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Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

dimanche 9 mai 2010

Vagues à l'âme dans vingt quatre heures de la vie d'une femme

Vendredi soir
Et une fois de plus, ce fût la ronde du vendredi soir qui, si souvent, est le théâtre de mes remises en question. L'adrénaline au fond, impossible de faire baisser la tension s'installant sournoisement en moi tout au long de cette semaine de travail. La recherche du sens de la vie du vendredi soir s'empare encore de mon être. Cette difficulté toujours présente et croissante d'établir une transition entre la turbulence et le calme plat. Au lieu de célébrer ces soirées, elles deviennent souvent un passage  obligé et inconfortable m'accompagnant entre la semaine et sa fin. Alors je recherche LA solution. Un éclair de génie m'illumine : sauter pieds et poings liés dans le pepsi diète et un sac de croustilles. L'envie de se vautrer dans cette saleté ne doit pas être planifiée. Surtout, ne pas laisser le temps au  spectre de la culpabilité de s'insérer  entre soi et ce plaisir coupable. La satisfaction de cette irrésistible tentation doit être immédiate. Ne pas se laisser le temps de penser, ne pas changer d'idée.

Vite ! Je saute dans l'action et me rend au Jean Coutu. À l'entrée, je m'arrête et fixe les étagères de livres. Je suis alors envahie par la quantité de bouquins dédiés aux préoccupations des 25-35 ans. La parentalité. La glorification du sexe au masculin par le féminin. La cuisine sexy. La décoration du patio pour une vie de famille à l'extérieur de la maison. Le shopping. Enfin, je rejette soigneusement cette déprime de la quarantaine qui semble vouloir s'incruster en moi et jette mon dévolu sur un livre de cuisine végétarienne avec l'intention, non avouée mais mal cachée, de perdre, pendant la semaine, les livres que je gagnerai ce soir.

Pepsi diète (0 calories). Croustilles faibles en gras (130 calories pour 28 chips !). La belle affaire. Mais comment comptez ce que vous mangez  lorsque la dégustation gourmande vise à gérer un état d'âme ? Résultat? Je me suis finalement empiffrée de 500 calories de chips faibles en gras.
Effort : 0
Résultat : note de passage.
Effet collatéral : La nausée. Et je ne pense plus du tout à ma journée. C'est déjà ça.

Samedi

Désirant réparer l'insulte faite à mon foie, fière d'étrenner un tout nouveau livre sur la cuisine végétarienne, incitée par une température qui fait place à la morosité, je cours, que dis-je, j'accoure à l'épicerie en espérant trouver tous les ingrédients nécessaires à ma nouvelle cuisine. Lorsque vous vous mettez à cuisiner, il y a toujours un épice ou un ingrédient quelconque qui vous manque. D'un côté, vous ne voulez pas tout acheter et de l'autre, vous vous demandez, et si cet ingrédient était le clou de ma recette ? Et si... et si.... Cette semaine, je me suis dit que j'achèterais une nouvelle bouteille de vin balsamique. La mienne est tellement vieille que je dois décaraméliser le bouchon à chaque utilisation. Et je me demande toujours après combien d'années puis-je m'empoisonner ? Pendant que mes pensées vagabondes, je détecte une petite bouteille de vinaigre balsamique de Modène, 250 ml pour 6.99 $. Ayoye! Je me dis que je vais trouver un vinaigre balsamique du Canada. Après tout, du Balsamic vinegar from London, Ontario, ça doit quand même être moins cher. Et rien, tant pis. Je vais continuer à mettre ma santé en jeu. Je veux me faire à manger, pas me ruiner.

Cette semaine, la file d'attente pour la caisse est incroyablement longue, veille de fêtes des mères oblige. Et moi, je n'ai rien dans mon panier pour indiquer un quelconque esprit festif. C'est évident, c'est pas avec des épinards et des pois congelés que je vais virer sur le party. Mon panier est  la preuve affreuse du départ de cette mère.

Maman nous a quitté le 14 février 2008. Bien qu'elle n'ait jamais été présente d'une façon quotidienne dans ma vie, je fus accablée par l'annonce de sa maladie. Je réalisai alors que je tenais à elle beaucoup plus que je ne l'aurais cru. Il est vrai que nous entretenions des rapports basés sur le silence. Jamais de confidences, jamais de paroles tendres. Pendant mes vacances, elle envahissait ma vie et mon espace de la même façon que mon neveu de 5 ans. Elle ne lavait jamais la vaisselle, laissait ses miettes de pain sur la table, occupait mon ordinateur pendant de nombreuses heures ou, si l'on écoutait la télé, parlait sans relâche, sauf pendant les publicités. Elle m'exaspérait. Même pendant sa maladie, elle me critiquait constamment. Soit je ne lui laissais pas suffisamment d'autonomie, soit je la laissais seule à son triste sort. Rien de ce que je faisais ne semblait trouver grâce à ses yeux. Mais malgré tout, ma mère représentait pour moi le filon qui me rattachait à l'univers. Lorsqu'elle me quitta, je me sentis perdue, privée de ce lien qui avait un jour donné un sens à ma naissance.
Bon je sais, c'est pas des pensées d'épicerie ça. À l'épicerie, tu te demandes si le monde peut lire ta vie dans ton panier. Trop de chips : manque de contrôle. Trop de légumes : fais chier. Petits repas préparés d'avance : comptable ennuyant. Trop de viandes rouges : sanguine, aime le sexe...

Samedi soir

Je me retrouve dans les allées de Vidéotron et je cherche quelque chose pour passer ma soirée. Un nouveau service offert gracieusement par l'entreprise, une employée vient vers moi et me demande : "Est-ce qu'on peut vous aider Madame ?" Je déteste les boutiques de vêtements en raison de cet envahissement sauvage du consommateur. Il y a des endroits autres que les toilettes où je veux qu'on me fiche la paix. Et chez Vidéotron, jusqu'à ce jour, c'était le cas. Alors j'offris en cadeau, la seule réponse qui me vint à l'esprit : "Ben je suis chez Vidéotron, un samedi soir, toute seule, qu'est-ce que t'en penses?"

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