainsi. Avec ces mots complexes qui défilent devant mes yeux, mon attention est vite captée par le dialogue de mes voisines de table. Et lorsque j’entends le mot « professeur », je suis faite, éblouie par le sens de ce terme. Des membres de ma nouvelle communauté ! Je me sens un peu ridicule de les aborder sur ce seul prétexte, alors je tends l’oreille espérant m’abreuver à la source de leurs paroles. Peut-être sauront-elles apporter une solution à certaines de mes angoisses ? M’indiqueront-elles le chemin de l’encadrement parfait débouchant sur des résultats concrets ? Pourrais-je trouver des explications rationnelles à cette classe en désordre ? Le cœur en émoi, je tends l’oreille.

- « Mais moi Pierre, il est comme il est, ça ne lui enlève pas ses qualités. » dit numéro 1.

- « Mais oui. C’est comme ça. » rétorque numéro 2.

- « Je le sais pas moi, mais il est toujours dans ses projets importants là, avec les enfants. C’est intéressant mais (parce qu’il y a toujours un mais ?) moi je trouve que d’avoir de si gros projets pour se retrouver à quitter la classe si tard, tous les soirs à 17h00, c’est quelque chose hein? »

- « Mais les enfants participent bien me semble » tente de rétorquer gentiment numéro 2.

- « Tu as tout à fait raison, mais (mais, il y a un autre mais?) ils ont toujours tellement de projets les  enfants. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je trouve ça un peu trop…. Hum… Et puis, Pierre, c’est un homme hein ? Un vvvvvrai, il conduit sa classe de deuxième avec tout ce que ça représente d’être conduit par un homme. » dit nébuleusement numéro 1.

Numéro 1 tente-t-elle de tester numéro 2 ? Laissera-t-elle ses paroles décrire entièrement ses pensées ? Suspense…

- « Mais je trouve ça bien, me semble. Les enfants, surtout les jeunes garçons, ils ont besoin de modèle masculin dans le réseau scolaire » rétorque toujours de plus belle et toujours aussi gentiment numéro 2.

- « T’as peut-être raison, c’est peut être juste mon insécurité à moi, mais j’ai de la difficulté avec les professeurs qui sont trop autoritaires. »

Un petit quelque chose me laisse perplexe… tout ça  se noie dans le sous-entendu sinistre …

Gentille numéro 2, changeant habilement de sujet….

- « Tiens, voici les photos de mon mariage, celles dont je t’avais parlé », enchaîne-t-elle joyeusement.

- « Que c’est drôle, ta coiffure, c’est original, tu trouves pas ? (vraiment ? original? c’est supposé être pris comme un compliment ?) Mais tu n’as pas vraiment l’air peigné ! Et ta robe ! Elle est surprenante quand même ! » continue presqu’affectueusement numéro 1.

Originale? Surprenante ? … hum…

- « Oui mais tu me connais, tu sais bien que je n’aime pas faire les choses comme tout le monde… » tente de se défendre numéro 2, avec les armes du désespoir.

- « Vraiment SURPRENANTE !  Mais venant de toi, je m’attendais à quelque chose d’une coche plus élevée… ».

Ça y est. C’est assez pour moi. Je n’apprendrai rien de plus que ce que je sais déjà. À force de recevoir les coups, on ne les sent plus. Et on s’effiloche petit à petit. Et nos fibres ne sont plus assez solides pour lutter. Alors on se laisse graduellement anéantir par ceux qui se prétendent amis. « Cours numéro 2, cours ! Et le plus vite possible! » J’aurais voulu lui insuffler cette derrière parole pour lui permettre de lutter de toutes ses forces contre la médiocrité. « Tu ne te rends pas compte que tu es sous respirateur et celle-là, elle va te débrancher ? Laisse derrière toi celle qui sème peu à peu la confusion et la destruction dans ton cœur n’ayant jamais su fleurir son propre intérieur. »

J’ai fini mon burrito et mon café. Et je n’ai rien dit. Je suis partie et ça me poursuit.

2 commentaires:

Pierre H.Charron a dit…

Elle est mieux de courir vite...des sangsues comme ca, ca s'accroche jusqu'à satiété.

Il me semble ue j'y en ramènrais une en arrière de la tête à cette pimbêche là..Et dire que j'en connais du monde comme ca...Ca me poursuit aussi..

Travailleuse sociale a dit…

Et oui, et quand on comprend comment ils fonctionnent, on est dedans jusqu'au cou... difficile de s'en débarrasser...

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