Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


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Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

mercredi 14 juillet 2010

Pas peignée, pas maquillée, peux-tu sortir pareil (eilleeee... la la la)

(oui oui, on est encore dans mes histoires de vacances...)

Ce matin-là, je m’en fus au village dans un état, ma foi, qui aurait été jugé honteux par ma propre mère si elle avait encore été de ce monde.

- Mais, arranges-toi un peu ! aurait-elle commencé, lentement, calmement, méthodiquement à la manière d’un athlète s’élançant pour le saut en longueur et qui, peu à peu, finit par atteindre une vigueur et une force peu commune. Vas pas me faire honte devant tout le village, aurait-elle continué. Coup donc, me semble que je t’ai déjà enseigné c’est quoi du maquillage et à quoi ça sert un peigne… et ton chandail, tu as vu ton allure ? Une grosse tache de gras qui met tout de suite en évidence ton ventre qui, et bien qui … est quand même assez visible comme ça, pas besoin d’en rajouter ma pauvre fille.

Et comme à l’habitude, je l’aurais laissé dire, la misérable, puisqu’à une certaine époque elle n’avait que ça à faire, maudire avec amertume. Et aujourd’hui encore, quand j’y pense, je suis vraiment très très contente de ne pas être quelqu’un d’amer… je vous jure, je suis vraiment très, mais très contente.

Alors je m’en fus, dans cet état, au petit village, me disant que de toute façon, j’étais en vacances et qu’il était bien improbable, que dis-je, impossible que je puisse rencontrer une personne de ma connaissance et encore moins, une personne intéressante. Je sais, je sais, maudit snobisme de ville, me direz-vous, et à cela, je vous rétorquerai, mais non, je viens de la campagne mais je mets beaucoup d’efforts pour l’oublier. Et détrompez-vous, aucun lien avec une quelconque amertume de ma part. Vraiment aucun lien, je vous jure, je suis pas quelqu’un d’amer, vraiment pas.

C’était, vous l’aurez peut-être deviné par les dialogues que mon esprit entretenait avec lui-même, une journée où l’ennui semblait poindre son nez à la face même de mes vacances. Alors, ce soudain besoin de faire quelques commissions pour tenter de traverser les prochaines heures en faisant autre chose que de me demander ce que je faisais, là, toute seule comme une conne, au milieu de nulle part, vint à n’en pas douter, à point nommé. Et j’aurais l’air de ce que j’aurais l’air, je m’en foutais royalement.

Alors que pour traverser, je regardais en direction des quatre côtés d’un coin de rue afin m’assurer qu’aucun gros pick-up jaune tirant un quatre roues et un bateau à moteur ne venait vers moi, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre mon nom.

Oubliant mes cheveux en broussaille, ma face couleur de lait et ma grosse tache de gras sur mon ventre difforme, je me retournai dans un élan d’enthousiasme, enthousiasme, ma foi, que nul n’aurait pu croire, si je ne vous l’avais expressément mentionné ici, dans ce billet. J’avais en effet cru reconnaître, une vieille connaissance du Collège, ce sacré Fernando avec qui j’avais, moi et à peu près toutes les filles du Collège et par la suite, s’ensuivraient une horde de jeunes filles toutes issues de Montréal et de 16 régions du Québec, nous avions donc connu des nuits, disons, plus qu’affectueuses. Voilà, vous direz-vous, ce qui expliquait mon enthousiasme. Sans nul doute. C’était comme si mon cerveau avait depuis longtemps enregistré cette voix et était désormais préprogrammé pour éjecter une dose d’endorphines dès que j’entendais ce type de tonalité.

« Eh Fernando, vieille branche, que fais-tu ici ? »

« Hello !!! Travaillouse socialé. Ché souis enchanté dé té voir ici. »

Vous l’ai-je mentionné, Fernando, un italo-espagnol dont la famille avait un jour émigré en Russie communiste avant de s’expatrier à regrets au Canada, les Etats-Unis leur ayant refusé l’accès à cause d’une ridicule histoire familiale de mafia (pfff !), avait de ces accents à faire tourner les têtes mais aussi à vous garder les yeux rivés sur sa bouche sensuelle, tellement esti qu’on comprenait rien ! Alors pour les bienfaits de cette histoire, je vous épargnerai cette torture.

Bon, donc à la question, qu’est-ce que tu fais ici vieille branche, Fernando répondit.

« Allo !!! Travailleuse sociale. Je suis enchanté de te voir ici. Je suis venu pour affaires avant de quitter, avec ma femme et mes 5 enfants, pour le Guatemala, en vacances pour 3 semaines. Nous repartirons par la suite pour l’Australie pour un nouveau travail plus payant, parce que tu sais, avec seulement 300 000 $ par année, on tire le diable par la queue, comme vous dites ici, au Québec. (Non, au Québec, on dit pas ça, on le vit, on a les deux pieds dedans, c’est tout, mais on le dit pas.) Et toi, que fais-tu de bon ? »

Moi qui allait lui annoncer que j’avais trouvé un pot de beurre d’amandes pour 4,99$ au lieu de 10,99 $, une vraie aubaine quoi !, je me retins, telle une désespérée sur le bord de la falaise, afin d’éviter la catastrophe.

