Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

dimanche 23 mai 2010

Séance de torture annuelle

- Cette année, Mlle Travailleuse Sociale, nous n'avons pas besoin de faire de cytologie de votre col parce que vos relations sexuelles remontent à très longtemps. C'est une bonne nouvelle, vous trouvez pas ?

- Euh, oui, mais dit de même, on dirait que je suis pas sûre...

- Maintenant, vu que vous avez pris 20 livres dans les deux dernières années, je vais mesurer votre tour de taille. Il faut prendre la mesure à mi-chemin entre l'os du haut de la hanche et celui du bas de vos côtes. Oh! Y'a pas beaucoup de place entre les deux ! s'exclama-t-elle d'un ton doux, presqu'affectueux tels des mots susurés dans l'oreille avec la bouche pleine de biscuits soda. Juste assez doux pour me faire sentir coupable d'avoir soudain envie de lui faire sentir le revers de ma main fermée qui frôlerait sauvagement la courbe de sa gencive sensuelle en d'autres mots, mon poing dans la face.

Elle continue.

- Votre taille mesure 88 centimètres soit 3 centimètres au dessus de la limite déterminant la norme de l'obésité abdominale.

- Pardon ? dis-je déstabilisée alors que mes épaules se propulsèrent sur le sol à une vitesse folle en sachant que leur accélération, multipliée par la masse, est inversement proportionnelle à la force de ma compréhension. J'ai un cancer ?

- Vous souffrez d'obésité abdominale.

- Et il me reste combien de temps à vivre ?

- Calmez-vous, dit-elle du haut de sa connaissance, l'important c'est de perdre du poids car, avec votre OBÉSITÉ ABDOMINALE, vous êtes à risque de développer des problèmes cardiaques.

- J'ai pas de misère à le croire, juste en entendant ça, le coeur a failli m'arrêter. Taisez-vous, seigneur, sinon, je vais finir par y rester.

OBÉSITÉ ABDOMINALE. Des mots qui résonnèrent dans ma tête avec la force de la terreur d'un nul match nul de nuls du CH contre Philadelphie (la plogue, à moi le blogue sur tous les moteurs de recherche !). Des larmes de douleur qui défilent comme 30 000 manifestants dans le courant de mes voies lacrymales avec l'intention ferme de traverser la barrière de mes yeux et de se fracasser dans la devanture de mes lunettes. Perdre mon ventre ! Le seul trophée, la seule coupe Stanley qui ne sera jamais à ma portée. Ce serait peut-être possible, oui, mais au prix d'efforts impensables et d'un ou deux miracles. Un Halak qui stopperait les matières grasses à l'entrée du foie espérant ne pas être échangé, condamné à jouer devant un filet de poisson !

Je suis ventrue, je suis officiellement étiquetée par la médecine, de ventrue. Jusqu'à maintenant, on avait réussi à me convaincre que ma phobie du ventre n'était que le fruit de mon anxieuse imagination. Maintenant, elle devenait réalité. C'est fini. Ma vie est finie.  Je suis un monstre. Je devrai apprendre à vivre avec mon handicap, avec mon gros ballon de football. Plus de vie, plus de sexe. Pas question de le frapper à plusieurs reprises sur la face de mon adversaire alors que je suis grimpée sur lui. Pas question de l'empêcher d'atteindre le but alors qu'il tente de remonter le terrain. Trop humiliant. Le désespoir frappe à ma porte. Au mieux,  je me cache derrière un oreiller et je fais passer ça pour une déviance sexuelle.

- Vous êtes donc ben blanche tout d'un coup, Mlle Travailleuse Sociale, vous êtes certaine que vous allez bien ? Pour l'instant, ne le prenez pas mal, vous devez simplement maigrir.

- Simplement ? Mais c'est pas que je le prends mal, c'est que je le prends pas pan toute. Avec le sport que je fais et le peu de résultat depuis que j'ai 40 ans, il va bien falloir que je grimpe sur le toit du stade olympique trois fois par jour pour que ça donne quelque chose! Vous m'annoncez que la seule carrière de mannequin à laquelle je peux désormais accéder est Miss toutoune Québec et je suis supposée me calmer ? Et là, je réalise que mes amies me mentent depuis 25 ans en me disant que non, t'as pas un gros ventre que c'est dans ta tête. Vous, vous m'apprenez subitement que je suis pas folle ! Et je suis supposée assumer ça tout d'un coup ?

- C'est bien maintenant, me dit-elle... (Parce que la séance n'était pas terminée.) Couchez-vous sur le dos que je vous examine les seins. Hum, votre sein gauche est engorgé. J'aimerais que vous reveniez dans 10 jours pour m'assurer que tout va bien et que cette dureté ne cache pas une tumeur.

- OK docteur, dis-je abasourdie, on arrête ça là pour tout de suite. C'est beaucoup d'informations en même temps. Laissez-moi récupérer un peu mes esprits. Je suggère d'être méthodique et de prendre les problèmes un à la fois. Les urgences avant les priorités.  Laissez-moi m'occuper de mon ventre, après on verra pour le cancer.

En arrivant à la maison, la mort dans l'âme, j'ouvre une bouteille de vin (un délicieux Jurançon 2005) que je déguste avec une bonne baguette accompagnée de foie gras. Il faut bien que je me réconforte de mon malheur. Je mange sur mon balcon en pleurant plus fort que mon chat. Un dernier repas d'adieu.

Adieu fromage bleu.
Du balai parmesan frais.
Aurevoir chocolat noir.
Bye bye pâté à l'ail.
C'est fini les calories.

Salut maudite laitue.
Allo à l'eau (plate! )



4 verres de vin plus tard....



Anyway, c'est une crisse de folle. C'est tu de ma faute moé si j'ai des gros os. Tsé, avec l'entraînement, j'ai pris pas mal de muscle. Elle a même pas mesuré mon taux de gras. Chu sûre que c'est hormonal mon affaire. Envoye, va donc chercher des truffes, t'as pas mangé ton dessert ...

7 commentaires:

Pierre H.Charron a dit…

Et vogue la galère.....Et si faux crever d'obésité abdominale, aussi bien le faire avec le ventre plein et la dent sucré !!

Mais, c'est vrai que Halak pourrait "stopper" ce syndrome ....pour 5 millioms de dollars par année ! Envoye un autre bouteille de Jurançon 2005 !!!!!

Travailleuse sociale a dit…

Et un verre à ta santé ! Contente de relire tes commentaires.

ClaudeL a dit…

Pourquoi êtes allez voir votre médecin, déjà?
J'ai pris du poids tranquillement pas vite avec les années, alors j'ai eu le temps de me faire à l'idée. Faut dire que le blogue n'était pas à la mode à ce moment-là et je n'ai pas osuvenir d'en avoir parler à quiconque ni dans mon journal personnel.
Billet désopilant, de cet humour qu'on accorde aux... à vous de choix du mot!!!

Travailleuse sociale a dit…

C'était un examen de routine annuel.

Hum... aux hum... à celles qui ont de l'humour ? :o)

Une femme libre a dit…

J'ai adoré ce billet. Merci de m'avoir fait rire, ça fait du bien!

Travailleuse sociale a dit…

@femme libre : ça me fait immensément plaisir.

Anonyme a dit…

Lol, lol et lol!!!!!!!

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