Bienvenue sur mon blogue de lecture virtuelle !

Pour tout vous dire, je suis une travailleuse sociale qui est devenue enseignante. J'aime écrire. Honnêtement, depuis ses tout débuts, je m'oblige par ce blogue, à écrire et ainsi me maintenir dans un processus de création. Je n'ai pas vraiment d'objectifs autres que d'écrire et de me divertir. J'espère aussi que vous saurez trouver un peu de plaisir à me lire.


Vous êtes invités à échanger vos commentaires.


Alors bonne lecture !

Les chiens ont des maîtres, les chats des esclaves...

samedi 31 juillet 2010

Corvée familiale annuelle

Surpassant leur immense déception de ne pouvoir se faire payer par matante des vacances à Wildwood pour l’une et un voyage en train jusqu’à Vancouver pour l’autre, Petite nièce et Neveu acceptèrent à contrecœur, aidées par leur maman qui voulait avoir quelques jours de vacances bien à elle, toute seule – on se demande bien pourquoi !- de venir passer une grosse semaine au chalet.

« Mais voyons, mes amours, ce n’est pas la quantité qui compte, c’est la qualité. La qualité des relations humaines. Savoir que vous avez une matante qui vous aime et qui veut passer du temps avec vous – avec le mince espoir qu’une fois devenue sénile, vous en preniez soin de votre matante chérie ! »

« On peut tu manger des beignes ? C’est plate icitte ! »

« Oui, un beigne. Pas plus. »

« Mais notre mère, elle, elle nous en laisse toujours manger comme on veut des beignes. Une fois j’en ai mangé six à moi tout seul ! » vociféra neveu de 13 ans, pesant près de 10 000 livres et semblant avoir le même problème hormonal que sa maman.

Bon Dieu qu’ils sont mal élevés ! Je te jure que moi je ferais mieux si j’avais des enfants. Je les obligerais à bien manger, ils se coucheraient de bonne heure, pas de négociation, ils verraient c’est quoi mener une vie normale si c’était moi leur mère.

« Ben ici, on est avec matante et on respecte les règles de matante. C’est tout. C’est comme ça ». Je le sais, pas vraiment fort comme règle et surtout pas non plus appuyée sur des principes clairs, solides, sur une argumentation dont j’aurais pu être fière… Qu’est-ce que je suis supposée dire ? Vous êtes entrain de devenir des gros goinfres parce que vous avez personne pour vous élever comme du monde ?

« C’est plate, qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui matante ? »

« Vous avez le choix. Ou on va au zoo ou on va faire une marche de quatre heures dans la montagne à se faire piquer par des maringouins en espérant ne pas rencontrer d’ours. Lequel ça vous tente de faire mes amours ? »

En route pour le zoo ! Vous n’en doutiez pas j’espère… Nous avons donc vu des cerfs couchés dans leurs excréments se faire manger la face par des mouches, des loups cachés dans un minuscule enclos qui semblaient en avoir marre de la gang de gros cons qui les appelaient constamment, un lynx qui rugissait comme Chat quand il est en position d’attaque, enfin, des heures de plaisir et un zoo quoi, un zoo comme il en existe plusieurs. Ensuite, pique nique et retour au formidable chalet avec l’espoir de revoir le castor et son bébé, et oui, j’ai bien dit son bébé, celui même que j’ai vu l’autre matin lorsqu’ils étaient entrain de faire ce qui m’a semblé être leur toilette. Wow ! Magique !

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? C’est tu comme la seule activité qu’on va faire aujourd’hui, le zoo ? »

« Viarge, c’est ma seule activité de l’année. Qu’est-ce que vous voulez de plus ? »

« Ben on peux-tu manger des beignes d’abord ? »

C’est pas des enfants, ça, c’est des oiseaux mouches… Vous savez, trois coups d’ailes, un coup de nectar, 2 coups d’ailes, encore un (gros) peu de nectar…

« Prenez un beigne et plantez-vous des heures devant la télé pour que je puisse récupérer un peu. »

« On mange quoi pour souper ? »

« Dites-moi pas que vous avez faim déjà, vous venez juste de manger un beigne, ça fait comme 2 secondes ! »

« C’est pas notre faute, on est en pleine crise de croissance ! »

C’est ça, et votre crise de croissance va sûrement provoquer ma crise de crédit après toute une semaine à ce rythme !