Bien sûr, puisque cette rencontre impromptue m’invitait à étaler, comme ça, sur un trottoir d’un petit village, en plein cœur de l’été, l’étendue de mes richesses à l’infini, j’aurais pu longuement parler de mon automobile, une 98, avec ses magnifiques trous garnissant les portières ! Ou encore de cet investissement si rentable qu’avait été mon frigidaire acquis par ma grand-mère qui l’avait par la suite vendu à ma tante avant d’atterrir dans ma somptueuse cuisine de mon 4 ½. Mais je n’en fis rien. J’aurais également pu lui raconter cette fois où j’ai acquis mon premier électroménager neuf, une magnifique laveuse, alors que ma poitrine à peine naissante, en était encore à ses premiers balbutiements, à 40 ans. Mais, encore une fois, je me retins.

Je préférai bafouiller du mieux que je pus, une réponse sans verbes ni articles espérant du fond du cœur n’avoir pas à étaler mon infortune.

«… épicerie … euh, yogourt nature… ? »

« Ah ! Tu possèdes une épicerie, et bien, c’est beaucoup de travail ça, encore beau que tu puisses parfois prendre des vacances. Mais j’imagine que tu dois avoir toute une armée de travailleurs à ton actif… Tu sais à notre âge, les fruits de notre labeur commencent tout de même à se voir. »

Je lui répondis d’un simple sourire ne sachant trop comment me dépêtrer de cette conversation embarrassante. Et ne rien dire, ne pas répondre, est-ce forcément mentir ? De plus, je me déculpabilisais en me disant qu’avec toutes les pintes de lait que j’avais acheté dans ma vie, j’aurais certainement pu, en acheter, une épicerie.

« Et tu fais quoi ici, dans ce petit village, t’es quand même pas venue juste pour passer des vacances dans ce trou à rat ? »

« Ben non, qu’est-ce que tu vas t’imaginer ? » me remis-je alors à parler avec des phrases pleines en reprenant un peu courage. Je euh, et bien, je euh,… je fais une recherche et je suis venue rencontrer un spécialiste en la matière. »

« Tu fais une recherche ? Que c’est intéressant ! Et sur quoi ? »


Avez-vous remarqué comment les personnes à qui vous ne voulez rien dire ou si vous préférez, tout taire, vous pose toujours les mauvaises questions ? Épuisée d’avoir à me défendre contre le vide de cette discussion, j’en perdis toute contenance.

« Et bien, je fais une recherche sur les Italo-espagnols ayant émigré en Russie avant de venir faire fortune au Canada. Sur leur comportement, tu sais, combien ils en foutent plein la gueule au plus paumé d’entre nous et qu’à la fin d’une conversation, on a juste envie de leur cracher dessus, histoire de leur retourner le mépris duquel… auquel… ils ont pour les autres… en tout cas, là je suis perdue, mais je me comprends. Fait que, ça te tentes-tu ? Hein ? Gros crisse de cave, ça te tentes-tu de faire partie de ma recherche ? »

« Dou calme, dou calme (c’est ça reprend-le ton accent, maudit innocent !) tou peux pas faire oune recherche dans cet état, tou seras pas assez objective. Tou sais moi, dans ma vie, j’en ai vécu des choses difficilé et particulièrement, lors d’un séjour au Maroc alors que j’étais vénou pour faire frouctifier mes affaires qui ne rapportaient qu’un maigre million dé dollars par année... (et bla et bla et bla …) »

Je ne comprenais pas comment, ce jour-là, un simple pot de beurre d’amandes avait pu me mener à cette pénible et interminable rencontre. Mais je compris que quoi que je dise, quoi que je fasse, il continuerait d’étaler sa réussite. Parce que comme vous le voyez dans cette histoire, peu importe les insultes, qu’il s’agisse d’étalement de richesse ou simplement de beurre d’amandes, certains savent s’y prendre et il y aura toujours des ti-morceaux qui vous resteront pris en travers de la gorge.

Qu’est-ce que je vous disais déjà ? Ah oui, ben contente de pas être amère, ben oui, ben contente… C’est ça, à plousss esti, à plousss !

2 commentaires:

Pierre H.Charron a dit…

É commé j'ai peu te dire ca...Yé crois que jé suis allergiqué au beurré d'amande, faqué je va continué de faire chier ton peuple avec mé histoires dé Italiano dé Fraichié à la conne Hé !

PFFF !!!!!
Pis je suis pas amer ;)

Travailleuse sociale a dit…

Maqué, yé savais pas que tou parlé italiané-espagnolé... Tou peu tradouiré pour moé !

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