Deuxième journée. Après une nuit d’insomnie à écouter bouger Neveux sans cesse dans leur sommeil - ce qui n’a certainement rien à voir avec le sucre qu’ils ingurgitent dans une journée, mais non, ce sont des enfants, ils ont tellement d’énergie qu’ils continuent de visiter le zoo même en dormant - nous voilà en route vers la plage.

« Qu’est-ce qu’on fait ici matante ? »

« Ben, baignez-vous ! Y’a un lac, ça vous inspire pas un ti-peu ? »

« On vas-tu rester longtemps ? »

Pas de réponse. Tiens, nouvelle stratégie. Mêmes questions à répétition, plus de réponse à répétition. Il n’y a plus de service au numéro que vous avez composé. De toute façon, y’a même pas de téléphone.

« Matante, j’ai mal au ventre, j’ai la diarrhée ! »

Bon, génial. Je sais pas pourquoi, mais on dirait que je commence à avoir hâte de retourner travailler moi-là.

« Y’é tu mou ton caca ? » (Je peux pas croire que je suis entrain de parler de caca, pas dans mes vacances. Je parle jamais de ça moi. Mais quel genre de vacances on peut bien passer quand on est obligé de parler de caca ? Ça fait jamais partie de mes plans de vacances moi, vous savez le caca, le vomi...)

« Non. Mais j’ai mal… » dit Petite nièce avant de se mettre formidablement à pleurer.

« Veux-tu un beigne ? » que je lui demande, paniquée.

« Nooonnnn. Gnnnannnn ! »

« Ayoye, ça doit faire mal en maudit. Hum… mais ah !... ok je comprends. Ça ferait-tu moins mal si tu pouvais retourner chez ta mère ? »

« Vvvvvouuuuui. Gnnnnaaannnn ! Je veux m’en aller……. »

« OK d’abord » répondis-je calmement, tentant de ne pas laisser entrevoir mon émoi en hurlant ma joie et mon soulagement incommensurable.

« Ben, honnêtement, 36 heures c’est pas des belles vacances ça, hein ? On n’est pas obligés d’en avoir trop, hein?, des vacances, sinon, on finit par pas aimer ça ».

“Trop c’est comme pas assez’’ aurait dit une ancienne collègue à moi.

Et là, juste au moment d’écrire ces lignes, je veux faire acte de contrition pour mes pensées impures sur l’incapacité maternelle. Non ! Jamais je ne pourrais faire mieux ! Et maintenant, je sais à quoi ça sert la fête des mères. C’est une journée où il est permis de faire autre chose que de mettre ses doigts dans le caca !

4 commentaires:

Nefertiti a dit…

tres bien ecrit ;O)

Travailleuse sociale a dit…

Merci :o)

ClaudeL a dit…

Et maman va lire?
Si vraiment observer les oiseaux mouches, découvrir les cavernes des alentours, faire du canoë ou du kayak, nager jusque l'autre bord du lac (accompagné par quelqu'un en canoë), ramasser grenouilles et sauterelles pour aller à la pêche, marcher jusqu'au village pour aller à la poste, si vraiment toutes ces activités ne leur tentent pas... tu pourrais proposer à neveu et nièce d'écrire un blogue!!!

Travailleuse sociale a dit…

Bonne idée, mais j'ai légèrement démissionné de participer au développement de Neveu et Nièce. Alors je les vois de temps en temps, plus particulièrement aux vacances. Sinon, plein de frustrations avec mère de Neveu et Nièce.

BlogueParade.com